L'HKMORRHOISSE, LA FILLE DE JAIRE
tiques, devenus incompréhensibles pour eux, qu’ils chantent au jour de leur Sabbat, détruit comme le reste. C« qui est mort est mort, et ils le savent-, mais ils ne veulent pas savoir que tout revivra de la vie du Christ, quand le Christ rapportera la vie. Jésus fait taire ces parasites : il imposera silence à ceux qui remplissent de paroles vaines les oreilles du cadavre, comme pour en boucher l’entrée aux paroles qui font revivre, à ses paroles , qui sont « esprit et vie. »
Dans la maison , autre tumulte ; tumulte de gémissements et de cris. Le peuple juif, remarque saint Jérôme , n’est pas un peuple de croyants, mais de remuants. Jésus, avec sa tranquille majesté, leur dit : « La jeune fille n'est pas morte, elle n’est qu’endormie. » Ils tournent en dérision ce langage, dont la sérénité console déjà ceux qui ressentent la vraie douleur. Voilà bien les hommes, dit saint Hilaire, que Jésus entreprit partout de convertir, qu’il trouva partout obstinés à ne pas croire , qui furent prompts à se moquer de sa doctrine, et qu’il chassa, parce qu’ils se rendirent indignes de voir plus longtemps ses œuvres. Les Juifs n’assistèrent point au réveil de celle qui était morte pour eux, qui dormait pour lui. Car devant Lui, qui est la Vie éternellement victorieuse , la jeune fille n’était pas plus morte que Lazare, dont il dira aussi : « Il dort »; quoique Lazare en ce moment dor-
mît dans le tombeau. Il dort , mais je vais le réveiller ; je vais le tirer de ce sommeil de mort qui est aussi mon serviteur et qui m’obéit comme la mer et le vent. J’appelle la mort, et elle vient ; je l’éloigne, et elle s’en va; je lui redemande ce que je lui avais permis de prendre, et elle le rend. Pour vous cette jeune fille est morte, pour moi elle dort : Vobis rnortua est ; mihi dormit. C’est le commentaire de saint Jérôme sur la parole prononcée dans la maison de Jaïre. La foi des chrétiens triomphera du fantôme de la mort. Saint Paul, parlant la langue de Jésus, leur dira de ne donner aux dormants que les pleurs que peut verser l’espérance, puisque ceux-là ressusciteront avec Jésus qui se sont endormis en lui. Et cette race divine nommera dortoirs les champs enrichis de bénédictions vivantes où sa poussière repose comme une couvée immortelle sous les ailes de la Croix.
Pouf opérer la résurrection, Jésus garde auprès de lui le père et la mère et trois de ses Disciples : ressuscités en vertu de la promesse faite à Moïse, les Juifs recevront la vie par la prédication des Apôtres.
Et le Seigneur prend la jeune fille par la main, parce que nulle autre main que celle de Jésus ne peut rendre la vie aux Juifs, dont la main lui a donné la mo*rt. Et quand la morte se lève et marche , il ordonne qu’on lui donne
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à manger. Donnez-lui la nourriture sacrée des chrétiens, donnez-lui l’Eucharistie, et que la Synagogue boive au vase nouveau où déjà boivent ensemble ceux qui furent les Gentils et les Samaritains , afin que tous aient la vie et l’abondance éternelle de la vie.
Tel est le sens prophétique de la résurrection die la fille de Jaïre, en harmonie avec la guérison de la belle-mère de Simon-Pierre et toute
l’œuvre de Jésus. Il y a un autre sens encore; nous aurons à le considérer plus loin.
Sortant de la maison de Jaire, Jésus rencontra deux aveugles qui crièrent vers lui : « Fils de David, ayez pitié de nous !» Il ne parut pas les entendre , mais les aveugles, sans se lasser, le suivirent jusqu’au logis. Là, il leur demanda s’ils croyaient qu’il pût faire ce qu’ils désiraient. Ils répondirent : « Oui , Seigneur. » Alors il leur toucha les yeux, disant : « Qu’il vous soit fait selon votre foi » ; et leurs yeux s’ouvrirent. Ensuite on lui présenta un homme qui était devenu muet par la puissance du démon. Parce que ce malade n’avait plus sa liberté, il le guérit sans lui rien demander, comme on donne le baptême aux petits enfants. Le peuple, plein d’admiration, s’écriait : « Jamais rien de semblable ne s’est vu en Israël! » Les Pharisiens, reconnaissant ces miracles, qu’ils ne pouvaient nier, disaient : « C’est par le moyen du prince
des démons qu’il chasse les démons. »
Il avait le même jour vaincu les maladies, les infirmités, les démons et la mort ; mais l'impiété de l’orgueil ne croyait point.