I.ES CINQ P AINS
scs n’était autre que Jean-Baptiste ressuscité. Il désirait le voir, mais Jésus s’éloigna. La maladie d’Hérode n’était pas de celles qu’il allait spontanément guérir. ■' *
Les Apôtres vinrent lui rendre compte de ce qu’ils avaient fait. Le bon Maître souhaitait de ' les conduire en quelque retraite, afin qu’ils goûtassent un peu de repos : car la foule ne leur laissait pas même le temps de manger. Il les prit donc avec lui dans une barque, et se dirigea vers une solitude du territoire de Bethsaïde. La foule l’y avait devancé comme partout, il en eut compassion comme toujours. Il emmena ces pauvres gens sur la montagne. Là, s’étant assis au milieu de ses Disciples, il rendit la santé aux malades et parla du royaume de Dieu.
Le jour avançait. Les Douze prévinrent le Seigneur qu’il était temps de renvoyer cette multitude, afin qu’avant la nuit ils pussent gagner les villages, et acheter de quoi manger. Car personne n’avait de provisions, et le lieu était désert. Jésus leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. « Sur quoi ils lui demandèrent s’ils devaient aller acheter du pain pour deux cents deniers d’argent. Mais Jésus, paraissant ne pas les entendre, considéra la foule. Il y avait environ cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. Jésus, sachant bien ce qu’il ferait, dit à Philippe : » De quoi achèterons-nous ce qu’il
faut de pain à nourrir tout ce monde ? » Philippe répondit : Avec deux cents deniers d’argent, nous n’achèterions pas assez de pain pour que chacun en eût un peu. Alors Jésus s’informa des provisions que l’on pouvait posséder, et André vint lui dire : Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons. Il ajouta : Qu’estce que cela ? Cependant Jésus leur ordonna qu’ils les fissent tous asseoir par bandes sur l’herbe. Ensuite, ayant pris les cinq pains avec les deux poissons, et levant les yeux au ciel, il les bénit, les rompit et les donna aux Disciples pour qu’ils les distribuassent à ceux qui étaient assis. Il leur en donna autant qu’ils en voulurent; tous mangèrent et furent rassasiés , et des morceaux de pain qui restèrent on emplit douze corbeilles. Ainsi le pain eucharistique rassasie le monde et ne s’épuise jamais. Ce n’est pas l’unique sens de ce miracle, dont il sera reparlé plus loin.
Dans le peuple, l’admiration était grande. On se disait : C’est le prophète qui doit venir; il faut le faire roi ! Jésus les congédia pour prévenir ce dessein, et pour apprendre à ses prêtres qu’ils ne doivent point rechercher la gloire populaire. Ensuite, ayant ordonné aux Disciples de s’embarquer et de l’attendre de l’autre côté du lac, il s’enfuit lui-même sur la montagne, où il demeura seul en prières.
Cependant la barque qui portait les Disciples