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tait tel qu'il roulait le donner, c’était lui-même : il le multiplie seulement par un miracle aussi grand que la création, pour indiquer encore que c’est bien Lui, et qu'il donne sa propre substance. D’autre part, recevant réellement les pains et les poissons des mains de ses Disciples, il ajoute de nouveaux enseignements : en même temps, il associe l’homme à son œuvre, comme il l’a fait en de nombreuses occasions par d’autres actes, notamment par l’institution des Apôtres; il confirme le ministère de l’Église; il complète enfin le symbole qu’il lui plaît de donner et rend plus sensible la vérité dont il veut nous instruire. Dans les sacrements, il ne crée pas, il reçoit de l’Église la matière dont les sacrements sont formés.
Aux mains des Disciples, les pains étaient sans saveur, insuffisants, inutiles; aux mains de Jésus et par sa bénédiction, ils se multiplient, ils acquièrent une vertu merveilleuse, ils suffisent, il en reste. De même, l’eau, le pain, le vin. l’huile, matière des sacrements, sont par eux-mêmes incapables de produire aucun effet moral; mais, par la bénédiction de Jésus-Christ, cette matière reçoit la vertu de conférer et d’accroître la grâce qui rassasie l’âme et la remplit de force spirituelle.