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du sacerdoce définitif qui allait naître au pied de la croix.
La gloire de l’Homme-Dieu ne devait être manifestée qu’après sa Passion. Jésus commanda aux témoins du Thabor de ne révéler à personne ce qu’ils avaient vu, que quand le Fils de l’Homme serait ressuscité d’entre les morts. Ils obéirent; mais comme ils n’avaient point défense de s’en parler l’un l’autre, ils se demandaient ce que voulaient dire : « Quand il sera ressuscité d’entre les morts ?» Ce qui est si clair pour nous ne l’était pas alors pour eux. N’ayant aucune idée du second avènement, ils croyaient que la mort de leur
Maître serait le terme de tout ce qu’il devait faire
en ce monde, et ils s’étonnaient qu’Elie, qui devait précédé^ le Messie, n’eût pas encore reparu sur la terre. Nôtre-Seigneur leur dit qu’en effet Élie viendrait rétablir toutes choses , et serait, comme le Fils de l’Homme, persécuté et traité avec mépris. Il parlait du second avènement. Il ajouta :
« Mais je vous dis qu’Elie est déjà venu, qu’ils « ne l’ont pas connu et qu’ils lui ont fait souffrir « tout ce qu’ils ont voulu; et c’est ainsi qu’ils « traiteront le Fils de l’Homme. » Ils entendirent que cet Élie était Jean- Baptiste, dont la mort violente prophétisait de plus en plus intelligiblement la Passion du Messie.
C’est en descendant les versants du Thabor que Jésus annonçait si clairement sa fin. Par ce dis-
cours, les Disciples, également éblouis de lumière et d’ombre, recevaient une instruction qu’ils comprendraient plus tard. Déjà ils avaient le Christ tout entier avec ses ignominies , avec sa gloire , avec les attributs de la divinité et les rapetissements de l'humanité' : bientôt ils reconnaîtront le Christ des Prophètes, le Dieu fort et à la fois le dernier des hommes, assis au plus haut des cieux, cloué sur un gibet. Formidables contrastes, encore incompréhensibles, enfermés pourtant dans le seul nom de Jésus, Sauveur !
Sauveur, il ne pouvait letre qu’en sauvant les hommes des conséquences de leurs péchés, qu’en satisfaisant pour eux, qu’en prenant sur lui la rigueur du châtiment. Il devait s’humilier, souffrir; il devait être Dieu et il ne pouvait pas n’êtfe que Dieu.
S’il n’eût été que Dieu, — parole étrange ! — la condition de l’humiliation et des souffrances n’eût pas été remplie. Mais simple créature, homme simplement, c’était une autre impuissance.
Quelles proportions eussent pu avoir les souffrances d’une simple créature avec les droits de la justice infinie? Quel amour et quelle reconnaissance en aurait conservés le genre humain? Qui voudrait croire aujourd’hui que ce bizarre holocauste eût été offert, eût été accepté, eût vraiment satisfait ?
LF. THABOR.
Et enfin, quel que soit le prix du Juste, de quel droit une pareille satisfaction ? Le genre humain, créé de Dieu, n’est rien devant Dieu ; mais, à l’égard de tout le reste, il n’est pas si peu qu’une simple créature le puisse racheter tout entier , pour toujours , depuis le premier homme qui a vécu et qui a péché, jusqu’au dernier qui vivra et qui péchera. On ose dire que Dieu n’avait pas le droit de transiger dans ce litige entre l’homme et Lui. Ou son dédain devait se contenter du sang des boucs et même de l’oblation des fruits de la terre, ou sa justice devait exiger l’oblation du sang d’un Dieu. En d’autres termes, ou il n’y a pas de Rédemption, ou le Christ est Dieu, et ce Dieu est homme en même temps que Dieu.
Aujourd’hui les enfants savent ces choses divines. Les Apôtres n’en possédaient que les formes confuses et elles restaient engourdies dans leur mémoire , jusqu’à ce que l’Esprit saint les vînt animer. En réservant la coopération de cet- Esprit de lumière, Jésus-Christ donnait encore une grande leçon. Il avertissait que l’enseignement extérieur ne profite qu’autant que la lumière intérieure s’y joint. Ce n’est donc point sans raison et sans fruit, dit un commentateur, qu’il annonçait à ses Disciples des vérités dont il leur laissait ignorer la liaison. Il gravait en eux de mystérieux caractères dont le Saint-Esprit leur
donnerait la clef. Ils apprirent tout de Jésus, ils comprirent tout par le Saint-Esprit, et c’est ainsi que le Saint-Esprit leur a « enseigné toutes choses. »
ENFANT bÉLIVRÉ DU DEMON.