‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 62 sur 106 · ENSEIGNEMENT DANS LE TEMPLE. 3 I · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT DANS LE TEMPLE. 3 I

peut-être à ceux qui avaient été chargés de le prendre : « Je suis encore avec vous pour un peu « de temps, et je vais à Celui qui m’a envoyé; « vous me chercherez, et vous ne me trouverez « point ; et où je suis, vous ne sauriez y venir. »

Ou je suis, ubi ego sum, parole de Dieu. Jésus-Christ présent et parlant sur la terre est aussi au ciel, où il ne cesse pas d’habiter.

La fête des Tabernacles durait une semaine. Le dernier jour, on allait puiser de l’eau dans la fontaine de Siloé, et l’on répandait cette eau sur l’autel en demandant à Dieu l’abondance des fruits de la terre. Ce jour- là, Jésus, suivant son usage de prendre texte de la circonstance, dit à haute voix : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à & moi et qu’il boive. Du cœur de celui qui croit « en moi il coulera des fleuves d’eau vive. » Il parlait de l’Esprit saint, qui serait donné à ceux qui croiraient en lui.

Dans le peuple, il y avait les agents qui étaient chargés de l’arrêter : pas plus que les jours précédents ils n'osèrent exécuter leur commission. Aux reproches des Pharisiens et des Princes des prêtres, ils répondirent : « Jamais homme n’a parlé comme celui-là. » Ces furieux leur demandèrent s’ils s’étaient laissé séduire aussi comme la populace, et s’ils ne voyaient pas que personne, parmi les chefs et les gens distingués, n’estimait ce Galiléen.

Cependant le sénateur Nicodème osa faire une objection. Il invoqua la légalité, trouvant qu’on ne pouvait pas juger même un Galiléen sans savoir ce qu’il a fait. Or, quel crime imputer à celui-ci ? Les Pharisiens s’emportèrent davantage. On a lieu de croire que leur dessein était de faire tuer Jésus sans forme de procès, en vertu de la seule excommunication prononcée contre lui. — « Êtes-

vous donc aussi Galiléen, dirent-ils à Nicodème ?

Scrutez les Ecritures, et apprenez que de la Galilée il ne vient point de prophète. » Telles étaient leurs raisons; la difficulté d’en trouver de meilleures les a fait durer : — Il n’est écouté que des ignorants et de la populace ! — Il est Galiléen ! — Cela s’est dit longtemps et se dit toujours. Le misérable empereur Julien pensait ruiner le Christianisme avec cette injure; les descendants de ceux qui l’ont inventée, partout submergés dans l’ignominie de leur nom de Juifs, appellent encore Jésus : le Galiléen.

Jésus, les laissant à leurs complots, se retira sur la montagne des Oliviers. Il avait coutume d’y passer les nuits lorsqu’il séjournait à Jérusalem. Judas le savait. La montagne des Oliviers » est la montagne des parfums, la montagne de l’onction; c’est là que doit habiter le Christ, oint de l’huile sainte, qui nous a oints de sa force pour combattre, de sa grâce pour pleurer nos fautes, de son amour pour en obtenir le pardon. La

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