‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 69 sur 106 · MISSION DES DISCIPLES · texte numérisé non relu

MISSION DES DISCIPLES

ble, compatissant et divin ; prodiguant les appels de sa large tendresse et les protestations de sa dépendance à mesure qu’il multiplie les preuves de son universelle souveraineté.

Le même jour, un Docteur de la Loi, probablement un de ces discoureurs malveillants qui parcouraient la Judée pour décrier Jésus, lui dit, à dessein de le tenter : — « Maître, que dois-je faire pour avoir la vie étemelle? » Il espérait quelque parole qui paraîtrait contraire à Moïse. Jésus lui répondit : — « Qu’ordonne la Loi ? Qu’y lisez- « vous? » Par cette question, il l’oblige à faire lui-même une réponse évangélique. Il lui prouvera ensuite qu’en citant le texte de la Loi, il en a ignoré le sens. Le Docteur reprit donc : — « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, de toutes tes forces et de tout ton entendement, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Vous avez a bien répondu ; faites cela, et vous vivrez. »

Aussitôt le Docteur, voulant se glorifier de sa justice, dit à Jésus : — Et qui est mon prochain?

On voit ici que la première question de cet homme était astucieuse et qu’il n’avait aucun amour pour le prochain, puisqu’il n’estimait point que quelqu’un fût son prochain. Il récite trèsbien ce qu’il faut faire pour acquérir la vie éternelle, mais il ne sait pas le premier mot de ce qu’il récite. Il est plein de lui-même, vide de

l’amour de Dieu. N’aimant pas son frère qu’il voit , il ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas. Or, ajoute saint Cyrille, il ignore son prochain parce qu’il ne croit point au Christ. Celui qui ne connaît point le Christ ignore la Loi; méconnaissant la vérité, il ne peut connaître la Loi qui annonce la vérité.

Jésus dit : « Un homme descendant de Jéru- « salem en Jéricho tomba entre les mains des ce voleurs qui le dépouillèrent, et, après l’avoir a blessé, le laissèrent demi-mort. Un prêtre des- « cendit par le même chemin , vit cet homme, et « passa outre; un Lévite vint aussi, le regarda cc et passa de même. Mais un Samaritain, qui cc était en voyage , s’arrêta et fut touché de comcc passion. Il s’approcha du blessé, versa de ce l’huile et du vin sur ses plaies , les banda , le a mit ensuite sur son cheval , le mena dans une « hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain il « tira de sa bourse deux deniers d’argent qu’il a donna à l’hôte, lui disant : Ayez soin de cet ce homme , et tout ce que vous aurez dépensé de « plus, je l’acquitterai à mon retour. »

Jésus, s’adressant au Docteur de la Loi, lui demanda : cc Qui vous semble avoir été le procc chain de celui qui est tombé entre les mains cc des voleurs? » — C’est celui, repartit le Docteur, qui a eu compassion et qui l’a assisté. Jésus lui dit : « Allez, et faites de même. »

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