‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 71 sur 106 · LA CHARITE · texte numérisé non relu

LA CHARITE

l’instrument quasi-machinal qui ne va pas au delà du travail requis. Les Apôtres, pleins de l’esprit de Dieu, ont surajouté. Au précepte ils ont ajouté le conseil ; sur le devoir ils ont mis la couronne de la perfection. Quoiqu’il leur fût permis de vivre de l’Évangile, ils ont vécu du travail de leurs mains ; ils ont cherché la croix quand ils pouvaient l’éviter. Mais il n’est pas possible à l’homme d’être plus généreux que Jésus : « A mon retour je vous le rendrai. » Ce retour sera le jour du jugement. Il payera sans mesure ceux qui l’auront servi sans mesure.

Après ce récit, Jésus interroge le docteur : Qui a été le prochain ? Et le docteur , enHé de sa science de la Loi, doit convenir que ni le prêtre ni le lévite, qui vivaient sous la Loi, n’ont su faire ce qu’ordonnait la Loi. Le Samaritain seul en a rempli les prescriptions. Jésus lui dit : « Allez, et. faites de même. » Quand vous verrez un malheureux, qu’il soit Juif ou Gentil, voilà votre prochain. La dignité du sacerdoce n’est rien, la science de la Loi n’est rien si les œuvres manquent. Celui qui exerce la miséricorde, c’est celuilà qui remplit la Loi.

D’autres circonstances amenèrent le Sauveur à répéter l’instruction sur la prière. Il parla de la force de la prière insistante, dont l’exemple de la Chananéennc avait été un exemple si frappant. Tout lui était occasion d'instruire, et il se hâtait.

Il répandait ces paroles créatrices qui révélaient aux hommes la vie spirituelle et instituaient la charité. En même temps, de terribles anathèmes atteignaient l’hypocrisie, l’orgueil, le faux savoir, la dureté des Pharisiens et des docteurs de la Loi. Par charité pour ceux que ces faux justes et ces faux sages égaraient, et par pitié pour eux-mêmes, il les traitait comme ils avaient coutume de traiter les pécheurs; mais surtout il s’appliquait à les dépeindre pour donner une leçon à son Église, afin que l’illusion d’une fausse justice n’y pût jamais corrompre la vérité. En effet, il l’a préservée de ce péril. On a vu des Pharisiens au milieu du Christianisme, parce que tous les vices sont de l’espèce humaine ; mais rien n’est plus étranger à l’Église que le pharisaïsme dans la doctrine et dans les mœurs.

A ce moment fut prononcée une parole justement comptée entre les plus profondes et les plus fécondes qui soient tombées des lèvres de l’Homme- Dieu.

Passant par Béthanie, Jésus s’arrêta chez une femme nommée Marthe, sœur de cette Marie- Magdelaine, la pécheresse pardonnée qu’on a vue au banquet du pharisien Simon. Marthe s’occupa aussitôt du repas qu’elle voulait offrir à son Hôte et aux Disciples. Cependant Marie , assise aux pieds du Maître, l’écoutait parler; car Jésus, donnant cet exemple aux Apôtres, n’était pas entré

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