MARTHE ET MARIE
seulement pour prendre du repos, mais surtout pour enseigner. Or, Marthe se présenta devant lui, et dit : — Seigneur, ne considérez-vous point comme ma sœur me laisse servir toute seule ? Dites-lui donc qu’elle me vienne aider. Jésus lui répondit affectueusement : — « Marthe, Marthe, « tu t’embarrasses et te tourmentes de beaucoup « de choses ; mais enfin, il n’y en a qu’une de né- « cessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle « ne lui sera point ôtée. »
De tout le discours de Jésus, le Saint-Esprit ne nous a conservé que ce mot, qui exprime la seule chose nécessaire au bonheur présent et éternel de l’àme, la chose sans quoi tout le reste n’est que trouble et tourment, ou joie passagère qui bientôt nous sera ôtée. Jésus ne blâme pas l’empress ement de Marthe, qui veut le servir ; mais il l’avertit que toute œuvre faite pour Dieu doit être faite avec calme et humilité; que c’est surtout par l’amour qu’il se trouve bien servi ; que rien n’est plus opportun que d’écouter Jésus- Christ et de s’attacher à lui seul. Par ce mot, il relève la vie contemplative au-dessus de la vie active, quelque louable que soit l’action ; car c’est la vie contemplative qui est vraiment féconde pour le ciel , qui produit même ici-bas les grandes œuvres. La contemplation de Dieu fait connaître sa beauté , la beauté allume l’amour, l’amour donne cette ample flamme, ce
feu vivant qui est le sacrifice. Tous les saints ont contemplé Dieu , c’est pourquoi ils ont voulu vivre et mourir pour lui. Marthe a servi le Seigneur, Marie l’a davantage contemplé, et c’est Marie qui sera au pied de la croix.
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