‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 77 sur 106 · LA BREBIS, — LA DRACHME, — L’ENFANT PRODIGUE · texte numérisé non relu

LA BREBIS, — LA DRACHME, — L’ENFANT PRODIGUE

l vint au delà du Jourdain, à l’endroit °ù Jean avait baptisé d’abord, et il y demeura. Sa bonté continuait d’attirer autour de lui la foule des publicains et des pécheurs. Il ne repoussait personne, et il les instruisait. Les Pharisiens, les Docteurs et les Scribes, toujours les mêmes, ne cessaient de blâmer sa condescendance pour les gens de petite condition et de mauvaise renommée. — Voyez, disaient-ils, cet homme reçoit les pécheurs \ il mange avec eux !

Jésus répondit par la parabole du Pasteur qui laisse son troupeau de cent brebis pour retrouver une seule brebis égarée et par celle de la Femme qui se réjouit d’avoir retrouvé sa drachme perdue. Il disait aux Pharisiens que les Anges de Dieu dans le ciel se réjouiraient plus de la conversion d’un seul pécheur que de la pénitence de quatre-vingt-dix-neuf justes. Afin qu’ils prissent une idée plus juste encore des largesses de la miséricorde divine, il leur proposa la parabole de l’Enfant prodigue, où le cœur du Père de fa-

mille se peint sous des traits si touchants. Et pourtant, nous le savons, ce n’est pas encore là tout l’amour de Dieu et tout l’amour du Sauveur. Car le père de la parabole attend son fils, mais Dieu, le vrai père, fait appeler le pécheur enfoncé dans ses désordres; il le sollicite à revenir, il l’assure de son pardon, il va le chercher lui-même. Et, pour atteindre l’ingrat, par quels chemins Jésus n’a-t-il point passé !

Ces trois paraboles n’en font pour ainsi dire qu’une seule. L’Évangile ne renferme point de plus douce leçon.

Les cent brebis de la première parabole sont l’universel domaine de Dieu. Cent , nombre parfait, figure la totalité des créatures. La brebis perdue, c’est le genre humain. Le Fils de Dieu, le bon Pasteur laisse le troupeau fidèle et vient sur la terre; ayant retrouvé sa brebis, il ne la châtie point ; il ne la ramène point en la poussant rudement par le fouet des mercenaires et par la dent des chiens; il la charge sur ses épaules. Nous reconnaissons le Samaritain. Jésus-Christ s’est chargé du fardeau de l’humanité. Quel est le poids, quels sont les chemins du retour, nous le savons, mais il a retrouvé ce qui était perdu. Et comme le pasteur appelle ses amis et ses voisins, Jésus appelle ses Saints et ses Anges et leur dit : « Réjouissezvous avec moi. » Non pas : Réjouissez- vous

Page 1