LES ENFANTS
contredit ni n’est méfiant : c’est ainsi que l’homme qui veut « entrer » doit recevoir la parole de Dieu. Tels étaient les Disciples. En même temps, Jésus leur apprend à ne point mépriser les petits de l’Église, à ne point rudoyer leur ignorance, à les instruire avec patience et . .....
douceur, à se faire enfant eux-mêmes pour gagner les enfants. Par l’amour qu’il témoigne à l’enfance, il enseigne combien il la faut aimer et respecter. Dans le monde civilisé, à Rome, on faisait apprendre par cœur aux enfants les dialogues de Platon, et ils les récitaient dans les banquets pour amuser les convives. Mais ce n’était que la moindre des souillures auxquelles l’enfance était exposée. Les droits de l’enfance datent du Christ.
Et Jésus embrassa les enfants, leur imposa les mains et les bénit. Il montrait par là, dit . ; ' saint Rémi, que les humbles d’esprit sont dignes de sa grâce. En imposant les mains, dit saint Chrysostôme, il exprime l’opération de sa vertu divine; il bénit suivant une coutume humaine parce qu’il est devenu homme en restant Dieu ; il embrasse comme pour ramener en son sein sa créature tombée.
Il semble que s’il y avait dans l’Évangile quelque chose que l’on ne pût croire, ce ne sont ► pas les grands miracles qui commandent à la na- . ture, ni les grandes paroles qui changeront la
face du monde, ni ces audaces de la miséricorde qui déclarent le Publicain justifié par la seule venu de sa prière, ni le Calvaire, ni l’Eucharistie, ni enfin rien de ce qui est incompréhensible et par là même visiblement divin. Tout cela est de Dieu, et dès qu’il l’a voulu faire, il est pour ainsi dire tout simple qu’il l’ait fait. Ce qui confond, c’est cette bonté de la majesté divine qui se mêle aux entretiens des hommes, parle leur langage, bégaye avec eux, leur prend la main, embrasse leurs enfants, traite l’homme pécheur avec plus de tendresse qu’elle ne lui en a montré lorsque, revêtu encore de son innocence, il habitait le Paradis.
Quand la pensée s’arrête sur ces tableaux, sur ces enfants enfermés dans les bras de Dieu et touchant son sein, on a comme un éblouissement de l’impossible. C’est donc ainsi que Dieu nous a aimés, c’est donc là «ce que nous voulons, c’est donc là ce que vaut l’innocence! Et cette innocence nous peut être rendue d’un mot qu’il dépend de nous de prononcer, d’un soupir qu’il dépend de nous de jeter dans cet abîme qui nous sépare de l’infini.
Ces espaces sans mesure que nous avons mis entre nous et Dieu, cette lèpre qui nous couvre, tout cela n’est plus rien. Notre soupir porté au Ciel par les Anges dont le Verbe créateur nous a entourés, arrivera tout de suite jusqu’au
Verbe incarné, et notre lèpre tombera en un instant, et nous serons les enfants sans tache du Dieu Très-Haut; et rien sur la terre ni au ciel, aucune puissance de justice, ni aucun souvenir de nos iniquités ne prévaudra contre la parole qui nous ouvrira son cœur : Père, j’ai péché !
C’est ainsi que Dieu a aimé le monde.
LA VIE
, - DE NOTRE-SEIGNEOR