‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 83 sur 106 · LES RÉSURRECTIONS · texte numérisé non relu

LES RÉSURRECTIONS

LAZARE

arie-Magdelaine et sa- sœur Manhe avaient un frère nommé Lazare. Tous trois demeuraient à Béthanie , bourg voisin de Jérusalem. Jésus les aimait. Lazare étant alité, ses sœurs envoyèrent dire à Jésus ; « Seigneur, celui que vous aimez est malade. » Prière parfaite, comme celle de la Chananéenne.

La prière parfaite consiste dans une simple exposition du besoin, accompagnée d’une ferme confiance en Dieu qui peut tout.

Jésus, sachant ce qui devait arriver, répondit que cette maladie n’allait pas à la mort, mais qu’elle était pour la gloire de Dieu et afin que le Fils dè Dieu en fût glorifié. Il demeura encore deux jours dans le même lieu. Après quoi il dit à ses Disciples : « Retournons en Judée. » Les Disciples, effrayés, lui dirent : — Maître, les Juifs vous cherchent pour vous lapider, et vous retournez Chez eux ? Il leur fit entendre qu’il devait employer le temps pour s’acquitter de son ministère. Et parlant au nom de la sainte Trinité en annonçant une œuvre de Dieu, il ajouta : « Lazare, notre ami, dort, mais je « m’en vais le tirer du sommeil. »

Les Disciples crurent qu’il s’agissait d’un sommeil ordinaire. Ils reprirent : — S’il dort, il en reviendra. Jésus leur dit : « Lazare est mort, « et je suis bien aise à cause de vous de n’a- « voir point été là, afin que vous croyiez. Mais « allons. »

Et Thomas dit aux autres : — Allons aussi, nous, et mourons avec lui. Thomas, comme plus tard Pierre, se croyait par lui-même plus fort qu’il n’était.

Lorsque Jésus arriva, Lazare, depuis quatre jours, dormait dans le tombeau. Il mourait tan-

LAZARE

dis que le messager de ses soeurs annonçait sa maladie. Suivant un usage établi chez les Juifs après le retour de Babylone, on portait immédiatement au sépulcre le cadavre enveloppé de bandelettes; mais le sépulcre n’était pas aussitôt fermé. Tous les jours deux fois les parents et les amis y venaient prier et pleurer auprès du mort, jusqu’à ce que les signes de la décomposition parussent sur le visage découvert. On avait ainsi accompli les funérailles de Lazare au milieu d’un grand concours d’amis; car Béthanie n’était qu’à une heure de Jérusalem. Ces amis, la plupart encore présents, accompagnant Marthe et Magdelaine dans leurs stations auprès de Lazare mort, avaient vu le cadavre et en avaient constaté la décomposition» Alors seulement le suaire avait été posé sur la face, tout le monde s’était retiré du sépulcre, et on avait roulé la pierre qui en fermait l’entrée.

Marthe, avertie que Jésus venait, alla au-devant de lui, Marie se tint à la maison, soit quelle ignorât la présence du Maître, soit qu’elle pensât devoir rester pour remjplir les obligations de l’hospitalité. — « Seigneur, dit Marthe, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort; mais maintenant même, je sais que Dieu vous accordera tout ce que vous lui demanderez. » Ce langage exprime une foi hésitante et comme déconcertée. La sœur de Lazare

semble ne pouvoir comprendre que des amis de Jésus soient atteints par la mort et par la douleur.

Jésus lui dit : — « Ton frère ressuscitera. »

Marthe reprit : — Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour.

Jésus, voulant accroître et affermir la foi de Marthe, et lui apprendre qu’il n’a pas même besoin de demander , lui dit ces paroles de Dieu : « Je suis la résurrection et la vie; ce- « lui qui croit en moi vivra, quand même il se- « rait mort; et quiconque vit et croit en moi « ne mourra point pour toujours. Le crois - « tu? »

Déjà l’on a vu le Sauveur exiger la foi d’autrui pour ceux en faveur de qui ils le venaient prier, parce que tous les membres sont unis en un même corps et doivent agir les uns pour les autres. C’est la Communion des Saints. Marthe • répondit par un acte de foi théologique parfait : — Ouï, Seigneur, je crois que vous êtes le Christ, le Fils dü Dieu vivant, qui êtes venu en ce monde.

Après ces paroles, Marthe retourna vers sa sœur et lui dit tout bas que le Maître la demandait. Aussitôt Marie alla trouver le Seigneur au lieu où Marthe l’avait rencontré. Ses hôtes la suivirent, crbyant qu’elle se rendait au sépulcre. Dès que Marie vit Jésus, elle tomba à ses

LAZARE

pieds et lui dit : — Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mon ! Jésus la voyant pleurer, elle et les Juifs qui l’avaient accompagnée, frémit en son esprit et se troubla luimême, c’est-à-dire de sa propre volonté. Pleinement maître de toutes les sensations que son ' humanité pouvait éprouver, il se laissa librement envahir à la douleur de ceux qu’il aimait.

Il dit : « Où l’avez- vous mis ?» — Seigneur, lui répondirent-ils, venez et voyez. Alors Jésus pleura; et les Juifs dirent : — Voyez combien il l’aimait ! Cependant quelques-uns disaient aussi :

— Ne pouvait-il pas empêcher qu’il ne mourût, lui qui a ouvert les yeux de l’Aveuglené ? L’Évangéliste, remarque saint Cyrille, raconte avec une sorte de stupeur les larmes de Jésus. — Ses larmes, disent d’autres interprètes, coulent comme celles des hommes qui l'entourent, mais non pas de la même source : Lazare dans l’obscurité du sépulcre lui représente le genre humain mort, enseveli et pour ainsi dire décomposé. Il pleure cet état de sa créature, destinée à une double immortalité, devenue esclave d’une double mort; il pleure ceux qui ne ressusciteront pas.

Jésus donc, de nouveau frémissant en luimême, vint au sépulcre. C’était une grotte; une pierre en fermait l’entrée. Jésus dit : « Otez la pierre. » Seigneur, observa Marthe, il com-

mence à sentir, car c’est le quatrième jour. Jésus reprit ; « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, « tu verras la gloire de Dieu? »

Ils ôtèrent la pierre , et Jésus , levant les yeux au ciel , dit : « Mon Père , je vous rends grâces « de m’avoir exaucé. Pour moi , je savais que « vous m’exaucez toujours, mais je le dis pour « ce peuple qui m’environne, afin qu’ils croient « que c’est vous qui m’avez envoyé. »

Alors il cria d’une voix forte : a Lazare, viens dehors! » Et à l’instànt même celui qui avait été mort sortit, les pieds et les mains liés de]bandelettes , son suaire sur le visage. Jésus leur dit : « Déliez-le et le laissez aller. »

Quelles paroles, et quelle œuvre! Saint Jean Chrysostôme remarque l’art de miséricorde avec lequel Jésus voile et fait éclater en même temps sa divinité. Il prie son Père et le remercie ; « Je savais que vous m’exaucez toujours ; mais « je le dis pour ce peuple. » Laissant entendre qu’il n’a pas besoin de prier, il ménage pourtant la faiblesse de ses auditeurs. Le Fils de Dieu ne regarde pas à sa dignité, .mais à notre salut : les choses humbles abondent en ces discours ; les choses divines , il les enveloppe. Elles sont visibles néanmoins, et le ciel et la terre s’empressent d’obéir. « Je suis la résurrection et la vie. — Lazare , viens dehors ! » Il faut reconnaître le Verbe, cette voix éternelle qui parle

LAZARE

au néant et de partout fait surgir la vie. La mort, dit Bossuet, n’avait pas encore été traitée de cette façon impérieuse. — Il nomme {Lazare , dit saint Augustin, pour ne pas forcer tous les morts à ressusciter.

L’incrédulité attriste la raison humaine par les efforts qu’elle ne cesse de faire contre ce mi* racle, où la réalité historique n’est pas moins évidente que le caractère divin. Le frémissement de Jésus a été signalé comme une marque de supercherie. C’est à quoi les « savants » décou* vrent que Lazare n’a pas été ressuscité, ou n’était pas mort! Les Pères avaient remarqué ce frémissement du Fils de Dieu. Il frémit , disentils, du murmure de ces Juifs dont l’incrédulité s’appuyait d’un miracle, et qui disaient : Lui qui a donné des yeux à l’ Aveugle-né , ne pouvait-il empêcher que son ami ne mourût! Il Mut frémir encore, et jusqu’aux dernières fibres de son humanité, voyant dans l’avenir tant d’âmes lavées de son baptême refuser l’évidence pour choisir la réprobation. En vain l’on sait que toute folie est' possible à l’homme; la folie] d’injurier Jésus-Christ paraît inconcevable. Il semble que ce serait assez de renier, sans se faire l’ihsulteur de tant de bonté, de tant de justice, de tant d’amour. Mais il y]a une cause à ce délire* La cause, c’est l’horrible besoin que Dieu ne soit pas. Et ce besoin prouve que Dieu est , et

que Jésus est Dieu. Pourquoi viens-tu nous tourmenter, crient les démons par la bouche des possédés ; qu’avons-nous affaire à toi , Jésus Fils de Dieu tout-puissant?

Pour résister aux négations et aux injures, Jésus-Christ a armé ses œuvres d’une puissance que Satan peut combattre, mais qui le vaincra : il leur a donné la vie. Comme tous les autres miracles, la résurrection de Lazare est un miracle perpétuel. Jusque dans les moindres détails, r / «

il symbolise une merveille que l’Eglise accomplit tous les jours.

Adam reçut en même temps deux vies. En donnant une âme à son corps qu’il venait de façonner. Dieu s’unissait à cette âme par sa grâce. C’est ainsi que l’Écriture nous dit qu’Adam sortit âme vivante des mains ‘du Créateur. Par l’union de lame au corps, il avait la vie physique ; par l’union incomparablement plus élevée de cette âme avec Dieu, il avait la vie spirituelle. L’âme anima le corps, Dieu vivifia l’âme; et tout étant de Dieu, tout avait l’immortalité. L’homme se séparant de Dieu par la désobéissance, perdit tout à la fois. Séparée de Dieu, l’âme meurt comme le corps séparé de l’âme. Quand même une sorte de vie subsiste, c’est mourir que sortir irrémédiablement de la condition pour laquelle on est créé. Ainsi, à la double vie qui lui avait été donnée succéda

LAZARE

pour l’homme, par sa faute, une double mort» Mais Dieu eut pitié de l’œuvre de ses mains, et Jésus-Christ, plus puissant que la mort, vint réparer ce désastre, Il le déclara lui-même ;

« En vérité, en vérité, je vous le dis, les morts « entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux « qui l’entendront vivront. » Les Docteurs expliquent que ces morts sont morts par le péché.

Il est clair que ceux qui « entendront » sont ceux-là seulement qui croiront et qui voudront être sauvés.

Les trois résurrections mentionnées dans

l’Evangile attestent la promesse de Jésus, et enseignent à l’homme comment il pourra en obtenir le fruit. Sans doute, la fille de Jaïre, le fils de la veuve et Lazare n’ont pas été seuls tirés de la mort. Selon saint Augustin, beaucoup d’autres trépassés furent ramenés à la vie. Trois résurrections seulement sont marquées, parce que les circonstances de chacune indiquent suffisamment les trois classes entre lesquelles on peut partager tous les pécheurs, et les moyens qui leur sont donnés pour ressusciter à la vie spirituelle.

La fille de Jaïre, morte, mais encore dans la maison paternelle, c'est le pécheur caché, que personne ne soupçonne mon. Le fils de la veuve, déjà hors de la ville et que l’on porte au tom- beau, c’est le pécheur public lbrsqu’il a pris

son parti du scandale. Lazare au sépulcre depuis quatre jours et déjà décomposé, c’est le pécheur endurci, horrible au monde, horrible à luimême, désespéré, sous le poids de l’habitude, sous la pierre. Tout pécheur appartient nécessairement à l’une de ces trois catégories. Les trois résurrections nous apprennent comment chacun peut renaître.

La jeune fille qui vient d’expirer dans la maison de son père, est ressuscitée comme par un jeu : « Ma fille, lève-toi. » Elle renaît avant que son père et sa mère l’aient pour ainsi dire encore perdue. Les Apôtres qui sont là, représentant la Foi, l’Espérance et la Charité, figurent aussi la grâce, inagissante sans doute, perdue même, non pourtant éloignée. L’effronterie n’a pas chassé les bonnes pensées, l’habitude n’a pas mis là sa main savante. Encore que pécher soit toujours la même chose que mourir, autre chose cependant, dit saint Augustin, est pécher une fois et pécher toujours; et si la vie est ramenée avec tant de promptitude, c’est pour nous faire comprendre que le pécheur qui se corrige aussitôt revit aussitôt. Celui qui n’est pas enveloppé dans l’habitude n’est pas enseveli. Chassez seulement, dit saint Grégoire, chassez d’autour de votre cœur la foule des affections désordonnées, ces joueurs >de flûte, ces discoureurs de rien, ces flatteurs de l’oreille qui vous promettent tant de

LAZARE

joies, mais qui ne font en réalité que chanter votre mort. Alors ne trouvant plus d’obstacle en vous, Jésus vous prendra par la main, et vous ressusciterez comme un homme qui dormait se réveille sous la main d’un ami. Levez-vous donc et marchez; car il est dit que la jeune fille se mit à marcher. Pour prouver que vous êtes converti, vous devez marcher avec plus de vigueur qu’auparavant. Et mangez, car Jésus, ayant ressuscité la jeune fille, ordonne qu’on lui donne à manger. Ce qui montre, suivant le Vénérable Bède, la condition favorable du pécheur dont nous avons ici le symbole, puisqu’il peut, aussitôt réconcilié, être admis à la table eucharistique ; — et ce qui nous enseigne en même temps, suivant un autre interprète, que la chair de Jésus-Christ est la nourriture nécessaire pour ne plus mourir.

Mais peu de pécheurs profitent de cette grâce offerte à tous, luttent contre la séduction , repoussent les sophismes du mal, savent se soustraire au cynisme de l’habitude. La plupart, au contraire , s’enhardissent contre Dieu ; bientôt, comme ceux de Sodôme, ils se font gloire de leur péché. C’est alors que le mort, sorti de la ville, en rase campagne, apparaît dans son hideux sommeil; et sa mère, l’Eglise, le suit en pleurant. Elle pleure sur ce fils mort, elle pleure sur ceux qui le voient. Pour plusieurs,

cette pompe du cadavre insolent couché sur les vices qui le portent à la fosse, n’est pas une épouvante, mais plutôt un triomphe qu’ils envient. Et il a été donné à l’Église beaucoup de ces enfants qui aiment à faire pleurer leur mère ! Tel est donc le pécheur - public : il se produit en exemple; par son exemple, il détruit autour de lui la pudeur et la crainte de Dieu. « Mes pieds ont chancelé, dit David, parce que j’ai vu la paix du pécheur. » Qui ressuscitera celui-là? Ce même Dieu qui a ressuscité l’autre; ce Dieu-qui entend les prières, qui voit les larmes, qui ne veut pas que la mort emporte toujours sa proie, et qui se fait obéissant à ceux qui le craignent jusqu’à leur accorder le salut de ceux qui le nient. Avec la même bonté et la même puissance, il ranimera ce cadavre. Mais qu’il y ait plus d’effort et plus de doute pour la conversion des pécheurs publics, c'est ce que le Sauveur nous fait comprendre, en montrant une certaine hésitatiçm dans la résurrection du fils de la veuve. Ému des larmes de cette mère, il s’approche du cercueil, le touche d’une manière mystérieuse, arrête ceux qui le portent (car l’intervention de Jésus ôte aux vices leur puissance); et enfin il -commande : « Lèvetoi. » A cette voix le mort revient à la vie, se lève, parle, mais reste assis dans son cercueil. Il faut que Jésus lui aide à descendre : « Et

LAZARE

Jésus le rendit à sa mère. » C’est pour le rendre à l’Église qu’il l’a ressuscité, parce qu’elle pleurait. Va maintenant, et parle; console ta mère, publie que tu étais mort, dis qui t’a ressuscité.

Il y a une mort plus profonde, une espé- • ' rance plus perdue. Non-seulement la vie est éteinte, mais la forme même du corps se dissout dans le tombeau fermé. Ce mort de quatre jours, sorti de la maison, sorti de la ville, enterré, putride, c’est le pécheur tellement englouti et lié dans l’habitude qu’il semble ne pouvoir plus être touché même du désir de remonter au jour; et si ce désir lui vient, faible comme ce fil de lumière qui peut pénétrer à

travers la pierre roulée sur lui, il ne saurait faire un mouvement. Il désespère et tout est fini. Saint Bernard, en grand moraliste, comme sont tous les saints, marque les degrés de cette chute : la familiarité avec le péché devient habitude, l’habitude nécessité, la nécessité impossibilité de s’amender; l’impossibilité engendre le désespoir; le désespoir, c’est la damnation. Car la paix , longtemps du moins , n’est qu’à la surface. La décomposition de la conscience dans une âme vaincue ne s’achève pas sans d’horribles douleurs. Plus d’un se targue au dehors, qui tremble d’une immense terreur et voudrait secouer sa léthargie. Nous les connais-

sons bien. Devant le monde, ils sont arrogants.

Au fond, tout au fond de leur cœur, la foi vit encore, sous forme de crainte. On les presse de se sauver : ils raillent, puis ils chancellent, puis ils disent : Je ne peux! En effet, ils ne • peuvent. D’eux-mêmes ils ne rouvriront pas leur tombeau.

Mais ce qu’ils ne peuvent, Jésus-Christ le peut, et le veut. Les fidèles l’ont appelé par leurs . prières, il vient ; les fidèles pleurent, il est tou*ché de leurs larmes*, les fidèles croient, il promet à leur foi un miracle. Seigneur, si vous aviez été ici , mon frère ne serait pas mort ! Seigneur, vous êtes la résurrection ! Seigneur^ venez, et voyez où on l’a mis! Ces prières des saints,, et les bonnes oeuvres dont elles sont accompagnées , sont autant de mains droites et . fortes qui « ôtent la pierre. » La charité des fidèles, les grandes et fécondes vertus de l’Eglise ébranlent la lourde clôture, font pénétrer l’air pur et la lumière dans le hideux caveau; et le détenu du péché, le captif, le mort conçoit quelque meilleur désir d’être sauvé. C’est l’instant de Jésus. Il est là, il regarde; il élève sa voix qui crée la vie : « Lazare, viens ! »

Lazare sort vivant, non délié. Les bandelettes serrées étroitement en trois doubles et imbibées d’aromates enroulent toujours ses pieds et ses 'mains 4 son visage est encore couvert du

LAZARE. 41 5

suaire. Lorsque vous méprisez, dit saint Augustin, vous gisez dans le tombeau ; lorsque vous confessez , vous sortez dehors. C’est Dieu qui vous y amène en élevant la voix , c’est-à-dire en vous appelant par une grande grâce. Mais le mort qui s’avance est encore lié, le pénitent est encore coupable. C’est pourquoi il est dit aux Disciples : a Déliez-le , laissez - le aller. » Déliez-le de ses péchés. Celui que vous aurez délié sur la terre, le sera dans le ciel. Le Christ, continue Alcuin, ressuscite, parce que c'est lui qui vivifie à l’intérieur; les Disciples délient, car c’est par le ministère des prêtres du Christ que ceux qu’il a vivifiés sont absous. Dans les peintures du moyen-âge, c’est saint Pierre qui délie Lazare.

Ce grand miracle de la résurrection de Lazare renferme un autre enseignement. Jésus- Christ, qui par là nous a prouvé d’une manière si éclatante sa divinité , nous prouve encore la résurrection future de tous les morts.

Page 1