‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 84 sur 106 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

jfoB , dévoré d’ulcères, assis sur le fumier, Ij^^mais déjà glorifié dans son humiliation, jf^nsls’écrie : « Mon Rédempteur est vivant; et moi, au dernier jour du monde, je ressusciterai dans ma chair, et je verrai mon Dieu ; je le verrai moi-même, je le contemplerai de mes propres yeux î » De longs siècles après Job, Jésus a dit : s Le temps vient où tous ceux « qui sont dans les tombeaux entendront la voix h du Fils de Dieu, et ceux qui auront fait le « bien ressusciteront pour posséder la vie, et « ceux qui auront fait le mal ressusciteront « pour leur condamnation. »

Le dogme de la résurrection des corps est établi dans la résurrection de Lazare par une preuve visible et matérielle. Dieu pourra faire pour tous ce qu’il a fait pour un seul. Celui qui a ressuscité Lazare, mort depuis quatre jours et déjà corrompu, peut aussi bien ressusciter Adam et tous ceux qui seront morts depuis Adam jusqu’à la fin du monde.

Jésus, pleurant au tombeau de Lazare, ne pleurait pas sur Lazare, qui allait renaître ; il 1 pleurait sur le genre humain, réduit par le péché à subir les horreurs de la mort. Ces pleurs, ce trouble, ces frémissements, tous ces mouvements inaccoutumés de son âme très-sainte nous avertissent d’ufte action plus solennelle encore que les autres; et, en effet, il s’agit d’une victoire définitive. Voici l’image de la consommation de tout, la destruction de l’empire du mal, la destruction de la mort, la résurrection pour la vie et la résurrection pour le jugement.

Sa voix s’élève comme pour retentir dans tout l’univers, semblable au son des trompettes du dernier jour. 11 parle en son nom, avec une pleine autorité : « Viens !» et le mort est vivant. Rien ne fait obstacle : les liens sont rompus, les chairs dissoutes sont recomposées, le sang a repris son cours, les yeux voient, les oreilles entendent; comme la flèche s’élance dç l’arc, la vie s’élance du tombeau. Ainsi aura lieu la résurrection universelle. De tous les tombeaux, de tous les gouffres, de toutes les poussières, les parcelles dispersées et mêlées qui ' V -s auront été nos corps se réuniront aux âmes im- ‘ mortelles qui les ont animées. « En un instant, dit saint Paul, en un clin d’œil, au dernier son de la trompette, les morts ressusciteront pour être immortels. » Viens, Lazare! Poussière du

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genre humain, sois vivante J Et aussitôt, in ictu oculi, cette poussière vivra.

« Je suis la résurrection et la vie. » Pourquoi et la vie ? Parce qu’il n’y a, dit saint Cyrille, qu’une vraie vie, qui est la vie bienheureuse. Ressusciter pour souffrir, est une vie pire que la mort. Jésus-Christ est le principe de Fa résurrection pour tous, il n’est le principe de la vie que pour ses élus : « Celui qui croit en « moi vit, et celui qui croit et vit en moi ne « mourra point pour l’éternité. » C’est-à-dire : Je suis la vie de l’âme et la résurrection du corps. Celui qui vit en moi par une foi pure, participe à cette résurrection et à cette vie; et quand sa chair sera morte pour un temps, à cause de la loi de la chair, son âme vivra; et quand sa chair ressuscitera, associée à cette vie divine, elle ressuscitera pour le ciel, si bien que tout l’homme triomphera pour toujours de la mort. Jésus distingue nettement lui-même la résurrection de la vie : « Tous ceux qui auront « fait le bien iront à la résurrection de la vie, « et tous ceux qui auront fait le mal subiront « la résurrection du jugement. » Ainsi, deux sortes de résurrection, la résurrection de la récompense et la résurrection du châtiment.

C’est ce qui explique pourquoi tant d’hommes ne veulent pas croire à la résurrection, et nient Jésus-Christ, principe de la résurrection*

Le dogme de la résurrection découle du dogme de l’Incarnation ; il est si étroitement lié à tous les mystères chrétiens qu'on ne peut le nier sans nier tout le Christianisme. Comment admettre que Dieu se soit uni à la nature humaine, en ait pris la faiblesse et la mort, sans lui laisser le germe de sa force et de son immortalité? La mort est une des principales conséquences du péché d’Adam : si la postérité d’Adam ne devait pas ressusciter tout entière, elle ne serait donc pas réhabilitée par le second Adam? Jésus- Christ ne nous aurait donc rachetés qu’à moitié ? Mais alors Adam aurait été plus puissant pour perdre que Dieu pour réparer; la grande œuvre, la Rédemption, serait défectueuse et même vaine.

En effet, Jésus-Christ, dit saint Paul, avait la même humanité que nous. Si notre humanité ne ressuscite pas, la sienne ne ressuscite pas ; s’il ne peut nous ressusciter un jour, il n’a pas pu davantage se ressusciter. Or, si Jésus-Christ n’est pas ressuscité, ses Apôtres ne sont plus qu’une troupe de faux témoins allant sacrilégement annoncer par le monde un miracle que Dieu n’a pas fait. Si Jésus-Christ n’est pas ressuscité, il n’a pu triompher de la mort; s’il n’a pu triompher de la mort, il n’a pu davantage triompher du péché qui en est la cause. Notre péché subsiste donc avec toutes ses conséquen-

ces, nous n’avons pas été rachetés, nous sommes encore sous le poids de l’ancien anathème, produit du péché. Mais si Jésus-Christ ne nous a pas rachetés, il n’était point Dieu, il n’était qu’un homme, et toute la prédication évangélique est une imposture, tout le Christianisme une absurdité. Ainsi, d’après saint Paul, nier la Résurrection, c’est nier l’Incarnation, la Rédemption, la divinité même de Jésus-Christ. Cette négation conduit à la négation de l’existence de Dieu, de l’âme, de tout.

Au contraire, le dogme de la résurrection universelle affirme tout le Christianisme. Il nous dit que comme nous ressentons dès à présent les effets de la mort du Rédempteur par notre libération du péché, ainsi nous recevrons au dernier jour le fruit de sa résurrection par la délivrance de la mort. Maintenant nous devons subir la souffrance et la mort, puisque notre Chef et Seigneur les a lui-même subies : mais ce Chef mort pour nous étant aussi ressuscité pour nous, il est le gage que la vertu de Dieu par laquelle il a été ressuscité, lui, le Fils consubstantiel, nous ressuscitera, nous, les fils adoptifs. De même que Jésus-Christ est mon c.omme uni à toute l’humanité, de même l’humanité entière ressuscitera comme unie en lui à la divinité. Il a pris notre mort sans cesser d’être « la résurrection »•, par là, il nous a fait ac-

quérir la résurrection et nous avons laissé la mort. Ayant détruit en nous le péché, la mort de l’âme, la première mort, il détruira de même la seconde mort, qui est la mort corporelle.

Or, conclut l’Apôtre, puisque la cause de notre résurrection sera la résurrection de Jésus-Christ, une fois ressuscités en lui nous serons ressuscités comme lui, pour ne plus mourir. On ne parlera plus de mort, et la mort n’aura plus aucun droit sur la race d’Adam. Alors sera accomplie la grande prophétie d’Osée. Absorbée dans la victoire du Rédempteur, la mort sera abolie.

Le docte et éloquent Ventura, dont nous suivons ici le commentaire, jette un coup d’œil sur la vérité du dogme de, la Résurrection dans l’or- ' dre naturel. En présence des délires de la science incrédule, les idées qu’il tire de l’Écriture et des Pères nous offrent d’opportunes clartés.

Suivant la définition du concile œcuménique de Vienne, l’âme intelligente est la forme substantielle du corps humain. Fait pour être la demeure de l’âme immortelle, le corps humain a été créé en harmonie avec elle, de telle sorte qu’il pût vivre aussi perpétuellement. Selon saint Thomas, Dieu, dans l’institution de la nature humaine , attribua au corps une certaine incorruptibilité, afin que cette matière fût digne d’être unie à une forme immortelle. Dieu, dit l’Écri-

turc, créa l’homme pour durer toujours. Creavit Deus hominem inexterminabilem.

Mais le péché de l’homme ayant troublé l’ordre naturel entre l’âme et Dieu, l’ordre primitif entre lame et le corps demeura aussi troublé. L’âme fut dépouillée de la grâce sanctifiante divinement infuse qui l’élevait jusqu’à Dieu; le 'corps perdit l’incorruptibilité divinement accordée qui l’appareillait à la dignité de l’âme : de là la mort. Les Livres saints disent que la mort n’est pas l’œuvre de Dieu : elle n’est donc pas la condition naturelle de l’homme; elle n’est qu’un accident survenu à la suite du péché. Or, cet accident qui a changé la condition de l’homme, Jésus-Christ l’a enlevé. Par le mérite de sa mort, Jésus-Christ a détruit notre mort, sa vertu divine a rendu au corps le privilège primitif de l’incorruptibilité, par où l’homme sera un jour ramené à une vie désormais exempte de mort.

Ainsi, conclut saint Thomas, la résurrection des morts sera un prodige, peut-être le plus grand des prodiges après celui de l’Eucharistie; mais ce ne sera un prodige que relativement au principe actif qui l’opérera, savoir la puissance divine, qui seule pourra l’opérer. Quant à sa fin, la résurrection ne sera plus un fait en dehors ou au-dessus des lois naturelles; ce sera la chose la plus naturelle, la plus conforme aux lois qui régissent la nature. Il est naturel que

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la matière soit réunie à sa forme , le corps à l’âme. Il ne s’agira donc pas d’innover, mais de rétablir. Il ne s’agira donc pas d’introduire un ordre nouveau, mais de restaurer l’ordre ancien, de ramener la nature humaine à la condition où Dieu l’avait placée.

Observons, en outre, poursuit le saint docteur, que l’âme est immortelle, et qu’ainsi elle survivra toujours à la mort du corps. Mais, selon son essence, elle est la forme substantielle de son corps ; si donc le corps ne ressuscitait pas, elle serait une forme séparée à jamais de sa matière.

, Or, il est contraire aux lois naturelles qu’une forme toujours subsistante soit toujours séparée de sa matière. La corruption perpétuelle du corps « humain est donc contraire à la nature, et il est contraire à la nature que l’âme soit toujours séparée de son corps. Or ce qui est contraire à la nature ne peut toujours durer, donc l’ânie ne sera pas séparée du corps pour toujours. La résurrection universelle est donc loin d’être une chose étrange et inconcevable; la chose étrange et inconcevable, ce serait au contraire la mort perpétuelle du corps humain, le veuvage éternel de l’âme séparée à toujours du corps dont elle est la forme et auquel elle fut substantiellement unie.

Oui, oui, dit saint Augustin, l’unité première, la fraternité antique de l’âme et du corps sera

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rétablie, elle resplendira dans le même homme pour ne jamais plus se dissoudre, Dieu ayant jugé digne de sa sagesse et de sa bonté que l’âme et le corps , autrefois substantiellement unis , régnent ensemble avec Jésus -Christ dans le ciel, puisqu’ils auront ensemble servi Jésus-Christ sur la terre.

Sans la résurrection des corps, l’ordre naturel de l’univers serait inachevé. Les Pères ont fort insisté sur cette preuve. Chaque espèce de semence, dit Tertullien, après avoir été en quelque sorte dissoute et corrompue, recommence à germer plus vivace qu’auparavant. Tous les êtres créés se conservent en périssant ; tout dans la nature, après la mort revient à nouvelle vie. Il ne se peut qu’au milieu de ce flux et reflux d’êtres qui meurent et qui ressuscitent, l’homme seul, qui en est le souverain, ait été créé pour périr à jamais !

Mais comment sera-t-il possible que le corps humain renaisse tout entier de ses cendres ? Comment ? Tout comme il a été possible que l’homme naquit tout entier du néant. Regardetoi, dit Tertullien ; tu as en toi la preuve, tu es toi-même la preuve vivante de ta résurrection future. Il y a quelques années, tu n’existais pas, tu n’étais absolument rien, et tu existes actuellement. Qui t’a tiré du néant une première fois corps et âme, pourquoi ne t’en pourrait-il tirer

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une seconde fois ? Tu n’y seras pas si enfoncé , qu’auparavant ! Dans ta résurrection, il ne t’arrivera rien de nouveau ; seulement,- le miracle qui s’est opéré une première fois pour le tout se renouvellera pour la moindre partie. Tu n’étais rien, et tu es sorti corps et âme de ce rien ; tu seras âme, et ton seul corps te sera redonné de rien, ou plutôt de l’apparence de rien. Tu cherches , 1 à savoir comment tu revivras ; sache d’abord, si tu le peux, comment tu as une première fois vécu, et dis-nous ce qui empêche que tu puisses revenir quand tu as pu devenir ? Saint Jérôme et -, saint Augustin estiment le miracle moins grand de rendre l'existence que de l’avoir donnée. Au commencement, dit saint Cyrille de Jérusalem ,

Dieu prit de la poussière et la changea en chair qui n’avait jamais été ; pourquoi ne pourrait-il pas, à la fin, changer en chair une poussière qui déjà aura été chair ? Qu’est-ce que le corps humain dans le sein maternel? Un germe à peine visible, une parcelle de matière informe et inerte.

En y infusant une âme, Dieu eq fait l’homme.

Il pétrit, divise, figure, dispose cette matière ; il en tire la belle figure de l’homme. Et ce qu’il a su faire si parfaitement, il ne le pourrait pas ? réparer, il ne le pourrait pas refaire ! ‘ •

Les philosophes du temps de saint Paul disaient aussi : Comment ? « Simples ! répondait l’Apôtre , quand vous semez une plante , vous

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ne faites que jeter en terre la semence qui doit la produire ; vous ne semez pas le corps quelle aura. Ce corps, c’est Dieu qui le donne, approprié à chaque semence. »

Pour que nous ressuscitions dans le même corps, il n’est pas -nécessaire, dit saint Thomas, que ce corps comporte précisément toute la même matière qu’il eut durant la vie. Cette matière elle-même est changeante, fuyante, sans cesse renouvelée, et notre corps adulte ne conserve presque plus rien de ce qui le constituait enfant. Néanmoins , ce perpétuel renouvellement ne fait pas que le corps de l’homme adulte ne soit le corps qu’il avait enfant. Puisque l’âme, forme substantielle du corps, qui lui donne l’être déterminé et la vie, est toujours la même, le corps a toujours le même être déterminé, est toujours le même. Puisque la force végétative du corps réside dans l’âme, c’est l’âme qui unit à la matière préexistante dans le corps tout ce que celui-ci prend des substances extérieures ; c’est l’âme qui transforme ces matières nouvelles, les assimile, les fait devenir sa propre matière et sa propre chair. Puisque c’est toujours la même âme qui exerce la même action, c’est toujours le même corps auquel elle est unie, malgré les pertes et les réparations perpétuelles qui, plusieurs fois dans le Cours de la vie, le renouvellent tout entier* ’

Saint Augustin nous dit en quoi consiste le miracle de la résurrection des corps.

Dieu fera alors, en un instant, ce qui pendant la vie se réalise en nous successivement. C’est d’un germe à peine visible déposé dans le sein maternel, c’est d’un corpuscule venu à la lumière que s’est formé, des substances extérieures, par la nutrition et la respiration , avec le temps , notre corps actuel , si grand et si parfait. Ainsi d’un atome de poussière , reste de notre corps, au moyen de l’accession des substances extérieures, Dieu, dans un même instant, reformera à chacun de nous un corps parfait. Et corrtme notre corps actuel, quoique renouvelé, agrandi, augmenté par les substances extérieures, est numériquement le même qu’il était â sa naissance , parce qu’il s’est formé sur la même base, d’une même matière, par l’union d’une même âme , ainsi , par la toute-puissance divine , notre corps ressuscité sera numériquement le même que celui que nous aurons eu dans la première vie, uni à la même âme, formé de Dieu sur la base de la même matière. L’unique différence est que ce qui s’effectue aujourd’hui si lentement , s’opérera avec la rapidité de la volonté de Dieu.

Dieu fera pour nos corps, à la fin du monde, ce qu’il fait aujourd’hui pour les plantes. Au petit germe qui naît du petit grain qui

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meurt , il assimile les substances externes , il donne l’accroissement, il en forme un arbre. De même, à notre corps n’existant plus qu’en un peu de poussière, la vertu de Dieu adjoindra et assimilera les autres substances, et en formera un corps. Notre poussière , dans lés mains de Dieu, sera ce qu’est la semence dans les entrailles de la terre, à savoir un principe, une base de reproduction \ et ce sera notre même corps que nous aurons eu pendant la vie, bien qu’il ne conserve d’identiques qu’un peu de poussière et la même forme substantielle, son âme.

.Quant à la difficulté de retrouver cette matière première, pulvérisée, dispersée, dissoute, transformée en tant de façons, et de la rejoindre à l’âme à qui elle appartient, l’objection est puérile. Dieu sait le compte des grains de poussière qui restent du genre humain, et connaît chacun d’eux par son nom. Peu importe où cette matière se trouve et quelles transformations elle a pu subir ; c’est assez qu’elle ne soit pas anéantie.

Toute chair, dit saint Paul, n’est pas même chair, et autre est la chair de l’homme, autre la chair des animaux. En vertu d’une loi naturelle, toute chair devant suivre la condition

de sa forme, la chair de la brute périt tout entière avec sa forme, l’âme sensitive qui lui

fut unie. Mais la chair de l’homme étant matière d’une forme immortelle, conserve toujours un germe d’immortalité. Détruite par le feu, jetée en cendres au vent, mangée, enfouie dans les volcans ou dans la mer, elle n’est jamais ltellement transformée qu’il n’en reste rien absoument. Dieu retrouvera ces atomes que lui-même a faits indestructibles et les rendra à l’âme qui les aura animés une première fois (i).

Enfin, par-dessus tout, souvenons-nous que nous avons la parole de Dieu. Même dans l’ordre naturel, à plus forte raison dans l’ordre surnaturel , il n’est point de vérité qui ne demeure par quelque point insaisissable à notre courte intelligence. La vue se trouble lorsque j l’œil se fixe trop assidûment sur un objet , et nous ne voyons plus même ce que nous pourrions voir, quand nous le voulons trop voir. Que la raison nous serve pour chercher Dieu , à la bonne heure ; mais c’est avec un organe supérieur qu’il faut le contempler. C’est pourquoi, ayant aidé notre raison par l’évidence des miracles , Dieu nous a fait les dons incomparables de la foi et de l’amour, afin que nous le connaissions et le goûtions véritablement. Il remettra beaucoup à notre faiblesse; sa miséricorde même ne peut rien re-

(1) Ventura , Sermon sur la résurrection des morts.

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mettre à notre Orgueil. Il ne noua reprochera jamais de n’avoir pas parfaitement compris comment il fait ses œuvres de Dieu ; mais il sera justement terrible à ceux qui auront rejeté sa parole pour s’être targués de comprendre comment ses œuvres ne seraient pas de Dieu.

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