‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 93 sur 106 · EST · texte numérisé non relu

EST

Il renouvela aux Apôtres la promesse de ses récompenses, il les appela « ses petits enfants », divin écho de la parole précédente : Laisse \ venir à moi les petits enfants, et glorification éternelle de leur candeur. Il leur recommanda de s’aimer comme il les avait aimés-, et pour leur montrer combien la force de cet amour évangélique devait dépasser tout ce que l’on avait entendu jusqu’alors, il leur dit que c’était « un commandement nouveau. » En les prévenant qu’il allait les quitter, il les assura qu’il ne les laisserait pas orphelins. Il dit à Pierre spécialement qu’il avait prié pour lui afin que sa foi pût résister à tous les efforts et à toutes les ruses de Satan, et il lui donna cette parole qui est la constitution de l’Église : « Quand tu se- « ras converti, confirme tes frères. » Il lui dit aussi qu’il le suivrait un jour. Il les avertit que cette nuit même tous l’abandonneraient. Et comme Pierre protestait de sa fidélité invincible, il l’avertit que cette nuit encore, avant que le coq eût chanté deux fois, il le renierait jusqu’à trois fois:

Pour éviter qu’ils ne fussent accablés de leur propre faiblesse, il ajouta : « Que votre cœur « ne soit point troublé. Vous croyez en Dieu , « croyez aussi en moi. Je vais vous préparer la « place; je reviendrai vous prendre avec moi, « afin que vous soyez où je serai. » Il les mu-

nit d’une force nouvelle contre le scandale prochain de ses souffrances et de son supplice, par une plus claire affirmation de sa divinité. Il dit à Thomas : « Je suis la voie, la vérité et la « vie ; nul ne vient au Père que par moi. ». Et à Philippe : « Quiconque me voit , voit aussi « mon Père. » Il les investit de la puissance des miracles : « Les œuvres que je fais, celui « qui croit en moi les fera lui-même aussi, et « il en fera même de plus grandes ; car je m’en « vais à mon Père, et tout ce que vous lui « demanderez en mon nom, je le ferai, afin que « le Père soit glorifié dans le Fils. »

Comme si toutes ces assurances ne lui suffisaient pas, et qu’il eût besoin de s’affermir enfin lui-même contre la douleur qu’ils éprouveraient de ne plus le voir, quoiqu’il ne dût pas en réalité s’éloigner d’eux , il leur promit jusqu’à six fois un consolateur : « Si vous m’aimez, « gardez mes commandements, et moi je prie- « rai mon Père, et il vous donnera un conso- « lateur qui demeure avec vous à toujours , « l’Esprit de vérité, que le monde ne peut rece- « voir parce qu’il ne le voit point et ne le « connaît point. Mais vous , vous le connaîtrez , « et il demeurera en vous et il sera en vous... « et ce consolateur , l’Esprit saint , que le Père « vous enverra en mon nom, vous enseignera

« toutes choses et vous fera ressouvenir de tout

LA PAQUE

« ce que je vous ai dit. » Sa bonté revient sans cesse sur ces assurances ; il ne peut, si l’on ose parler ainsi , s’assouvir de leur dire combien il les aime, et de les fortifier pour l’épreuve qui les attend.

Il ne veut pas qu’ils doutent , il ne veut pas que nous doutions, nous qui viendrons plus tard et qui verrons sa Passion se renouveler sous nos yeux, malgré les triomphes et les miracles : « Je vous laisse ma paix , je vous donne ma « paix. Je ne voi^s la donne pas comme le « monde la donne. Que votre cœur ne se trou- « ble point, qu’il ne s’effraye pas. Vous avez « entendu; je m’en vais, mais je reviendrai. Si « vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que « le Fils de l’Homme s’en va au Père qui est « plus grand que lui (1). Je vous dis ces choa ses maintenant, avant qu’elles ne s’accomplis- « sent', afin qu’après leur accomplissement vous « ayez foi en moi. » Il ajouta : « Je ne vous « parlerai plus guère, car voici le prince de ce « monde qui vient. Il n’a aucun pouvoir sur « moi. Mais, afin que le monde sache que

(1) U parle comme homme. On rappelle qu’aucun livre, cet abrégé moins que tout autre, ne peut dispenser de la lecture de l’Évangile , et que l’Évangile ne peut être lu avec fruit si le lecteur ne s’aide de quelque commentaire autorisé qui en explique le» points obacyrs.

« j’aime mon Père et que j’exécute les ordres « que mon Père m’a donnés, levez-vous, parie tons d’ici. »

On ne sait pas si Notre-Seigneur prononça ces paroles avant de quitter le Cénacle ou sur quelque point de la route. Quoi qu’il en soit, elles marquent sa pleine et tranquille volonté d’accomplir le sacrifice « en se rendant obéissant jusqu’à la mort. » Il marcha donc vers la montagne des Oliviers, où Judas n’ignorait pas qu’il devait passer la nuit. Chemiq faisant, il continua son discours.

Suivant sa coutume de tirer des objets familiers les images qui devaient graver et éclairer ses enseignements dans toutes les intelligences, il se servit de la vigne pour faire comprendre aux Disciples le mystère de l’union et de l’incorporation de tous les fidèles à l’Homme-Dieu, et prophétiser en même temps les destinées de l’hérésie.

« Je suis la vraie vigne, et mon Père est le « vigneron. Toute branche qui sera en moi sans « porter de fruit, il la retranchera, et toutes celte les qui portent du fruit, il les émondera, afin « que leur fruit devienne plus abondant. Demeu- « rez en Moi, et Moi en vous. Comme la bran- « che ne peut porter de fruit si elle ne demeure « unie au cep, ainsi en est-il de vous si vous « ne demeurez en moi. Je suis le cep de la vi-

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« gne, et vous êtes les branches. Celui qui de- « meure en moi et en qui je demeure, celui-là « seul porte beaucoup de fruit; car, sans moi, « vous ne pouvez faire rien. Si quelqu’un ne de- « meure pas en moi, il sera jeté dehors comme « le sarment. Il deviendra sec ; on le jettera « au feu et il brûlera. Si vous demeurez en moi « et que mes paroles demeurent en vous, vous « demanderez tout ce qu’il vous plaira et vous « l’obtiendrez. C’est la gloire de mon Père que « vous fassiez beaucoup de fruit et que vous « deveniez mes Disciples. »

Le vrai fruit de la vigne mystique, c’est l’amour. Il les exhorta de nouveau à cet amour qu’il leur avait tant recommandé. L’amour de Dieu est le fondement de l’amour du prochain; l’un et l’autre, comme il l’avait dit dans le Temple, sont toute la loi; car tous les peuples n’en font qu’un, dit saint Grégoire, pape; tout précepte aboutit à la charité, tout précepte prend sa base dans la charité. Ainsi qu’une même racine produit plusieurs branches, ainsi de l’unique charité jaillissent les abondantes vertus, et le rameau d’une bonne œuvre ne reste vivant qu’autant qu’il persiste sur la racine de la charité. Les préceptes sont divers à cause de la diversité des œuvres; ils sont un dans la racine de la charité.

Loi d’amour, la plus douce et la plus glo-

rieuse que Dieu lui-même ait pu donner aux hommes, mais aussi la plus contraire aux penchants de la nature déchue. Au seuil du Cénacle, la contestation de la prééminence s’était encore émue entre les Apôtres, et Jésus les en avait doucement repris. Il leur fit comprendre combien ils devaient s’entr’aimer, en leur disant combien il les avait aimés.

S’il fallait trouver en tout l’Evangile de Jésus quelque passage où l’Évangile et Jésus fussent plus concentrés et plus visibles, où l’on pût connaître davantage et la Doctrine dans sa majesté, et le Dieu dans sa charité, et l’Homme dans sa divinité, et l’indivisibilité sublime de la Doctrine, de l’Homme et du Dieu, il semble que l’on devrait s’arrêter aux paroles que l’on va entendre :

« Comme mon Père m’a aimé, c’est de ce « même amour que je vous aime. Demeurez « dans mon amour. Vous demeurerez dans mon

« amour si vous gardez mes commandements, «r Mon commandement est que vous vous ai- « miez les uns les autres, comme je vous ai « aimés. Le plus grand amour est l’amour de « celui qui donne sa vie pour ses amis. Vous <r êtes mes amis si vous faites ce que je vous « commande. Je ne vous donnerai plus le nom « de serviteurs, parce que le serviteur ne sait « pas ce que fait son maître; mais je vous ai

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« appelés mes amis, parce que je vous ai fait « connaître tout ce que j’ai entendu de mon « Père. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, « c’est moi qui vous ai choisis et destinés pour « que vous rapportiez du fruit et que votre fruit « demeure. Je vous fais ce commandement, que « vous vous aimiez les uns les autres. »

« Vous êtes mes amis... Je vous ai appelés « mes amis. » Le Christianisme donne aux mots anciens une racine nouvelle et comme un sens nouveau et à lui. Saint Grégoire, sur ce passage , définit le mot ami, amicus, en le faisant dériver d ’animi custos, gardien de l’âme. C’est là toute l’amitié chrétienne , et il n’y a plus d’autre sentiment qui mérite ce grand et saint nom d’amitié. Jésus est notre ami parce qu’il garde nos âmes ; et nous ne l’aimons , nous n’aimons les autres, nous ne nous aimons nous-mêmes qu’en gardant ses commandements pour parfaire avec lui l’œuvre de son amitié.

Ayant ainsi rempli par avance les siens de cette force de l’amour et de la concorde qui éclatera en eux si merveilleusement par leur amour en lui, il les avertit des combats qu’ils devront livrer : « Si le monde vous hait, sa- « chez que j’en ai été haï avant vous. Si vous « eussiez été du monde, le monde aimerait ce « qui serait à lui; mais parce que vous n’êtes « point du monde et que je vous ai choisis et

« séparés, le monde vous hait. Souvenez-vous a donc de la parole que je vous ai dite : Le « serviteur n’est pas plus grand que son maî- « tre. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécute- « ront aussi; ils vous chasseront des Synago- « gués, et l’heure même approche où quiconque « vous tuera croira faire une chose agréable à « Dieu. Et ils vous feront ainsi à cause de « mon nom, parce qu’ils ne connaissent ni mon « Père ni moi. Qui me hait, hait aussi mon « Père.

« Si je n’étais point venu et que je ne leur « eusse point parlé, ils seraient exempts de pé- « ché; mais maintenant leur péché est sans « excuse. Si je n’avais pas fait parmi eux des « choses que nul autre n’a faites , ils seraient « exempts de péché; mais maintenant ils les « ont vues, et ils me haïssent, moi et mon « Père. C’est afin que s’accomplisse cette pa- « rôle qui est dans leur Loi : Ils m’ont haï « sans Sujet. »

Il les avertit de se souvenir de ces choses, qu’il ne leur avait point dites dès le commencement, parce qu'alors il était encore avec eux. Et comme il les voyait silencieux et pleins de tristesse, il ajouta tendrement : « Il vous est « bon que je m’en aille, car si je ne m’en vais « point, le Consolateur ne viendra point à vous ; « et je m’en vais, et je vous l’enverrai. Et quand

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« il sera venu, il convaincra le monde sur le « péché, sur la justice et sur le jugement (i). » Mais là se présentaient des mystères dont la connaissance, actuellement superflue, devait être simplement désirée. Jésus donc , ajournant ce que les Apôtres ne pouvaient encore porter, leur dit qu’il achèverait de les instruire par le Saint-Esprit : « Quand il viendra, cet Esprit « de vérité, il vous enseignera toute vérité; car « il ne parlera pas de son chef, mais il dira « tout ce qu’il aura entendu, et il vous fera « connaître l’avenir (promesse du don de pro- « phétie). C’est lui qui me glorifiera, parce qu’il « recevra de ce qui est à moi, et il vous l’an- « noncera. Tout ce qui est à mon Père m’ap- « partient ; c’est pourquoi je vous ai dit qu’il a recevra de ce qui est à moi et qu'il vous « l’annoncera. » C’est le haut mystère de la procession des personnes divines dans la trèssainte" Trinité. Si l’on médite ces paroles et le

(i) C’est-à-dire (si l’on ose interpréter des paroles si mys-

térieuses) : « Par le Saint-Esprit, le monde sera convaincu qu’il est pécheur, que je suis juste, ou plutôt que je suis

la justice même, et qu’au jour du dernier jugement, moi, qui dois être son juge, je présenterai au monde le contraste si accablant pour lui de ses crimes avec mon innocence, et de ma justice avec son iniquité; et ainsi le monde saura enfin ce qu’il est, ce que je suis, et à quoi il doit s’attendre. » (Le P. de Ligny.)

lieu et l’instant où elles ont été prononcées, l’évidence de la divinité terrassera l’esprit et le cœur.

Jésus leur dit encore : « Dans peu de temps « vous ne me verrez plus, et peu de temps « après vous me reverrez, parce que je vais à « mon Père. » C’était l’annonce de sa sépulture, de sa résurrection, de ses apparitions et de son ascension au ciel, où bientôt il recevrait leurs âmes victorieuses pour les garder près de lui éternellement. Mais cette pensée leur était trop enveloppée, et ils se demandaient entre eux : « Que dit-il, un peu de temps? » Jésus reprit : « En vérité, vous pleurerez et le monde se ré- « jouira; mais votre tristesse sera changée en « joie. La femme qui enfante est dans la dou- « leur, mais quand elle a mis au jour un fils, « elle ne se souvient plus de tous ses maux, et « sa joie est grande parce qu’un homme est né. « Vous de même; vous êtes dans la tristesse, « mais je vous reverrai et votre cœur sera plein « de joie et personne ne vous ôtera la joie de « votre cœur, et vous ne me demanderez plus

« rien Voici le temps que je ne vous parle-

« rai plus en paraboles, mais je vous annonce- « rai clairement ce qui regarde mon Père. Vous « demanderez alors en mon nom; et je ne vous « dis point que je prierai mon Père en votre « faveur, car mon Père vous aime parce que

LA PAQUE

« vous m’avez aimé et que vous avez cru que « je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du Père « et je suis venu dans le monde; je quitte à « présent le monde et je m’en vais à mon « Père. »

Les Disciples lui dirent : Nous voyons bien à présent que vous savez toutes choses, et il n’est pas besoin que personne vous interroge. C’est ce qui nous fait croire que vous êtes sorti de Dieu. — « En ce moment vous croyez , re- « prit Jésus; mais voilà que le temps vient, et « c’est maintenant que vous allez être dispersés « et me laisser seul ; cependant je ne suis pas « seul, car mon Père est avec moi. Je vous ai « dit ces choses afin que vous ayez la paix en « moi. Vous aurez bien à souffrir dans le monde ; « mais prenez confiance, j’ai vaincu le monde. »

Tel fut cet entretien suprême, où tout est de l’homme et tout est du Dieu; où le Dieu encourage ses fidèles à supporter patiemment la haine du monde, en leur disant : Sachez qu’il m’a haï avant de vous haïr; où l’homme dit : Je suis

la vie Prenez confiance, j’ai vaincu le monde.

C’est ici la dernière parole de Jésus-Christ aux hommes; désormais il ne les enseignera plus que par son silence dans le travail de la douleur. Mais auparavant, il prie. Il prie d’abord pour lui, ensuite plus longuement et plus affectueusement pour ceux qu’il aime. Jamais les

oreilles humaines n’avaient entendu et jamais elles n’entendront de pareils accents.

Jésus donc, levant les yeux au ciel, dit :

« Mon Père, l’heure est venue; glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie, et qu’ayant par vous tous les hommes en sa puissance il donne la vie éternelle à tout ce que vous lui avez donné. Or, la vie éternelle consiste à vous connaître, vous seul Dieu véritable, et Jésus- Christ que vous avez envoyé. Je vous ai glorifié sur la terre, j’ai accompli l’œuvre dont vous m’avez chargé; et vous maintenant, mon Père, glorifiez-moi de la gloire que j’ai eue en vous avant que le monde fût.

« J’ai fait connaître votre nom aux hommes que vous m’aviez donnés du milieu du monde. Ils étaient à vous et vous me les avez donnés, et ils ont gardé votre parole. Ils ont reconnu que je suis sorti de vous, et ils ont cru que vous m’avez envoyé. Je prie pour eux. Je ne prie point pour le monde, je prie pour ceux que vous m’avez donnés parce qu’ils sont à vous. Tout ce qui m’appartient est à vous, et tout ce qui est à vous est à moi ; et je suis glorifié en eux.

« Je ne suis plus dans le monde; mais eux, ils sont dans le monde, et moi* je retourne à vous. Père saint, conservez dans la vertu de votre Nom ceux que vous m’avez donnés, afin qu’ils soient un comme Nous.

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« Tandis que j’étais avec eux, je les conservais dans votre Nom. J’ai gardé ceux que vous m’avez donnés et aucun n’a péri, hors le fils de perdition (Judas), afin que l’Ecriture soit accomplie. -Voici maintenant que je viens à vous, et que je dis ceci pendant que je suis dans le monde pour qu’ils aient en eux la plénitude de ma joie.

« Je leur ai transmis votre parole, et le monde les a eus en haine, parce qu’ils ne sont point du monde comme moi aussi je n’en suis point. Je ne vous prie point de les ôter du monde, mais de les préserver du mal.

« Sanctifiez-les dans la vérité. Votre parole est vérité.

« Comme vous m’avez envoyé dans le monde, moi aussi je les envoie dans le monde.

« Je ne prie pas pour eux seulement, mais encore pour ceux qui doivent croire en moi par leur parole, afin que tous ils soient un. Comme vous, mon Père, vous êtes en moi, et moi en vous, qu’ils soient de même un en nous, et que le monde croie que vous m’avez envoyé. Et je leur ai donné la gloire que vous m’avez donnée, afin qu’ils soient un, comme nous sommes un.

« Je suis en eux et vous en moi, afin qu’ils soient consommés dans l’unité, et que le monde connaisse que vous m’avez envoyé, et que vous les aimez comme vous m’avez aimé.

« Mon Père, ceux que vous m’avez donnés, je veux que là où je suis ils y soient aussi avec moi, et qu’ils voient ma gloire que j’ai reçue de vous, parce que vous m’avez aimé avant la création du monde.

« Père juste, le monde ne vous a point connu ; mais moi je vous ai connu, et ceux-ci ont connu que vous m’avez envoyé. Je leur ai fait connaître votre Nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont vous m’avez aimé soit en eux, et que je sois moi-même en eux. »

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