CHAPITRE VI
Une épidémie ruinait dans des proportions effrayantes l’indus* irie des vers à soie. J. -B. Dumas avait été chargé, comme séna- . leur, de faire un rapport sur les vœux de plus de trois mille cinq cents propriétaires des départements séricicoles, tous demandant aux pouvoirs publics d’étudier les questions qui se rattachaient à cette épidémie persistante. Dumas se préoccupait d’autant plus du sort de la sériciculture qu’ii appanenait a l’un de ces départements désolés par le fléau. Il était né, le 14 juillet 1800, dans une des ruelles les plus tristes et les plus obscures de la viUe d'Alais où il se plaisait à revenir en triomphateur de la science et en dignitaire de l’Empire. Très attentif à tous les problèmes qui intéressaient la richesse nationale, il pensait que les meilleurs juges en ces matières étaient les savants. Gomme il s’était rendu compte de la conscience, de l’obstination, sans parler d’autre chose, qu’apportait dans tout travail son élève et son ami, il insistait pour le décider à entreprendre cette étude. « Votre proposition, répondit Pasteur par quelques lignes hâtives, me jette dans une grande perplexité ; elle est assurément très flatteuse pour moi, son but fort élevé, mais combien elle m’inquiète et m’embarrasse ! Considérez, je vous prie, que je n’ai jamais touché un ver à soie. Si j’avais une partie de vos connaissances sur le sujet, je n’hésiterais pas ; il est peut-être dans le cadre de mes études présentes. Toutefois le souvenir de vos bontés me laisserait des regrets amers si je refusais votre pressante invitation. Disposez de moi. » Le i7 mai 1865, Dumas lui écrivait : « Je mets un prix extrême à