‹ La vie de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 132 sur 201 · CHAP. XXXIX. CONDUITE PEXDAXT LES TROUBLES · texte numérisé non relu

CHAP. XXXIX. CONDUITE PEXDAXT LES TROUBLES

fermes de Saint-Lazare, qui étaient aux environs de Paris et d'où il tirait la principale subsistance des siens !, avaient été pillées par les soldats, les meubles emportés, les troupeaux enlevés avec dix-huit ou vingt muids de froment. D'un autre côté, il apprit que la maison de Saint-Lazare, depuis son départ, souffrait beaucoup de vexations; qu'on y avait logé six cents soldats, lesquels y faisaient un étrange ravage; et qu'on s'était saisi des portes de la maison et des greniers. On en avait fait transporter les grains et les farines aux halles, par ordre du conseiller qui disait en avoir charge du Parlement; ce qui néanmoins ne s'étant pas trouvé depuis véritable, le même parlement en fit sortir ces soldats et rendre les clefs : mais les dommages ne furent pas réparés. Il venait ainsi tous les jours quelqu'un vers M. Vincent pour lui rapporter ces pilleries et ces pertes ; à quoi il répondit toujours : « Béni soit Dieu, béni soit Dieu ! »

Et pour faire encore mieux connaître ce qui se passa en la maison de Saint-Lazare en cette rencontre, et quel fut le sujet qui exerça la patience de M. Vincent, nous rapporterons ici ce qu'en écrivit un très vertueux ecclésiastique qui fréquentait les prêtres de cette sainte maison. Voici en quels termes il en parle dans une sienne lettre :

a Nous avons été témoins, dit-il, de la persécution que la maison de Saint-Lazare a soufferte en ses biens, commodités et provisions, pendant la guerre et les mouvements de Paris, par l'animosité de quelques personnes mal affectionnées et même de quelqu'un d'entre les premiers magistrats. Car, sous prétexte de faire la revue des provisions de blé qui se trouveraient dans la maison et dans la grange, on alla fouiller et fureter partout, comme s'il y eût eu de grands trésors cachés. Et outre cela on fit entrer un régiment de soldats très insolents qui, durant plusieurs jours, firent un

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