‹ La vie de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 133 sur 201 · La ferme d'Orsigny, près de Versailles · texte numérisé non relu

La ferme d'Orsigny, près de Versailles

dégât et une dissipation épouvantables; et pour comble de leur malice, ils mirent le feu dans les bûchers de la bassecour où était tout le bois de la provision, dont j'ai vu les restes encore tout fumants, en allant voir M. Lambert qui tenait la place de M. Vincent. Ce vertueux Missionnaire essuya tous ces affronts etsouffrit cette persécution avecsasérénitéet tranquillité ordinaires, tout joyeux d'avoir enduré quelques opprobres avec son bon père, et de voir le dégât et l'enlèvement, puisque Dieu le voulait ainsi, non tant de leurs biens comme des provisions des pauvres, auxquels ils avaient dessein de les distribuer selon leur coutume, très libéralement et charitablement, durant le cours de l'année: Et rapinam bonorum vestrorwn cum gandio suscepistis. Il eût pu justement dire à ceux qu'il voyait si avides des trésors et des richesses qu'ils cherchaient à main armée dans la maison, ce que le grand saint Laurent répondit à ses persécuteurs, leur montrant les pauvres qui étaient les magasins vivants où l'on avait caché les richesses de l'Eglise pour lesquelles on le persécutait : Facilitâtes quas requiris, in cœlestes thesauros manus pauperum deportaverunt . Le bon M. Vincent fut comme un juste Loth tiré de cet incendie et de cette confusion par un mouvement particulier, comme par un ange; et sortant de Paris le cœur tout outré de douleur sur les misères de tant de pauvres qui allaient être réduits aux dernières nécessités, il passa par Saint- Germain en Laye pour en exposer ses sentiments à Leurs Majestés, Et puis s'étant retiré, il alla visiter les maisons de sa Congrégation qui profitèrent, par la douceur de sa présence, de notre privation et de notre perte. »

M. Vincent étant donc retiré en cette pauvre chaumière de Fréneville y souffrit de très grandes incommodités, tant par la rigueur du froid qui était alors très grand, n'ayant qu'un peu de bois vert pour faire du feu, que pour la nourriture qui était très chétive : toutes choses manquant en ce pauvre lieu, ne s'y trouvant que du pain qui était fait

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