‹ La vie de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 137 sur 201 · CHAP. XL. SECOURS A LA CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

CHAP. XL. SECOURS A LA CHAMPAGNE

Mézières, Charleville, Donchery, Sedan, Sainte-Menehouldj Vervins, Laon, Guise, Chauny, La Fère, Péronne, Noyon, Saint-Quentin, Hara, Marie, Riblemont, Amiens, Arras; en un mot toutes les villes, bourgs et villages où les pauvres gens, soit habitants ou réfugie's, étaient plus ruinés et plus dignes de compassion. Parce secours charitable, l'jn a empêché qu'un très grand nombre de pauvres n'y soient morts de faim et de froid; surtout les plus nécessiteux et les plus abandonnés, comme les malades, les vieillards et les orphelins qui étaient pour la plupart réduits en des langueurs effroyables, couchés sur de la paille pourrie ou sur la terre, exposés pendant les plus grandes rigueurs de l'hiver à toutes les injures de l'air : leurs maisons ayant été pillées et brûlées, et eux dépouillés jusqu'à la chemise, n'ayant pour retraite que des masures dans lesquelles ils attendaient tous les jours la mort.

Dans les premières années que cette désolation fut extrême, le secours fut aussi plus grand; et, outre huit ou dix Missionnaires que M. Vincent y employa, il y envoya aussi des Filles de la Charité. Pendant que celles-ci s'appliquaient à secourir et à assister les pauvres malades, une partie des Missionnaires distribuait le pain et leo autres choses nécessaires pour pourvoir à l'extrême indigence des autres, et les prêtres se répandaient dans les campagnes, visitant les paroisses destituées de pasteurs., pour distribuer la pâture spirituelle à ces pauvres brebis délaissées, les instruire, leur administrer les Sacrements, les consoler et réparer le mieux qu'ils pouvaient le mauvais état de leurs églises qui avaient été la plupart pillées et profanées par les soldats.

Nous verrons en la seconde partie J, plus en particulier de quelle façon ces charitables et fervents Missionnaires se sont comportés par les ordres de leur très digne père dans

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