CHAPITRE XLIII
Ce que M, Vincent a fait pour le bien de ce
royaume et pour le service du Roi, pendant les troubles
qui commencèrent l'année 1652.
Pour remédier efficacement à quelque mal, ce n'est pas assez d'en empêcher les effets ; il faut, si Ton peut, en faire cesser la cause. Toutes les assistances charitables que M. Vincent procurait aux pauvres pendant la guerre pouvaient bien les soulager d'une partie des misères que ce fléau leur faisait ressentir; mais pour les en délivrer entièrement, et pour faire cesser les autres désordres épouvantables et les péchés énormes qui se commettaient de tous côtés pendant ce temps de trouble et de division, ce grand serviteur de Dieu, qui en était vivement touché, et qui avait autant de prudence que de zèle, voyait bien que tout ce qu'on ferait aurait peu de succès si Ton n'apportait le remède à la racine du mal, et si on n'en faisait cesser la cause qui était la division et la guerre. Il fallait pour cela rétablir une paix assurée, par l'entière soumission et obéissance que les sujets doivent à leur souverain : l'union et la juste correspondance des membres avec leur chef, étant établies de Dieu aussi bien dans le corps politique comme dans le naturel, pour y maintenir Tordre, et par conséquent pour y mettre la paix qui n'est autre chose, comme dit saint Augustin, que la tranquillité de Tordre1.
M. Vincent donc voyant que le feu de la guerre allait s'allumant de jour en jour en la plupart des provinces de ce