‹ La vie de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 170 sur 201 · CHAP. LI. — PRÉPARATIONS A LA MORT · texte numérisé non relu

CHAP. LI. — PRÉPARATIONS A LA MORT

Or, comme on eut su à Rome la longue et dangereuse maladie de M. Vincent, et qu'il continuait toujours dans cet accablement de douleurs et d'affaires à dire son bréviaire, Notre Saint-Père le Pape Alexandre VII, connaissant combien la conservation de ce grand serviteur de Dieu était importante à toute l'Eglise, lui fit expédier un bref apostolique pour l'en dispenser, sans qu'il en sût rien. Et en même temps, MM. les cardinaux Durrazzo, archevêque de Gênes, Ludovisio, grand pénitencier de Rome, et Bagni, autrefois nonce en France, qui étaient alors tous trois à Rome, lui écrivirent pour l'exhorter à se soulager, et à se conserver; ce qui fait voir l'estime qu'ils avaient pour la personne de M. Vincent.

Nous ne rapporterons ici, pour abréger, que la lettre de M. le cardinal Durazzo, parce qu'elle est la première et qu'elle contient en substance ce qui est porté par les autres. Voici en quels termes il lui parle :

« Les fonctions des prêtres de la Congrégation de la Mission réussissent toujours à l'avantage du prochain, par l'impulsion et le mouvement qu'ils reçoivent delà conduite et des exemples de leur supérieur général; ce qui est cause que toute personne bien intentionnée doit pour cet effet prier Dieu de lui prolonger la vie et de lui donner une parfaite santé, pour rendre de plus longue durée l'origine d'un tel bien. Et comme je prends un très grand intérêt dans les heureux progrès de ce saint Institut, et que j'ai conçu une affection pleine de tendresse pour votre personne, étant informé de votre âge, de vos fatigues et de votre mérite, je me sens nécessairement obligé de vous prier, comme je fais, de vous prévaloir de la dispense de Sa Sainteté; de préposer le soin de votre personne au gouvernement de ses chers enfants, et de dénier à la dévotion de votre esprit les occupations qui peuvent porter préjudice au long maintien de votre vie : et cela pour le plus grand service de Dieu. De Rome, le 20 septembre 1660. »

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Mais toutes ces bonnes précautions arrivèrent trop tard : elles trouvèrent la victime consommée. Dieu avait voulu par lui-même décharger ce fidèle serviteur de tant de fatigues et de peines par lesquelles il avait tâché de rendre à sa divine Majesté tout l'honneur et le service qu'il avait pu, durant le cours de sa longue vie; et néanmoins il lui avait fait la grâce, avant que de le tirer de ce monde, de mettre sa Congrégation et toutes les compagnies par lui établies dans le meilleur état où il les pouvait souhaiter.

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