CHAPITRE LU
Ce qui a précédé, accompagné et suivi le trépas de M. Vincent.
Ce fidèle serviteur de Dieu, parmi les langueurs de sa longue maladie, attendait comme un autre Siméon l'heure désirée en laquelle son divin Rédempteur viendrait le délivrer de ce corps de mort qui retenait son âme en captivité. Et si l'accomplissement de son désir était différé, ce n'était que pour lui donner moyen de mettre le comble à ses mérites par la continuation de l'exercice de la patience et des autres vertus qu'il pratiquait si dignement et pour achever la couronne qui était préparée à sa fidélité. Enfin tout cela se trouvant accompli, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation voulut lui donner la plus grande et la plus désirable de toutes, qui est celle de mourir de la mort des justes, ou pour mieux dire, cesser de mourir dans cette vie mourante pour commencer de vivre de la véritable vie des justes et des saints dans la bienheureuse éternité.
L'histoire sainte nous apprend que Dieu ayant appelé Moïse sur le sommet de la montagne de Nebo, il lui fit commandement de mourir en ce lieu-là; et que ce saint patriarche, se soumettant à la volonté de Dieu, mourut à la