II, CANONISATION
Le ciel confirma ensuite le jugement du Saint-Siège par d'autres prodiges, qui l'obligèrent de décerner de nouveaux honneurs à ce grand serviteur de Dieu. Ce fut pour en venir là que, sur de nouvelles lettres rémissoriales du 5 mai 173 r , les délégués qui étaient l'archevêque de Paris, l'évêque de Bethléem1, et l'ancien évêque de Vence2, entendirent, dans l'espace d'environ deux ans, cent trentecinq témoins, qui tous déposaient d'un grand nombre de faits qu'on jugeait supérieurs aux forces de la nature. Les trois prélats en rendirent compte à Clément XII, qui occupait alors le siège de saint Pierre, et présentèrent sept miracles à la sacrée Congrégation des Rites, qui se borna à en approuver deux.
La bulle de canonisation fut publiée le 16 juin 1737; c'est le plus beau panégyrique qui ait été prononcé à la louange de Vincent de Paul, et le résumé le plus authentique de sa vie et de ses œuvres 3.
La fête de la canonisation fut célébrée dans la basilique de Latran, parce que l'âge et les infirmités du pape ne lui permettaient pas de se rendre à Saint-Pierre. La cérémonie se fit avec la pompe accoutumée; pour en diminuer les frais, qui sont toujours considérables, on avait réuni avec Vincent de Paul, François Régis, Julienne Falconieri et