‹ La vie de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 190 sur 201 · LETTRE DE BOSSUET · texte numérisé non relu

LETTRE DE BOSSUET

vait corrompre ou la pureté de la foi ou l'innocence des mœurs.

Il n1est personne qui ne se souvienne, pour moi je ne me le rappelle qu'avec un plaisir indicible, combien sa foi ôtoit pure, son respect pour le Siège apostolique, profond; sa soumission à ses décrets, 'sincère et sans réserve; avec quel abaissement d'esprit, quelle humilité de cœur il servoit Dieu, lors même que l'éclat de ses fonctions et ses emplois à la cour auroient pu faire craindre quelque altération de ces sentimens.

Aussi chaque jour ajoute-t-il un nouveau lustre à la réputation de ce saint homme; il est en tout iieu la bonne odeur de Jésus-Christ; ce ne sont partout que vœux empressés de le voir mis au rang des saints par un saint Pontife.

Pour nous, très Saint Père, nous conservons d'autant plus chèrement et plus aisément le souvenir du vénérable Vincent, qu'il vit encore dans sa congrégation, qu'il nous semble encore le voir travailler dans notre diocèse, en la personne de ses dignes enfants, qui vivent sous nos veux, avec qui nous partageons notre travail, que nous voyons

atqueprudentiam cum admirabili simplicitateconjunctam, ecclesiasticae rei studium, zelum animarum, et adversus omnigenas corruptelas invectissimum robur atque constantiam.

Quam puram fidem coleret, quam Sedi apostolicce «jusque decretis reverentiam exhiberet, quanta animi demissione et humilitate in amplissimis licet regiorum etiam consiliorum functionibus constitutus, Domino deserviret, recordantur omnes, et ego, suavissime recolo.

Crescit in dies pii viri memoria, qui in omni loco Christi bonus odor factus, dignus ab omnibus habetur qui a sancto Pontince rite et canonice sanctorum numéro inseratur, si Vestras Beatitudini placuerit.

Nostris vero sensibus, Beatissiine Pater, eo gratior ac firmior venerandi Vincentii haeret recordatio, quod in sua congregatione, et in nostra quoque diœcesi spirantem intuemur. Cum e)us discipulis compresbyteris nostris vivimus; cum iis laboramus; eorumque

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avec joie infatigablement occupés à repaître et de paroles et d'exemples le troupeau qui nous est confié.

Mais pourrions-nous taire cette compagnie de vertueuses filles qui, formée par le pieux Vincent, conduite par les sages règles qu'il lui a données, s'applique à soukiger les pauvres et surtout les malades, et le fait avec une humilité, une charité et une pureté qui retracent à chaque moment à 'nos yeux, et le saint Fondateur, et l'esprit dont il étoit rempli et qu'il a inspiré à ce saint Institut?

C'est dans le tendre souvenir de ces grandes œuvres, que nous venons déposer dans votre sein paternel le juste témoignage que nous devons à Vincent, persuadé que c'est faire plaisir à un saint que de lui parler d'un saint. Mais le profond respect que nous avons pour Votre Sainteté, et la multitude des affaires importantes qui l'occupent, ne nous permettent pas de l'interrompre plus longtemps, quoique nous sachions que rien n'embarrasse un esprit aussi élevé, une habileté pour les affaires aussi étendue, une âme que le Ciel favorise de ses plus douces consolations, à qui il inspire et de sages conseils et la force de les exécuter. Que Dieu conserve longtemps à son Eglise un tel chef! Ce sont nos vœux les plus ardents et les plus sincères. Au reste, très Saint Père, tout ce que je viens de dire, je le dis devant Dieu en Jésus-Christ dans toute la sincérité et toute la

doctrina ex exemplis commissum nobis gregem, indefesso studio, neque unquam intermisso opère, pasci gaudemus in Domino.

Neque licet conticescere de piarum feminarum cœtu quas ab ipso sanctissimis regulis informatae pauperibus et aegrotis sublevandis, tanta castitate, humilitate, charitate serviunt, ut sui institutoris ab eoque insiti spiritus oblivisci non sinant.

Nos ergo pii viri memores, hoc nostrum testimonium, Beatissime Pater, in vestrae Sanctitatis paternum sinum effundimus; gnari scilicet sanctorum mentione delectari sanctos. Sed plura proferre tanta majestas, et Pontificis humeris ingruens negotiorum moles non sinunt : quanquam maximarum rerum gubernacula tenenti, et magnitudo mentis, et rerum providentia, et de cœlo solatia atque consilia abundesuppetunt, viresque intégrant. Quo bono ut Ecclesia

LETTRE DE FLECHIER 419

fidélité que je dois et à la vérité et à Votre Sainteté, dont je suis,

Très Saint Père,

Le très dévoué et très obéissant serviteur et fils,

7 J. Bénigne, Evêqite de Meaux.

A Meaux, ce 2 août 1702.

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