VII. — Etant allé à Marseille pour y recueillir une
judicio cum fratre contendere, uben voluit carere proventu, quem sine lite, ab ecclesiastico viro, ut ipse aiebat, omnino fugienda, consequi non potuissset.
Tolos.-c litteras cum pietate edocet.
VI. — Interea ne aliis oneri esset, sed sibi et paupcri matri victum honestis laboribus et laudabili industria subministraret, humaniores litteras in Castro non ignobili^ quod Bussetum vocant, diœcesis Tolosanae, deinde in ipsa urbe edocuit. Et quoniam ejus potissima cura et vigil sollicitudo erat adolescentum mentes non rerum divinarum sterili duntaxat notitia instruere, sed eorum animos ad cœlestem sapientiam amplectendarn impellere, et mores ad sublimem christianae professionis virtutem et sanctitatem informare, nobiles viri certatim filios suos ejus curae committebant, ut in via Domini et in sanctorum scientia, sub tanti viri proficerent evangelica disciplina et pietatis magisterio.
In manus Turcarum incidit, qui vulneratum in Africam ducunt ubi fidem
illibatam servat.
VII. — Profectus Massiliam, ut pecuniam quœ ex credito relictœ sibi
somme d'argent qui lui était due sur un legs d'héritage, comme il voyageait par mer et par un vent favorable de Marseille à Narbonne pour retourner à Toulouse, il tomba au milieu des Turcs, qui tuèrent le patron de la barque et d'autres passagers, le blessèrent lui-même d'une flèche, le dépouillèrent de ses habits, le chargèrent de chaînes et l'emmenèrent captif en Afrique. Il eut à souffrir de la cruauté des Turcs de nombreuses et graves peines pour ne pas abandonner la loi de son Seigneur, mais il savait que les souffrances de ce temps n'ont point de proportion avec la gloire future qui sera révélée en nous.
VIII. — On raconte qu'ayant aperçu un de ses compagnons d'esclavage, misérablement abattu sous le lourd poids de ses chaînes, et n'ayant rien à donner pour soulager les angoisses de ce malheureux, il se mit lui-même dans les fers, afin de racheter aux dépens de son corps la calamité d'autrui. Il avait été appliqué par unhomme dur, le dernier de ses maîtres (car il en eut trois dans le cours de sa captivité), aux rudes travaux de la culture des champs, où venait souvent le visiter une des concubines de ce maître, qui, née
hereditatis debebatur acciperet, cum Massilia Narbonem versus, remeaturus Tolosam, secundo vento navigaret, in Turcas incidit, qui, navis magistro aliisque interemptis, Vincentium sagitta vulneratum, vestibus exutum et catenis onustum in Africam captivum abduxerunt. Multa et gravia a Turcarum saevitia, ne legem Domini sui desereret, passus est, sciens non esse condignas passiones hujus temporis ad futuram gloriam quse reveiabitur in nobis.
Tertium herum apostatam convertit, qui Avenione Ecclesi» reconciliatur.
VIII. — Narrant, cum forte unum e conservis suis sub gravi catenarum pondère misère laborantem conspexisset, nec ad sublevandas miseri illius angustias haberet quod traderet, se ipsurn dédisse in vincula, ut corporis sui dispendio alienam redimeret calamitatem. Duris agrorum culturse Iaboribus immiti ab hero addictus fuerat, qui ultimus extitit (nam très toto captivitatis tempore habuit), eumque saspe consueverat una ex concubinis herilibus adiré, quas a nadvitate professione Mahumetana, christianas tamen religionis instituta et fidem audiendi percupida erat. Quadam die cum plura
dans le mahométisme, était néanmoins désireuse d'apprendre la croyance et les règles de la religion chrétienne. Un jour, après bien des questions sur Dieu et sur le Christianisme, elle lui ordonna de chanter quelque chose des cantiques de Sion. Alors le serviteur de Dieu chanta ce psaume : « Sur les bords des fleuves de Babylone nous nous sommes assis et nous avons pleuré, » et d'autres pieux cantiques. Or, pendant que le cantique sacré du Seigneur résonnait, par la bouche de Vincent, aux oreilles incirconcises de la mahométane, Dieu opérait dans le cœur de cette femme profane pour lui faire sentir quelque suavité de la céleste douceur. Ainsi, de retour à la maison, elle alla trouver son mari qui avait abandonné la foi chrétienne pour suivre les délires de Mahomet, et lui reprocha d'avoir abjuré sa religion, qui lui paraissait très bonne, tant par ce qu'elle en avait appris de la bouche de son esclave, que par le plaisir inaccoutumé qu'elle avait ressenti du chant du cantique, plaisir tel qu'elle n'espérait pas d'en goûter un si grand dans le paradis de ses pères. Touché des paroles de sa femme, cet impie jeta les yeux sur son état horrible,
de Deo et christiana religione rogasset, jussit ut aliquid cantaret ex canticis Sion. Tune vero Servus Dei psalmum illum : Super flumina Babylonis illic sedimus,et Jlevimus, etc., aliaque pia carmina cecinit. Dum autem ad incircumeisas mahumetanœ aures sacrum Domini canticum ex ore Vincentii resonabat, Deus operatus est in corde profanas feminae, ut aliquam ccelestis dulcedinis suavitatem persentiret. Itaque domum régressa, maritum, qui a christiana fide, ut Mahumetis sequeretur deliramenta, defecerat, convenit, eumque reprehendit rcligionem suam reliquisse, quam optimam esse censebat, tum ex iis quas de ore servi audierat, tum ex inusitata voluptate quam ex cantico perceperat, quanta neque in majorum suorum paiv.diso se fruituram esse sperabat. Verbis feminae commotus impius ille respexit feeditatem suam, eamque damnavit atque exuere decrevit, adjuvantibus monitis et orationibus probi famuli sui Vincentii, quicum re composita, parva navicula e Turcarum manibus in Gallias aufugit, ibique a Yincentio Apostolicae Sedis Avenionensi pro-Legato exhibitus, sacris servatis ritibus, impositaquepœnitentia, Ecclesice reconciliatus est.
îe condamna, et, avec le secours des avis et des prières de son saint esclave Vincent, il résolut d'en sortir. En effet, après avoir mis ordre à ses affaires, il s'échappa avec lui sur une petite barque des mains des Turcs, s'enfuit en France, où Vincent le présenta au vice-légat du siège apostolique d'Avignon qui, gardant les sacrés rites et lui imposant une pénitence, le réconcilia à l'Eglise.
IX. — Le serviteur de Dieu se rendit ensuite à Rome pour y honorer les sacrées dépouilles des martyrs, dont le sang a purifié une ville qui, de siège de la superstition, est devenue la mère et la maîtresse de la religion, et pour se prosterner aux tombeaux des apôtres et adorer la chaire de Pierre, dont la dignité ne défaille pas même dans son indigne héritier.
X. — De retour en France, sur les conseils d'un homme de piété excellente, Pierre Bérulle, fondateur de la congrégation de l'Oratoire de Jésus, et depuis cardinal de la sainte Eglise romaine, il se chargea du ministère paroissial dans les diocèses d'abord de Paris, ensuite de Lyon, où, se faisant de cœur le modèle du troupeau, il dirigea dans la voie du Seigneur les brebis qui lui étaient commises, et les
Romam venit loca sacra veneraturus.
IX. — Romam deinde Servus Dei se contulit, ut sacras martyrum veneraretur exuvias, quorum sanguine expiata Urbs, quae fuerat sedes superstitionis, facta est mater et magistra religionis; et ut ad sepulcra apostolorum se prosterneret,et Cathedram Pétri adoraret, cujus dignitas etiam in indigno herede non déficit.
In Gallias reversus duas successive parœcias régit, juniores clericos disciplina ecclesiastica imbuens.
X. — Reversus in Gallias, suadente eximiapietate viro Petro Berullo, auctore Congregationis Oratorii Jesu, et postea sanctae Romanas Ecclesise Cardinali, primum in Parisiensi, deinde in Lugdunensi diœcesi parochiam administrandam suscepit, ubi factus forma gregis ex animo, oves sibi commissas dirigens in viam Domini, verbo pavit et exemple Et quoniam messis quidem multa, operarii autem pauci, juniores clericos in aedibus suis alendos, educandosque excepit, quibuscum communem vitam agens eos in lege Domini instrue-
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nourrit de sa parole et de son exemple. Et comme la moisson était grande et le nombre des ouvriers petit, il reçut de jeunes clercs qu'il nourrit et éleva dans sa maison, menant avec eux une vie commune, et qu'il instruisit dans la loi du Seigneur, pour que, dans un âge plus avancé, ils pussent édifier l'Église du Seigneur par la parole divine et une doctrine salutaire.
XI. — La pieuse renommée de Vincent et l'odeur de sa bonne conduite parvinrent à saint François de Sales, qui le préposa aux religieuses dites de la Visitation, dont un monastère avait été récemment érigé à Paris. Dans ce difficile ministère à lui confié, gardien vigilant des saintes servantes de Dieu, directeur prudent des âmes, il montra et prouva par ses œuvres combien juste et vrai était le jugement du saint prélat, qui affirmait ouvertement ne pas connaître de plus digne prêtre que Vincent. Or, pendant quarante ans, le bienheureux serviteur de Dieu, avec une prudence, un soin et une sollicitude singulière, conduisit ces vierges sacrées dans la voie du salut, pour qu'après avoir renoncé à la concupiscence charnelle et s'être consacrées à Dieu tant de corps que d'esprit, elles consommassent leur ouvrage et
bat, ut ad majorem provecti œtatem possent verbo Dei et doctrîna salubri Ecclesiam Domini aedificare.
Parisios revertitur Vincentius, quem apprime noscens D. Franciscus Salesius monasteriis Visitationis prœficit.
XI. — Fama pietatis Vincentii et odor bonae ejus conversationis pervenit ad sanctum Franciscum Salesium, qui eum sanctimonialibus Visitationis nuncupatis, quarum monasterium nuper Parisiis erectum fuerat, praeposuit. In commisso autem sibi difficilii minis.. terio, vigil sacrarum ancillarum custos et prudens animarum rector, ostendit et opère comprobavit quam verum et rectum esset judicium sanctissimi Praesulis, qui sacerdotem Vincentio digniorem nullum se nosse palam affirmabat. Porro per quadraginta annos singulari prudentia, cura et sollicitudine sacris illis virginibus ad viam salutis Beatus Dei servus consultât, ut quae, a carnali concupiscentia recedentes, tam carne quam mente se Deo voverant,
parvinssent, par la fidélité aux divins préceptes, aux récompenses de Dieu.
XII. — Mais l'ardente charité de Vincent ne se pouvait renfermer dans les cloîtres des monastères. Sachant bien qu'il n'est pas de travail plus excellent ni plus utile que la culture et la guérison des âmes, pour engager une lutte spirituelle contre la concupiscence de la chair et les dépravations du monde, contre l'orgueil et la méchanceté du siècle, contre les calamités et les misères des enfants d'Adam, contre l'ignorance des enfants; en un mot, contre les esprits de malice, il dressa des armées de braves destinés à combattre les combats du Seigneur. En effet, en l'année 1625, il établit la congrégation des prêtres séculiers de la Mission, qui, méprisant et quittant les délices du monde, réunis en communauté très chaste et très sainte, n'ayant rien en propre, vivraient ensemble dans la prière, la lecture, les instructions et les autres exercices spirituels, pour former ainsi les clercs séculiers à la science du Seigneur, aux cérémonies ecclésiastiques et au sacré ministère, et exciter les laïques, en leur proposant la méditation des préceptes
consummarent opus suum, et ad Dei munera per divina praecepta pervenirent.
Congregationem Missionis instituit, cujus officia et functiones enumerantur. XII. — Sed flagrans Vincentii caritas haud intra sanctimonialium claustra continebatur, sed cum probe intelligeret nullam esse excellentiorem prasstantioremque curam, quam quae curandis sanandisque animis collocatur, ad ineundam spiritualem pugnam contra concupiscentiam carnis et pravitatem mundi, contra superbiam et malitiam seculi, contra calamitates et miserias filiorum Adam, contra parvulorum ignorantiam, contra demum spirituales nequitias instruxit exercitus fortium, qui prceliarentur prcelia Domini. Nam anno millesimo sexcentesimo vigesimo quinto instituit Congregationem presbyterorum seçularium Missionis, qui, contemptis atque desertis mundi hujus illecebris, in communem vitam castissimam sanctissimamque congregati, nihil proprium habentes, simul aetatcm agerent, viventes in orationibus, in lectionibus, in exhoriationibus aliisque spiritualibus exercitiis, quibus clericos seculares in scientia Domini, in ecclesiasticis ritibus et sacro instruerent ministerio,
divins et des choses célestes, à parcourir la voie du salut; qui s'engageraient à Dieu par un vœu perpétuel à exercer l'emploi apostolique des saintes missions particulièrement dans les bourgs, les villages et autres lieux des champs, où la lumière de la vérité évangélique brille rarement sur des hommes plongés dans les ténèbres et l'ombre de la mort; qui, n'étant enflés d'aucun orgueil, troublés par nulle humeur opiniâtre, noircis d'aucune envie, mais modestes, retenus, paisibles, feraient d'une vie toute d'union, toute consacrée à Dieu et au salut du prochain, un présent très agréable à l'auteur de tous biens.
XIII. — La charité chrétienne envers le prochain, qui naît de la charité envers Dieu comme de sa source, et fait monter, par une sorte de degrés merveilleux, à la perfection du divin amour, ne veille pas seulement au salut des âmes, mais pourvoit encore aux besoins du corps. C'est pourquoi le serviteur de Dieu, brûlant d'une charité parfaite, cherchait à secourir et à soulager et le corps et l'âme, à sauver, autant que possible Tun et l'autre, rapportant néanmoins tout le soin des corps au salut des âmes, qui doit être Tob-
laicos autem mandatorum divinorum rerumque cœlestium meditatione eis proposita, ad viam salutis currendam accenderent; qui perpetuo voto ad peragendum apostolicum sacrarum missionum opus, praesertim in pagis, in villis locisque campestribus, ubi jacentibus in tenebris et umbra mords raro evangelicae veritatis lumen affulget, se Deo obstringerent; qui, nulla superbia tumidi, nulla pervicacia turbulenti, nulla invidentia lividi, sed modesti, verecundi, pacati, concordissimam vitam et intensissimam in Deum proximique salutem gratissimurn munus omnium bonorum Datori offerrent.
Servi Dei caritas animabus potissime consulit, quin corpora sublevanda negligat. Societatem puellarum Charitatis fundat.
XIII. — Christiana autem caritas erga proximum, quae a caritate Dei tanquam a fonte profïciscitur, et mirabili quodam modo tanquam gradibus per eam ad perfcctum Dei amorem ascenditur, non solum providet saluti animarum, sed etiam corporis indigentiis consulit. Itaque Servus Dei perfecta ardens caritate, et animis et corporibus subvenire ac benefacere satagebat, agebatque, quantum
jet de la principale sollicitude. Ainsi, compatissant, dans les entrailles de sa miséricorde, aux calamités et aux angoisses des misérables, surtout des malades, des vieillards, des enfants et des jeunes filles qui, incapables, dans leur infirmité et leur faiblesse, de se secourir eux-mêmes et privés souvent du secours nécessaire, sont opprimés sous 1 poids de leurs misères, il fonda la Compagnie des Filles dites de la Charité pour travailler jour et nuit au service et au soin des vieillards, des enfants, des pauvres et de toutes sortes de malades.
XIV. — En outre, dans toutes les paroisses non seulement des villes, mais des bourgs et des villages, il institua des confréries de dames pour soulager, parleur soin attentif et leur diligente sollicitude, les maux et les angoisses des misérables, procurer aux malades des remèdes tant corporels que spirituels, aux calamiteux des ressources et du secours, aux pauvres de Targent, aux nus des vêtements, aux affligés de la consolation. Il travailla encore à établir, ou à conserver et à étendre en beaucoup de lieux, plusieurs compagnies de Filles, principalement celles de la Croix, de
poterat, ut proximus salvus corpore salvusque animo esset, ita tamen ut omnem corporum curam ad salutem animarum, de qua potissima débet esse sollicitudo, referret. Quamobrem totis miserationis visceribus compatiens calamitatibus et angustiis miserorum, praesertim aegrotantium, senum, puerorum puellarumque, qui, viribus infirmi ac débiles, sibi succurrere non valentes, saepe necessario destituti auxilio, suis miseriis opprimuntur, Societatem puellarum Caritatis nuncupatarum fundavit, qua? senibus, pueris, egenis, et omnis generis segrotantibus curandis inserviendisque diu noctuque allaborarent.
Matronarum sodalitates multiplicat, etiam in pagorum parceciis, pro miseris sublevandis; et Societates puellarum, pro efformatione sequioris sexus.
XIV. — Praeterea non solum in singulis urbium, sed etiam pagorum et villarum parœciis sodalitates matronarum instituit, quarum sollicita cura et diligenti sollicitudine miserorum pressura? et angustiae levarentur, segrotantibus remédia tam corporalia quam spiritualia, calamitosis opes atque auxilium, egentibus pecunia, nudis vestimenta, afflictis consolatio afferretur. Erigendas etiam curavit, variis-
la Providence et de Sainte-Geneviève, appliquées à élever et à instruire dans les travaux de leur sexe et les bonnes mœurs de pauvres filles, de peur que, plus avancées en âge, elle ne tombent par l'ignorance de la loi du Seigneur et des divins mystères, ou que, oisives, elles n'apprennent à courir les maisons, et, s'entretenant de ce qu'il ne faut pas, elles ne s'égarent à la suite de Satan, ou qu'enfin, ne sachant pas travailler de leurs mains, accablées de besoins domestiques, elles ne soient poussées aux péchés et aux vices par l'indigence et la misère.
XV. — De plus, il bâtit un hospice pour y garder les fous, une maison pour y corriger les jeunes gens de mauvaises mœurs, et un vaste hôpital pour y entretenir et y nourrir les vieillards et les artisans qu'un accident quelconque avait rendus impuissants à gagner leur vie de leurs mains. Enfin, par ses sollicitations et ses soins, deux hôpitaux furent construits et dotés par la libéralité royale, à Paris et à Marseille, pour les pauvres galériens infirmes qui auparavant étaient jetés dans des antres à la façon des bêtes, et qui,
que in Iocis jam ante erectas adjuvit maximeque promovit Societates puellarum Crucis, Providentias et Sanctae Genovefae, a quibus educarentur instruerenturque, in femineis opificiis honestisque moribus pauperes puellœ, ne in maturiorem aetatem adultae ignorantia Dominicœ legis, aut divinorum mysteriorum inscitia laberentur, vel otiosae discerent circuire domos, et loquentes quas non oportet rétro satanam converterentur, vel manibus laborare nescientes, domesticis oppressae difficultatibus, ad flagitia et peccata inopia et egestate impellerentur.
Varia hospitia erigenda curât, ubi miscri spiritualibus et corporalibus subsidiis recreantur.
XV. — Insuper hospitium pro amentibus custodiendis, domum ad immorigeros adolescentes corrigendos, et amplum hospitale ad fovendos alendosque senes et artifices qui ad sibi victum manibus suis quaerendum impotentes calarnitate aliqua evaserunt, œdificavit. Demum valetudinaria pro infirmis remigibus, qui prius in antra, more bestiarum, detrudebantur, Parisiis et Massiliae, eo enixe procurante, regia liberalitate constructa et dotata fuere, in quoe miscri
maintenant transportés là dans leurs maladies, y reçoivent tous les soulagements corporels et spirituels.
XVI. — La grande probité de Vincent et son intégrité de vie, brillant de jour en jour avec d'autant plus d'éclat qu'il les cachait avec plus de soin, étaient, en effet, connues du roi de France Louis XIII de glorieuse mémoire, qui, vivant, usait de son ministère pour la distribution de ses aumônes secrètes, et de ses conseils pour la nomination des clercs aux sièges épiscopaux et aux bénéfices ecclésiastiques, et qui, à la mort, voulut avoir dans ce dernier combat Vincent pour soutien et pour consolateur.
XVII. — Après la mort de ce prince, Anne d'Autriche, son épouse de glorieuse mémoire, régente de France, l'appela, malgré ses résistances et sa volonté, dans le saint conseil de conscience. Pour lui, et au Louvre parmi les courtisans, et chez lui parmi ses disciples de la Mission, et sur les places parmi les citoyens, et dans les maisons privées parmi les indigents et les calamiteux, et dans les hôpitaux publics parmi les vieillards et les malades, et dans les bourgs et villages parmi les paysans et les laboureurs, et
illi aegritudine laborantes translati, et spiritualibus et corporalibus subsidiis recreantur.
Consolator et adjutor Ludovici XIII morientis, qui prius in nominandis ad Episcopatum et bénéficia ecclesiastica ejus utebatur consilio.
XVI. — Eximia enim Vincentii probitas vitasque integritas eo magis magisque in diem elucens, quo studiosius ab ipso occultabatur, clarae memoriae Ludovico XIII Galliarum régi innotuerat, ideoque vivens ejus opéra ad distribuendas occultas eleemosynas, ejusque consilio in nominandis clericis ad Episcopales cathedras et ecclesiastica bénéficia utebatur : moriens, in ultimo illo agone Vincentium sibi adjutorem consolatoremque esse voluit.
In sanctius conscientiœ consilium adscitus digniores semper, numquam potentes vel ditissimos anteponit.
XVII. — Post vero illius obitum, clarae memoriae Anna Austriaca, illius uxor et Galliarum regina, eum, licet reluctatem et invitum, in sanctius conscientias consilium adscivit. Ipse autem ubique, et in palatio inter aulicos, et domi inter suos Missionis alumnos, et in foro inter cives, et in privatis domibus inter egentes et calamitosos,
dans les monastères de vierges consacrées, et dans les assemblées ecclésiastiques; partout et parmi tous, il remplissait les offices de la charité, il répandait la lumière de la sainteté, il disséminait la bonne odeur du Christ ; car, jusque dans le palais de la royauté, méprisant la vanité du siècle, foulant aux pieds ses richesses et ses honneurs, il tenait toutes ses pensées tournées vers Dieu et fixées au ciel. Aussi son principal soin fut qu'aux prébendes paroissiales, aux dignités et aux bénéfices ecclésiastiques, qui sont le bien des pauvres et le patrimoine du Christ, on préposât les plus dignes; et lorsque des gentilshommes lui recommandaient leurs fils, et le pressaient de promesses ou de menaces, il foula aux pieds et les espérances et les craintes. Car cette âme forte et robuste ne désira pas s'acquérir, au détriment de l'héritage du Christ et aux dépens de la Croix, des amis puissants, et, sans trembler des maux dont on le menaçait, elle ne redouta pas les ennemis.
XVIII. — Parmi les compagnons de ses missions sacrées, qu'il avait voulu obliger avec lui par vœu à enseigner surtout aux hommes des champs les mystères de la foi catho-
et in publicis hospitalibus inter senes et asgrotos, et in villis ac pagis inter villicos et agrestes, et in sacrarum virginum asceteriis, et in ecclesiasticis clericorum conventitus, et ubique inter omnes caritatis officia obibat, sanctitatis lucem diffundebat, bonum Christi odorem disseminabat, siquidem in regia domo, seculi vanitate conteinpta, et divitiis ac honoribus conculcatis, ad Deum conversas et in cœlo fixas omnes cogitationes suas habebat. Itaque ejus praecipua cura fuit, ut parochialibus praebendis, ecclesiasticis dignitatibus, et beneficiis, quae sunt bona pauperum et patrimonium Christi, digniores praeficerentur; et cum nobiles viri filios suos commendarent, et promissis aut minis urgerent, vel speranda praemia irrisit, vel pranentas minas calcavit; neque anima fortis et robusta detrimento hereditatis Christi et Crucis dispendio potentes sibi optavit amicos, aut decomminatis malis trépida inimicos formidavit.
Socios laborum erudit virtutum licroicarum exemplo. XVIII. — Inter suos autem sacrarum missionum socios, quos secum praesertim ad rusticos et agrestes fidei catholicae mysteria et
lique et les préceptes divins, et appliquer aussi à la bonne éducation du clergé et aux autres œuvres de charité, tout le temps de son pèlerinage et de sa vie, ceint de la force d'en haut, il se montra ministre fidèle, courageux et infatigable ouvrier dans la culture de la vigne du Seigneur.
XIX. — Parce qu'il n'avait fait aucune violence, comme quelques-uns, pour obtenir leur gouvernement, mais qu'il l'avait plutôt soufferte pour l'accepter, il se conduisait de manière à les embrasser tous dans les entrailles d'une intime charité. Il avait soin, en effet, que la tristesse n'abattît, que la pensée du siècle ne tourmentât aucun d'eux, et, avec la vigilante sollicitude d'un père, il veilla à ce que celui-ci ne fût pas accablé par un travail excessif, à ce que celui-là ne s'endormît pas dans une excessive inaction, détournant les vigoureux de la paresse, forçant les fervents au repos, allégeant à tous le joug suave du Christ, et écartant tous les pièges du diable; les unissant tous dans la sainte société des âmes et dans la parfaite charité du Christ, il les animait de parole et d'exemple à courir la carrière des vertus chrétiennes.
divina prascepta edocendos voto obligari, tum etiam clero rite instituendo, aliisque caritatis operibus addici voluerat, robore accinctus ex alto, toto peregrinationis ac conversationis suas tempore, fidelem se ministrum, strenuumque ac indefessum vineaa Domini cultorem atque operarium exhibuit.
Charitate forti et suavi illos universim complcctitur.
XIX. — Cum autem illorura regimen non, ut quidam, vim fecisset ut adipisceretur, sed vim passus esset ut acciperet, ita versabatur ut omnes intimis caritatis visceribus complecteretur. Curabat enim ne quera tristitia affligeret, ne cogitatio secularis urgeret; et, vigili pietatis dispensatione, providebat ne illum nimius labor grava ret, ne nimia hic quiète torpesceret, valentes corpore avocans a desidia, ferventes spiritu cogens ad requiem, suave Christi jugum omnibus allevans, et quidquid diabolus injecisset avertens, omnes in sanctam animorum societatem et perfectam Christi caritatem unitos ad currendum christianarum virtutum stadium verbo et exemplo animabat.
XX. — Pour lui, qui les dépassait tous par le mérite de sa sainteté et par la dignité de sa place, il se mettait audessous d'eux par l'humble abaissement de son esprit. Il se disait souvent et en public un homme de rien, le fils d'un villageois, appliqué autrefois à la garde d'un troupeau; dans une assemblée générale, il abdiqua la préfecture perpétuelle de sa congrégation, affirmant par humilité qu'il était incapable d'en porter le fardeau; il demanda avec instance qu'un autre fût mis à sa place, et il fallut les prières réitérées de l'assemblée tout entière et une sorte de violence pour qu'il l'exerçât dans la suite. C'est que plus il s'élevait au faîte de la sainteté par la connaissance et l'amour de Dieu, plus il se mettait bas parla connaissance et le mépris de lui-même : aussi remplissait-il les emplois les plus vils de sa maison, et souvent, prosterné à genoux et versant des larmes, il demandait pardon aux siens d'avoir scandalisé leur âme par ses mauvais exemples. Par ses admirables œuvres de piété et ses éminentes vertus, il s'était acquis à la cour un crédit souverain : la reine de France en faisait un cas particulier, et auprès de tous les évêques, des cardinaux
Omuibus valde commendatus semetipsum nihil putabat. XX. — Ipse autem, qui omnibus sanctitatis merito et dignitatis gradu anteibat, humili animi remissione inferior erat : semetipsum palam hominem dictabat nihili, liliuin villici et olim gregis addictum custodiae; perpétua suae Congregationis praefectura, in Generali Conventu se ineptum et imparem muneri ferendo prae humilitate afnrmans, se abdicavit, et efflagitanti in locum sui alium substitui ab iteratis totius Conventus precibus vis ei quodammodo illata est ut imposterum exerceret. Etenim quo sublimius ad sanctitatis altitudinem Deum cognoscendo et amando ascendebat, eo inferius agnitione et contemptu sui se demittebat : ideo vilissima quasque domus obibat officia, et saepe, genibus flexis et fluentibus lacrymis, veniam a suis petebat, quod malis exemplis aliorum animos ofïendisset. Ob eximia pietatis opéra excellentesque virtutes summani gratiam adeptus erat in aula regia; plurimi enim faciebat eum Galliarum regina, et apud omnes tum Episcopos, tum Cardinales, aliosque optimates, et ecclesiasticos et scculaies, et apud omnes cujusvis generis status et conditionis hommes magno in honore et existi-
de tous les grands dans l'Eglise et dans le siècle, des hommes de tout état et de toute condition, il était tenu en grand honneur, en grande estime. Pour lui, s'humiliant devant Dieu auteur de tous biens, il ne montrait, dans ses actes ou dans ses paroles, rien qui sentît la vanité ou l'orgueil, l'arrogance ou l'immodestie : mais tout en lui, réglé et composé selon la discipline chrétienne et la sainteté évangélique, laissait voir ouvertement qu'il n'y avait aucunes ténèbres dans l'intérieur de celui dont l'extérieur brillait de si éclatantes vertus.
XXI. — Le malheur des temps et le tumulte des guerres civiles avaient affaibli la sainteté du clergé de France, en y introduisant l'ignorance et la corruption des mœurs. Pour réparer l'honneur de la maison de Dieu et rétablir la discipline ecclésiastique, Vincent dirigea de ce côté toutes ses pensées et ses forces. Ainsi, pour rendre à la discipline ecclésiastique sa vigueur, énervée par la langueur des vices, il établit des maisons religieuses, destinées à recevoir les clercs qui devaient être promus aux ordres sacrés, et, par lui ou par ses associés de la Mission, il les fit instruire dans
matione habebatur. Ipse vero, coram Deo omnium bonorum datori humilians se, nihil va nu m aut superbum, nihil procax aut inverecundum, nihil intemperans aut immoderatum, vel in opère vel in sermone prae se ferebat, sed omnia ordinata et ad Christianam disciplinant et evangelicam sanctitatem composita aperte ostendebant nihil intus latere tenebrarum, ubi foris tanta lux virtutum proefulgebat.
Ad reparandum Ecclesias Dei decorem seminaria erigenda curât. XXI. — Temporum iniquitas et civilium bellorum tumultus Galliarum cleri sanctitatem invecta ignorantia corruptisque moribus labefactaverat. Ad reparandum decorem Domus Dei restituendamque ecclesiasticam disciplinant vires omnes et cogitationes suas Yincentius intendit. Itaque ut restauraretur ecclesiasticas disciplina; vigor, qui languore vitiorum enervatus fuerat, religiosas domos recipiendis clericis qui ad sacros ordines promovendi essent assignavit, eosque in sacris ritibus peragendis sanctisque moribus efformandis, qui ad gradus dignitatem responderent, per se suosque Missionis
la célébration des sacrés rites, et former aux saintes mœurs en rapport avec la dignité de leur état. De là l'éclat des cérémonies sacrées, de là l'observance des vénérables lois qui fut rendue à beaucoup d'Eglises de France.
XXII. — Il réunit encore des compagnies de prêtres qui, à des jours réglés, conféraient entre eux des choses divines, s'exerçaient dans les saintes disputes, pour acquérir la puissance d'exhorter dans la saine doctrine et de confondre les contradicteurs.
XXIII. — Moïse donna l'exemple : avant d'être mis par Dieu à la tête du peuple d'Israël pour le délivrer de la captivité, le conduire à travers le désert sacrifier à Dieu sur la montagne, et, de là, dans la terre de promission, il s'enfuit du tumulte de la cour de Pharaon dans la solitude. Vincent se le rappela au milieu des clercs qui, dans la terre déserte et sans eau de cette vie mortelle, doivent servir à l'autel du Seigneur et précéder de la parole et de l'exemple le saint peuple de Dieu tendant à la céleste patrie après avoir secoué le joug de la captivité du diable; il leur apprit à se retirer du tumulte du monde dans une sainte solitude, avant
socios instruendos curavit. Hinc autem sacrarum caeremoniarum
nitor et venerabilis observantia in multas Galliarum ecclesias revo-
cata est.
Collationes ecclesiasticas instituit.
XXII. — Insuper cœtus adunavit sacerdotum, qui statis diebus de divin is rébus inter se conferrent et se in sacris disputationibus exercèrent, ut potentes essent exhortari in doctrina sana, et eos qui contradicunt arguere.
Item pro ordinandis exercitia spiritualia.
XXIII. — Exemplo autem Moysis, qui, priusquam a Deo praeficeretur Israël itico populo ut eum c captivitate liberatum per desertum ad sacrificandum Deo in monte et deinde ad terram promissionis deduceret, a strepitu Pharaonis aulae aufugit in solitudinem; ita clericis in sortem Domini vocatis, qui in hujus mortalis vitas terra déserta et inaquosa ad altare Domini ministrantes, verbo et exemplo, sanctae I)ci plebi tendendi ad cœlestem patriam, excusso diabolicae captivitatis jugo, praeire debent, auctor fuit ut, priusquam ad ecclesiasticos gradus asc&nclerent, a mundanis tumultibus in> sanctam secedentes
Vie. — 2Q
de monter aux degrés ecclésiastiques, pour s'y appliquer quelques jours à la méditation des choses divines et à la contemplation des devoirs de leur charge.
XXIV. — Du reste, le serviteur de Dieu Vincent ne fut pas seulement un excellent instituteur des ministres de l'autel, mais il montra en lui le modèle d'un bon et fidèle dispensateur. Car il était comme le refuge de tous les indigents et misérables; et, prenant même quelquefois sur ce qui paraissait nécessaire à lui ou aux compagnons de ses missions, il soulageait toutes sortes de pauvres de si larges aumônes, qu'il était communément appelé le Père des pauvres. Quoique déjà avancé en âge, il donnait un soin assidu au ministère apostolique des saintes missions, et, porté sur les ailes de la chanté, supérieur à tous les travaux, s'élevant au-dessus des forces de sa vieillesse, il volait çà et là pour porter la lumière de la vérité évangélique et des divers préceptes à ceux qui marchaient dans les ténèbres et dans l'ombre des vices, surtout aux pauvres habitants des bourgs et des villages qui, privés de la lumière de la foi chrétienne et errant au hasard dans la nuit de l'ignorance, étaient
solitudinem, per aliquot dies divinis rébus meditandis contemplandisque sui muneris officiis vacarent.
Pauperum pater jure vocatus, ipse, etiam senex, missionibus vacat, et alumnos ad usque remotissimas gentes mittit. XXIV. — Profecto non solum Dei servus Vincentius egregius fuît ministrorum altaris institutor, sed et boni et fidelis dispensatoris formam in se exhibuit. Nam erat veluti omnium egentium et miserorum perfugium, et cujusvis generis pauperes, erogatis etiam nonnunquam quae sibi suisque missionum sociis videbantur necessaria, ita largis sublevabat eleemosynis, ut communiter pauperum Pater nuncuparetur. Assiduam, licet jam provectus esset astate, apostolico sacrarum missionum ministerio dabat operam, hue illuc alis charitatis super omnem laborem et super senilis aetatis vires volitans, lucem evangelicae veritatis et divinorum mandatorum scientiam ambulantibus in tenebris et vitiorum caligine praeferebat, praesertim pauperrimis villarum et pagorum incolis, quos lumine christianse fidei destitutos in ignorantias nocte per dévia aberrantes in viam Domini reducebat. Et quoniam charitas mensuram non habet, Servi Dei virtus GalliarJm terminis restricta non est, sed longe lateque
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ramenés par lui dans la voiedu Seigneur. Et comme la charité n'a pas de mesure, la vertu du serviteur de Dieu ne se renferma pas dans les bornes de la France, mais se répandit et brilla au loin : car, pour étendre la foi et la piété, il envoya parmi ses disciples des ouvriers évangéliques non seulement en Italie, en Pologne, en Ecosse, en Irlande, mais encore en Barbarie, aux Indes, chez les nations séparées de notre continent, que le zèle de ses disciples, après avoir dissipé les ténèbres de l'idolâtrie, amena à la lumière de la vérité.
XXV. — Dans les provinces éloignées, tout en cherchant le salut des âmes, il n'omettait pas de pourvoir aussi aux besoins des corps, pour attirer par les secours temporels les hommes charnels. Ainsi, non seulement la Lorraine, la Champagne, la Picardie, ravagées par la peste, la famine et la guerre, furent largement soulagées par les sommes qu'il leur envoya et qu'il leur fit distribuer par le ministère fidèle des Filles de la Charité; mais, dans d'autres provinces plus éloignées encore, il subvint à des hommes affligés par la disette ou par quelque autre calamité. Et lorsque la ville de Paris elle-même souffrait cruellement du manque de vivres, il nourrit chez lui jusqu'à deux mille pauvres.
diffusa eluxit; nam ad amplificandam fioem et pietatem evangelicos misit ex suis alumnis operarios, non solum in Italiam, Poloniam, Scotiam, Hiberniam, sed etiam ad Barbaros et Indos, nostrisque terris dissociatas gentes, quas suorum alumnorum opéra, dispulsis idololatriae tcnebris, ad lucem veritatis adduxit.
Ubique temporalibus subsidiis ad Deum attrahere conatur indigentes. XXV. — In remotis autem provinciis animarum salutem expetens, corporum etiam egestatibus consulere non omittebat, ut per temporaliasubsidia carnales homines ad Deum attraheret. Itaque non modo Lotharingiam, Campaniam, Picardiam, peste, famé belioque vastatas largiter refecit missis ingentibus pecuniarum summis, ad quas distribuendas fideli opéra puellarum Charitatis utebatur, sed in aliis etiam remotissimis regionibus, hominibus inopia aut calamitate aliqua laborantibus subvenit. Et cum ipsa Parisiorum civitas ingenti annonae penuria gravissime vexaretur, domi suae ad duo millia pauperum sustentavit.
XXVI. — Quoique occupé sans cesse des différentes et multiples affaires soit de la cour, soit de sa congrégation, soit des autres établissements qu'il avait fondés ou dont il avait le soin, dans lesquels il rendait à tous pour la gloire de Dieu d'infatigables services, néanmoins il subvenait aux nécessités de tous, de tous il soulageait les angoisses; il ne repoussait personne, il embrassait tout le monde en Jésus- Christ. C'était, certes, chose admirable qu'à personne il ne refusât accès auprès de lui, qu'à toutes demandes il prêtât une facile oreille, qu'il répondit avec bonté, qu'il accueillît avec douceur, qu'il n'excitât la jalousie de personne, mais que, se faisant tout à tous, il soignât le corps des uns, guérît l'esprit des autres, et que, suivant les besoins de chacun, il leur fournît, de sa bourse et de sa doctrine, des vêtements, des vivres, des instructions, montrant ainsi que, si l'on ne doit pas tout à tous, à tous, néanmoins, on doit la charité, à personne l'injustice. Les injustices, en effet, qui lui étaient faites par les autres pour la justice, il était si éloigné, quoiqu'il le pût facilement, de s'en venger, qu'on ne l'a même jamais entendu s'en plaindre, parce que les bas sentiments
Pluribus distentus negotiis, omnibus affabilis et beneficus, pro injuriis sibi illitatis veniam petebat.
XXVI. — Et quanquam variis multisque tum regia? aulas, tum suae Congregationis aliorumque locorum, quae fundaverat vel quorum curam habehat, distentus negotiis esset, in quibus omnibus indefessam ad Dei gloriam navabat operam, tamen omnium necessitatibus subveniebat, omnium sublevabat angustias, nullum a se repellebat, omnes in Christo complectebatur. Profecto mirum erat quod nemini ad se negaret aditum, faciles omnium postulationibus accommodaret aures, blande responderet, comiter exciperet, nullius concitaret invidiam, sed omnibus omnia factus aliorum curaret corpora, aliorum sanaret spiritus, et prout quisque indigens erat, aut vestimentis, aut sumptibus, aut doctrina, vestiret, alerel, instrueret, ostendens quemadmodum, etsi non omnibus omnia, omnibus tamen charitas, nulli debeatur injuria. Etenim injurias quae ab aliis sibi propter justitiam inferebantur, tantum abfuit ut, cum facile posset, .ulcisceretur, quin neque unquam de i 1 lis queri auditus tucrit, quia de se humihter sentiens, illas, si quando accipiebat, merito se pati
qu'il avait de lui-même lui faisaient juger, quand il venait à en recevoir, qu'il les souffrait justement. Aussi les supporta-t-il avec un esprit si patient, qu'il demanda pardon à genoux à celui qui lui faisait outrage, et qu'à un homme qui lui frappait la joue il présenta humblement l'autre.
XXVII. — Des soldats, dans une rage aveugle et une fureur insensée, avaient déjà blessé un pauvre artisan et le suivaient, le glaive nu, pour le tuer : il le couvrit de son corps et mit sa vie en danger manifeste pour gagner à Dieu celui qu'il aurait arraché des bras menaçants de la mort au péril de son sang et de sa tête; et, en effet, étonnés par une si grande et si extraordinaire force d'âme, et attendris par les paroles du serviteur de Dieu, les soldats s'adoucirent et se retirèrent, et ce malheureux s'échappa vivant.
XXVIII. — Mais parce que le champ du Seigneur, dont nous sommes les ouvriers, arrosé d'en haut par la grâce de Dieu, est protégé par la foi, labouré par les jeûnes, ensemencé par les aumônes, fécondé par les prières, le bienheureux Vincent ne négligea pas la culture spirituelle de son corps mortel dans la crainte que la précieuse semence
judicabat. Itaque adeo patienti animo eas tulit, ut a convicium sibi faciente veniam tîexis genibus petiverit, percutienti autem maxillam, alteram humiliter praebuerit.
Contra furentes milites artificem vtilneratum défendit corpus suum interponendo.
XXVII. — Militibus caeca rabie et insano furore infortunatum quemdam artificem jam vulneratum nudis gladiis, ut morti traderent, persequentibus, corpus suum opposuit, et se in apertum vitae discrimen objecit, ut Deo lucraretur quern e faucibus praesentis mortis periculo capitis et sanguinis sui eripuisset, et quidem tanta tamque inusitata animi fortitudine attonitis et verbis Servi Dei mollitis militum animis, pacati recesserunt; miser autem ille vivus evasit.
Mcmbra sua moriificat, prœcipue in communibus calamitatibus.
XXVIII. — Sed quoniam dominicus ager, cujus nos operarii sumus, rorante desuper gratia Dei, fide munitur, jejuniis exercetur, eleemosynis seritur, orationibus fecundatur; ideo Beatus Yincentius, ne, mortalis corporis spirituali cultura neglecta, generosum germen
n'y pérît, et qu'au milieu des ronces et des épines il n'y vînt qu'une moisson digne d'être consumée dans les flammes, non d'être enfermée dans les greniers du Seigneur. Il avait donc coutume de dompter ses membres par le cilice, de les macérer par les jeûnes et autres œuvres de pénitence, principalement dans les communes calamités du royaume de France et de l'Eglise catholique.
XXIX. — Si en quelque affaire grave et embarrassée on lui demandait son avis, et qu'il fût forcé de donner une réponse, ou si on lui proposait de faire quelque chose de difficile et d'extraordinaire, comme le saint roi David, il consultait Dieu avant de rien commencer, et il demandait humblement au Père des lumières de répandre dans son esprit la lueur de sa clarté, pour découvrir ce qu'il fallait répondre ou faire, de le prévenir de sa grâce divine pour suivre ce qu'il aurait une fois découvert et reconnu, de le fortifier de cette grâce pour l'exécuter. Toutes les fois qu'il sortait de sa chambre et de sa maison pour paraître en public, il se prosternait à terre devant Dieu, et, par des prières courtes mais ferventes, il implorait son divin
periret, et, innascentibus spinis ac tribulis, ea producerentur quae urenda sunt flammis, non quas dominicis horreis reconduntur, membra sua domare cilicio, conterere jejuniis aliisque pœnitentiae operibus, prœcipue in communibus totius Galliarum regni et catholicae Ecclesiae calamitatibus, consuevit.
Ante actionem, Deum consulit; post, sécréta cordis ad examen vocat.
XXIX. — Si in negotio aliquo gravi et difficili sententiam rogatus responsûm dare cogeretur, aut si aliquid arduum et insolitum faciendum sibi propositum esset, Deum, ut sanctus rex David, priusquam rem aggrederetur, consuiebat, et supplex a pâtre luminum postulabat ut menti suas lucem ejus claritaris infunderet, qua et quae respondenda aut agenda essent perspiceret, et quae cognita et perspecta essent, divina praeveniente gratia, sequeretur, et quod bonum et placitum Deo esset, ea adjuvante, perficeret. Quoties e cubiculo domus suae prodibat in publicum, se coram Deo in terrain prosternebat, et divinam opem enixis sed brevibus precibus implorabat, ne, transiens, licet invitus, per semitas seculi et terrena ac mun-
secours, pour qu'en passant, quoique malgré lui, à travers les sentiers du siècle, et qu'en traitant des choses terrestres et mondaines, il ne fût pas souillé de la boue des enfants des hommes A peine de retour à la maison, il entrait dans les secrets de son cœur, soumettait à l'examen les replis de sa conscience, et au milieu du débat de ses pensées, dont les unes accusaient, les autres justifiaient sa conduite, il examinait avec soin, corrigeait avec zèle, punissait avec sévérité la parole imprudente échappée de sa bouche, ou l'acte inconsidéré qu'il avait pu commettre. Tant il était soigneux de garder les voies du Seigneur, qui a ordonné qu'on observât ses commandements avec une extrême fidélité.
XXX. — Livré à une prière assidue, ni la foule, ni les affaires, ni les événements heureux ou tristes ne le détournaient de la contemplation des choses divines. Car il avait toujours Dieu présent à l'esprit, il se tenait en sa présence, et, par un soin diligent et une sainte industrie, il avait fait que toutes les créatures qui passaient sous ses yeux rappelaient à son esprit le Créateur de toutes choses,- et que,
dana tractans, coeno filiorum hominum inquinaretur. Ubi vero domum rediverat, intrabat sécréta cordis sui et latitantem conscientiam ad examen vocabat, et, cogitationibus inter se invicem accusantibus aut etiam def'endentibus, sollicite inquirebat, studiose emendabat, severe puniebat, si quid imprudens ex ore excidisset aut incaute operatus esset : adeo diligens erat in custodiendis viis Domini, qui mandavit mandata sua custodiri nimis.
Orationis nunquam studium intermittit ac Deum sibi semper procsentem providet.
XXX. — Assiduae autem orationi deditus. a divinarum rerum contemplatione nullis turbis, nullis negotiis, nullis rébus aut laetis aut tristibus abstrahebatur. Deum enim semper praesentem menti habebat et in ejus conspectu stabat, omnia autem quae ipsius oculis observabantur, diligenti cura sanctaque industria effecerat ut rerum omnium Creatorem in ejus mentem revocarent, et Dei gloriam divinasque laudes ei suo modo loquentes ad cœlestem pulchritudinem contemplandam excitaient. Itaque semper modestus et mitis, man-
chantant à leur manière la gloire et les louanges de Dieu, elles l'excitaient à contempler la beauté céleste. Cest pourquoi, toujours modeste et doux, affable et bénin, en toutes choses d'une admirable égalité d'âme, il n'était ni emporté par les événements heureux, ni troublé par les contraires, pouvant dire avec le Prophète : « Je voyais le Seigneur devant moi et Pavais toujours en ma présence, car il est à ma droite pour que je ne sois pas ébranlé. »
XXXI. — Jamais il ne s'abstint du sacrifice non sanglant de l'autel, vivant de manière à le pouvoir offrir tous les jours. Et ne pouvant, quelques m ois avant sa mort, se tenir sur les pieds, à cause de l'infirmité considérablement accrue de ses jambes, il assistait tous les jours au sacrifice de la messe, et, réconforté par le pain des anges, après une humble action de grâces, il récitait avec un vif sentiment les prières accoutumées prescrites par l'Eglise pour lesagonisants, comme devant lui -même bientôt s'envoler de la prison du corps à la céleste patrie.
XXXII. — Car il était animé envers Dieu d'une foi vive, dont, toute sa vie, il a été le soutien et le défenseur intré-
suetus et benignus, in omnibus mirabili animi aequalitate utens, neque laetis efferebatur, neque turbabatur adversis, quia cum Propheta dicere poterat : Providebam Domimim in conspectu meo sempev, qitoniam a dextris est mihi ne commovear. Sacrifiai missae oblationi quotidie vacat; per preces pro agonizantibus sibi mortem sanctam parât.
XXXI. — Ab incruento altaris sacrifîcio nunquam abstinuit, ita vivens ut quotidie offerre posset. Et quia, nonnullis ante obitum mensibus, ob tibiarum morbum gravissime adauctum, pedibus insistere nequibat, aderat quotidie missae sacriricio, et, pane angelico refectus, post humilem gratiarum actionem, solemnes Ecclesias preces pro agonizantibus praescriptas, veluti propediem ex corporeo carcere ad cœlestem patriam migraturus, pro animi sensu recitabat.
Strenuus fidei defensor, haeresis jansenianae damnationem promovet.
XXXII. — Viva enim in Deum fide atiimabatur, cujus dum vixit strenuus defensor et propugnator fuit; nam, exorta in Galliis hasre-
pide. En France s'était élevée la tempête de l'hérésie, qui emportait tout dans son tourbillon : le serviteur de Dieu gémit en vovant la foi catholique altérée chez plusieurs par le poison janséniste, la simplicité de beaucoup devenue le jouet de l'astuce des hérétiques, et un grand nombre de personnes de tout rang entraînées dans de pernicieuses opinions. Embrasé donc du saint zèle de Dieu, il crut devoir saisir les armes de la foi contre des ennemis communs, et, cherchant à plaire à Dieu plutôt qu'aux hommes, il excita les sacrés pasteurs de l'Eglise à veiller sur le troupeau du v Seigneur Christ, et à ne pas permettre aux loups ravissants de tuer en cachette les brebis du Seigneur. Aussi, par toutes les instances et les exhortations qui étaient en son pouvoir, il détermina quatre-vingt-cinq évêques de France, auxquels d'autres se joignirent dans la suite, à déférer la maladie qui s'insinuait en secret et la contagion cachée à la chaire de Pierre, faîte de l'apostolat, à qui Ton doit rapporter tous les périls et les scandales qui s'élèvent dans le royaume de Dieu, notamment ceux qui blessent la foi, pour que les pertes de la foi soient au plus tôt réparées là où la
tica tempestate, quae turbine suo cuncta turbaverat, ingemuit Dei Servus, postquam sensit catholicam fidem in plerisque janseniana labe violari, et ab haereticorum astutia plurimorum illudente simplicitati ex omni ordine multos in pravum sensum trahi. Itaque sancto Dei zelo succensus, contra communes hostes arma fidei arripienda censuit, et quaerens Deo, non hominibus placere, sacros Ecclesiae pastores excitavit, ut, supra Christi Domini ovile excubias agentes, non sinerent lupos rapaces Dominicas oves latenter occidere. Itaque eo, quantum poterat, hortante ac suadente, octoginta quinque Galliarum Episcopi, quibus postea alii adjuncti sunt, clam irrepentem morbum et latentem pestem ad culmen Apostolatus, ad Cathedram Pétri detulerunt, ad quam pericula quaeque et scandala in regno Dei emergentia. ea prassertim quae fidem laedunt, referenda sunt, ut ibi potissimum damna fidei resarciantur ubi nequit fides sentire detectum. Itaque, datis ad felicis recordationis Innocentium X praedecessorem nostrum litteris, Galliarum Praesules humillimis precibus postularunt ut apostolico ore pullulantes damnarentur errores, quo suis constabilita regulis Ecclesia, et eo quod illi timebant pronun-
foi ne saurait sentir de défaillance. C'est pourquoi, dans leurs lettres adressées à Innocent X d'heureuse mémoire, notre prédécesseur, les évêques de France lui demandèrent avec de très humbles prières de condamner de sa bouche apostolique les erreurs qui pullulaient, afin que l'Eglise, rétablie dans ses règles, et raffermie par un décret dont les méchants redoutaient la juste proclamation, fermât tout accès à ces hommes qui, armés d'ambiguïtés perverses et de sophismes artificieux, sous prétexte de défendre la foi catholique, et exhalant un poison mortel, cherchaient à corrompre et à entraîner au mal les cœurs des hommes bien pensants, et à renverser toute la vraie doctrine touchant le libre arbitre, la grâce de Dieu et la rédemption des hommes par la passion et la mort du Seigneur Christ.
XXXI II. — Dès que la réponse fut venue de Rome Vincent reçut le décret du successeur de Pierre avec soumission et respect de cœur, et, triomphant dans le Seigneur de voir la cause finie par la sentence du Siège apostolique, il travailla avec grand zèle à mettre aussi fin à Terreur. Son premier soin et sa première sollicitude fut d'écarter de
tiationis justae firmata decreto, improbis ad eam aditus patere non posset, qui, perversis instructi verborum ambagibus et callidis argumentorum argutiis, sub imagine catholicas fidei disputantes et pestiferum exhalantes virus, hominum recte sentientfum in deteriorem partem corda corrumpere, et totam veri dogmatis de libero arbitrio et gratia Dei, et hominum redemptione per passionem et mortem Christi Domini quasrebant evertere veritatem.
Ut décréta Pontifieia observentur indefesse allaborat. XXXIII. — Ubi vero responsum Roma venit, decretum successoris Pétri submissa animi veneratione suscepit, et exultans in Domino sententia Apostolicae Sedis causam finitam esse, ut tandem fïniretui error summo studio allaboravit; et prima ejus cura ac sollicitudo fuit, ut ab omnibus religiosis cœtibus quos ipse fundaverat, vel quorum curam gerebat, occulta catholicie fidei inimica pcsti arccrctur, ne tabidae alicujus partis contagione sana quoque membra corrumperentur. Praeterea magnam noscens esse pietatem prodere latebras' impiorum, et ipsum in eis cui serviunt diabolum debellare, apostolica libertate, qualis in negotio fidei servum Dei decet, regem, iegi-
toutes les communautés religieuses qu'il avait lui-même fondées ou qu'il dirigeait la peste cachée ennemie de la foi catholique, de peur que la contagion de quelque membre infecté ne corrompît même les plus sains. Ensuite, sachant que c'est un grand devoir de piété de découvrir les retraites des impies et de combattre en eux le diable même qu'ils servent, avec la liberté apostolique qui, en matière de foi, convient à un serviteur de Dieu, il ne cessa d'engager le roi, la reine et leurs ministres à ramener par de justes châtiments les réfractaires à l'obéissance, à chasser du royaume de France, comme une peste publique, les opiniâtres dans Terreur, à mettre ainsi la rigueur du pouvoir séculier au service de la douceur de l'Eglise qui, contente du jugement sacerdotal et bien éloignée des vengeances sanglantes, est néanmoins aidée par les constitutions sévères des princes chrétiens, parce que les rebelles recourent quelquefois au remède spirituel par la crainte du supplice corporel.
XXXIV. — Enfin, plein de jours et de mérites; parvenu déjà à la quatre-vingt-cinquième année de son âge; brisé non moins par la vieillesse que par les travaux corporels embrassés avec joie pour les œuvres de piété et le salut des âmes qui l'occupaient sans cesse, et supportés avec courage
nam, regiosque ministros commonere non destitit, ut debitis pœnis contumaces ad obedientiam inducerent, pertinaces vero in suis erroribus e toto Galliarum regno tanquam pestiferam luem propellerent, atque ita secularis districtio prodesset eccleslasticœ lenitati, quae et si sacerdotali contenta judicio cruentas refugit ultiones, severis tamen christianorum principum constitutionibus adjuvatur, dum ad spirituale nonnunquam recurrunt remedium qui timent corporis supplicium.
Moriturus plenus dierum, cœlestia anhelat.
XXXIV. — Demum plenus dierum et meritorum, cum ad octogesimum quintum suae aetatis annum pervenisset, non minus senio quam corporis laboribus quos, pietatis operibus et animarum saluti jugiter intentus, alacriter susceperat et ad extremum usque spiritum fortiter toleraverat, fractus, Ecclesiae sacramentis munitus, cœlestia anhelans, terrena despiciens, sacerdotibus extrema religionis officia
jusqu'au dernier soupir; muni des sacrements de l'Eglise ; aspirant au ciel et méprisant la terre; environné de ses prêtres qui lui rendirent les derniers devoirs de la religion; à ces paroles, a lui familières, qu'ils lui suggéraient : « O Dieu ! venez à mon aide, » leur répondant : « Seigneur, hàtez-vous de me secourir, » plein de confiance, non dans sa vertu, mais dans le secours divin, il consomma heureusement sa course à Paris, dans la maison de Saint-Lazare, maison desprêtres séculiers de laCongrégationdes Missions, le cinq des calendes d'octobre de l'an 1 660.
XXXV. — Après sa mort, la renommée de sa sainteté se répandit partout; Dieu lui-même l'attesta par beaucoup de signes et de miracles, par lesquels son admirable Providence attira une plus grande vénération aux restes inanimés de son serviteur, faisant connaître ainsi en quel honneur était auprès de Dieu l'âme de celui dont le corps, devenu inanimé au départ du principe vital, révélait si évidemment la présence de l'Auteur de la vie.
XXXVI. — C'est pourquoi l'on instruisit à Paris, suivant l'usage, et par l'autorité de l'ordinaire, deux procès,
praebentibus, ad verba illa sibi familiara : Deus, in adjutorium meum intende, respondens, Domine, ad adjuvandnm me festina, non de sua virtute, sed de divino adjutorio confisus, Parisiis, in domo S. Lazari presbyterorum secularium Congregationis Missionum, féliciter cursum consummavit, quinto calendas octobris anno millesimo sexcentesimo sexagesimo.
Miracula ejus sanctitatem testantia.
XXXV. — Post ejus mortem longe lateque fama sanctitatis percrjbuit, quam etiam multis Deus contestatus est signis et miraculis, quibus admirabilis ejus providentia abundantiorem exanimis servi sui reliquiis venerationem conciliavit, declarans quanto in honore apud Dcum ejus anima esset, cum apud ejus corpus, quod vita emigrante tanquam déforme remanseral, tam evidenter praesens vita; Dator appareret.
Introductio causse. Decretum de virtatihus in gradu heroico.
XXXVI. — Itaque Parisiis duo processus, ut mons est, auctoritate ordinaria constructi fuerunt : alter super tam a sanctitatis, virtutibus
l'un sur sa renomméede sainteté, ses vertus et ses miracles; Tautie pour prouver qu'aucun culte ne lui avait été rendu. Ces procès ouverts par la permission de Clément XI d'heureuse mémoire, notre prédécesseur, et leur validité reconnue dans la congrégation des sacrés rites le quatrième jour du mois d'octobre de Tan du Seigneur 1709, la commission d'introduction de la cause fut signée. Après avoir rempli toutes les formalités exigées par les décrets du Siège apostolique dans ces sortes de cause, on examina s'il constait de ses vertus théologales et cardinales au degré héroïque ; et après la dernière congrégation de nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, préposés aux sacrés rites, laquelle fut générale, Benoît XIII de pieuse mémoire, qui nous a précédé dans le pontificat, ordonna, le vingt-etunième jour du mois de septembre de l'an du Seigneur 1727, la publication du décret constatant les vertus tant théologales que cardinales au degré héroïque.
XXXVII. — On en vint ensuite a l'examen des miracles, qui se fit en trois congrégations, dont la dernière générale se tint le douzième jour du mois de juillet de la même année,
et miraculis, alter vero super cultu non exhibito. Quibus permissu felicis recordationis Clementis XI praedecessoris nostri, apertis, eorumque validitate in sacrorum Rituum Congregatione approbata, die quarta mensis octobris anno Domini millesimo septingentesimo nono, commissio introductionis causae signata fuit. Subinde, praemissis omnibus quae ex Apostolicae Sedis praescripto in hisce causis exigu n tu r, tractatum est an constaret de virtutibus theologalibus et cardinalibus in gradu heroico. Post ultimam autem congregationem venerabilium fratrum Nostrorum sanctae Romanae Ecclesiae cardinalium sacris ritibus praepositorum, quae generalis fuit, piae memoriae Benedictus XIII, qui Nobis in Pontificatu praecessit, die vigesinra prima mensis septembris anno Domini millesimo septingentesimo vigesimo septimo, decretum, videlicet constare de virtutibus tum theologalibus tum cardinalibus in gradu heroico, publicari man-
davit.
Decretum approbans quatuor miracula.
XXXVII. — Ventum est deinde ad examen miraculorum, quod peractum fuit in tribus congregationibus, quarum ultima generalis
et 011 y approuva quatre miracles, consistant : le premier en la guérison subite de Claude- Joseph Compoin, aveugle; le second dans la parole et les forces instantanément rendues à Marie-Anne Lhuillier, enfant de huit ans, muette de naissance, et impuissante à remuer ses membres inférieurs; le troisième, dans la guérison instantanée de la sœur Mathurine Guérin d'un ulcère invétéré et malin à la jambe ; le quatrième enfin, dans la guérison subite d'Alexandre-Philippe Le Grand d'une paralysie invétérée et obstinée.
XXXVIII. — Ce que ladite congrégation des rites avait jugé touchant ces miracles, le même Benoît notre prédécesseur Ta confirmé, et, donnant, le treizième jour du mois d'août de l'an du Seigneur 1729, son assentiment au décret de la même congrégation des rites, prononçant qu'il y avait lieu à la solennelle béatification du serviteur de Dieu, il inscrivit Vincent de Paul au nombre des bienheureux, et il permit, de son autorité apostolique, que, tous les ans, en certains lieux, au jour anniversaire de l'heureux décès du bienheureux serviteur de Dieu, on en récitât l'office et on en célébrât la messe, comme d'un confesseur non pontife,
habita fuit die décima secunda mensis julii ejusdem anni, et approbata fuerunt quatuor miracula, scilicet : primurm subitae sanationis Claudii Josephi Compoin a caecitate; secundum, instantaneae largitionis loquelae et virium Maria; Annae Lhullier puellae octenni a nativitate mutae, et ad motum artuum inferiorum impotenti; tertium, instantaneae sanationis sororis Mathurinse Guerin ab inveterato et maligno ulcère in tibia ; quartum vero subitae sanationis Alexandri Philippi Le Grand abinveterata et contumaci paralysi. Beatificatio Servi Dei.
XXXVIII. — Quod autem de miraculis a praefata Rituum Congregatione judicatum fuit idem Benedictus prœdecessor noster confirmans, ejusdemque Rituum Congregationis esse locum solemni Servi Dei beatiricationi pronuntiantis decreto annuens, die décima tertia mensis augusti anno Domini millesimo septingentesimo vigesimo nono, Vincentium a Paulo in Beatorum numerum adscripsit, et ut de beato Dei servo, quotannis die anniversaria felicis ejus obitus, quibusdam in locis officium recitaretur, et celebraretur missa de confessore non pontifice juxta rubricas breviarii et missalis romani,
selon les rubriques du bréviaire et du missel romains ; et ensuite, que le nom du même serviteur de Dieu fût inse'ré parmi les saints qui se lisent dans le martyrologe romain, et qu'on récitât publiquement, au second nocturne, les leçons propres du même bienheureux Vincent, approuvées par ladite congrégation des rites, après avoir entendu le promoteur de la foi.
XXXIX. — Des lettres rémissoriales et compulsoriales ayant été ensuite expédiées pour faire, par autorité apostolique, le procès ordinaire sur les nouveaux miracles qui étaient survenus depuis le décret de la béatification du même serviteur de Dieu, et ce procès ayant été apporté à Rome et sa validité reconnue, après les congrégations d1usage appelées antépréparatoire et préparatoire, l'examen des miracles fut déféré à nous qui, par une disposition de la bonté divine, avions succédé au même Benoît XIII dans le sacré fardeau de l'apostolat; et une congrégation générale ayant été tenue devant nous le trentième jour du mois de janvier de Pan du Seigneur 1736, après avoir entendu les avis de nos vénérables frères et imploré l'appui du secours divin, le
apostolica auctoritate induisit, ac deinde ut ejusdem servi Dei nomen inter sanctos qui in romano martyrologio leguntur, referretur, et propriae de eodem beato Vincentio lectiones a praenominata Rituum Congregatione, audito fidei promotore, approbatse, in secundo nocturno publice recitarentur permisit.
Decretum approbans duo nova miracula.
XXXIX. — Expeditis postea litteris remissorialibus et compulsorialibus pro conficiendo consueto auctoritate apostolica processu super novis miraculis quae supervenerant post decretam ejusdem servi Dei beatificationem, eoque ad Urbem delato et ejusdem validitate recognita, prasmissis consuetis congregationibus prœparatoriis et antipraeparatoriis nuncupatis, miraculorum examen delatum est ad Nos, qui eidem Benedicto XIII in sacro apostolatus onere, divina disponente bonitate, successimus; et, congregatione generali coram Nobis habita, die trigesima mensis januarii anno Domini millesimo septingentesimo trigesimo sexto, auditis venerabilium tratrum Nostrorum sententiis, post imploratum divinae opis praesidium, die vigesima quarta mensis junii ejusdem anni, duo ex septem quœ
vingt-quatrième jour du mois de juin de la même année, nous approuvâmes pleinement deux des sept miracles qui étaient présentés, à savoir le premier, consistant en la guérison instantanée de Marie-Thérèse de Saint-Basile d'ulcères putrides et invétérés, avec une longue et opiniâtre rétention d'urine et une énorme hydropisie; et le second, consistant en la guérison instantanée de François Richer d'une hernie complète, invétérée et désespérée.
XL. — Cela fait, et une congrégation générale ayant été de nouveau tenue devant nous, il fut posé en délibération si Ton pouvait sûrement procéder à la solennelle canonisation du bienheureux Vincent de Paul, et nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine ayant donné leur assentiment par un vote unanime, nous prononçâmes solennellement le décret sur l'achèvement de la canonisation.
XLI. — Plusieurs mois après, nous ordonnâmes de convoquer, suivant l'usage, un consistoire secret, dans lequel notre chère fils Antoine-Félix, cardinal-prêtre du titre de Sainte-Praxède, appelé Zondanari, en son nom et en celui
afferebantur miraculis plene approbavimus, videlicet : primum instantanés sanationis Mariae Theresiœ a Sancto Basilio a putridis et diuturnis ulceribus cum longa et contumaci urinae retentione, atque enormi hydrope ; et secundum, instantaneae sanationis Francisci Richer ab hernia pertecta, inveterata et desperata. Decretum de peragenda eanonizatione.
XL. — Quod cum a nobis peractum fuissct, habita iterum coram nobis generali congregatione, in deliberatione positum est, an tuto procedi posset ad solemneni beati Vincentii a Paulo canonizationem ; et, unanimi voto venerabilibus fratribus Nostri sanctae Roniana; Ecclesiae Cardinalibus assentientibus, decretum de peragenda eanonizatione solemniter pronunciavimus.
Sententia affirmativa omnium Cardinalium.
XLI. — Pluribus mensibus postea elapsis, Nos consistorium secretum de more convocari jussimus, in quo dilectus rilius Antonius Félix, tituli Sanctae Praxedis Presbyter Cardinalis Zondanarius nuncupatus, suo et totius Congregationis sacrorum Rituum nomine,
de toute la congrégation des sacrés rites, a d'abord dit dans un rapport que les écritures, le procès et tous les actes de la cause avaient été faits dans les règles, et qu'ils avaient pleine force d'autorité et de preuve légitime; ensuite, après une exacte exposition de la vie, des vertus et des miracles du bienheureux Vincent, que lui et les autres cardinaux de ladite congrégation étaient d'avis unanime que le bienheureux Vincent pouvait, s'il nous paraissait ainsi, être inscrit au catalogue des saints; avis auquel accédèrent tous les autres cardinaux qui étaient présents.
XLII. — N'ayant donc absolument rien omis, dans une affaire si sainte et si grave, des nécessaires précautions prescrites par la coutume et les règlements de nos prédécesseurs, nous décrétâmes qu'on passerait outre: et quelques jours après, un consistoire public fut réuni, dans lequel notre cher fils Thomas Antamori, avocat consistorial de notre cour, après avoir longuement raconté l'excellente charité du 6ienheureux Vincent, l'innocence de sa vie et ses miracles, au nom de notre très cher fils en Jésus-Christ, Louis, roi de France très chrétien, et de notre très chère fille en Jésus-
primum retulit acripturas processuum omniaque causae acta rite confecta fuisse, et plenissimam auctoritatis et légitima; probationis vim obtinere; deinde, beati Vincentii vita, virtutibus ac miraculis diligenter expositis, se et ceteros dictas Congregationis Cardinales unanimi suffragio censere beatum Vincentiurn, si ita Nobis videretur, posse in sanctorum cataloguai adscribi : in quorum sententiam reliqui omnes Cardinales qui praesentes aderant concesserunt.
Postulatio canonizationis in publico consistorio : preces et jejunia indicta.
XLIF. — Quare, in tam sancto ac gravi negotio, nihil omnino necessariae diligentiae praetermittentes, ex more institutoque majorum, decrevimus ut ad ulteriora procederetur. Et post nonnullos dies • publico consistorio congregato, in eo dilectus filius Thomas Antamorus, consistorialis aulae nostras advocatus, eximia beati Vincentii . charitate, vitae innocentia et miraculis copiose enarratis, charissimi ' in Christo filii nostri Ludovici Francorum Régis Christianissimi et charissimas in Christo filiae nostras Marias eorumdem Francorum Reginae Christianissimae ejus conjugis, aliorum catholicorum prin- i cipum, neenon venerabilium fratrum Nostrorum Archiepiscoporum
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Christ, Marie, également reine de France très chrétienne, son épouse, d'autres princes catholiques et de nos vénérables frères les archevêques et évêques, et de tout le clergé du royaume de France, de plus de toute la Congrégation des prêtres séculiers de la Mission, nous demanda humblement que nous voulussions mettre le bienheureux Vincent au catalogue des saints. Nous donc, étant d'avis, vu la grandeur d'une si grave affaire, qu'il en fallait encore plus mûrement délibérer avec nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine et les autres archevêques et évêques, nous indiquâmes des prières publiques et des jeûnes, et nous exhortâmes tous les fidèles du Christ à prier Dieu avec nous de nous donner son esprit de sagesse et d'intelligence, pour que nous connussions ces secrets célestes que la raison humaine ne peut comprendre, et d'éclairer les yeux de notre esprit pour que nous discernassions ce que, dans une si grave cause, il fallait décider selon le bon plaisir divin.
XLIII. — Ensuite nous tînmes un autre consistoire demipublic, auquel encore les patriarches, les archevêques et les évêques se trouvant en la cour romaine, et nos proto-
et Episcoporum et universi cleri regni Galliarum, totiusque insuper Congregationis presbyterorum secularium Missionls nomine, ut beatum Vincentium in sanctorum catalogum referre vellemus, supplicitera Nobis postulavit. Nos autem, pro rei gravissimas magnitudine, maturius adhuc cum venerabilibus fratribus Nostris sanctae Romanas Ecclesiae Cardinalibus et ceteris Archiepiscopis et Episcopis deliberandum esse censentes, publicas orationes et jejunia indiximus, atque omnes Christi fidèles hortati sumus ut Deum nobiscum precarentur, ut daret nobis Spiritum sapientiae et intellectus, quo hase arcana cœlestia, quae ratione humana comprehendi non possunt, cognosceremus, et illuminaret oculos mentis nostras, ut quid in hac gravissima causa secundum divinum beneplacitum statuendum esset perspiceremus.
Sententia de novo affirmativa in consistorio semipublico : dies canonizationis indicta, et preces cum jejuaiis.
XLIII. — Deinde aliud consistorium semipublicum a Nobis habitum est, in quo etiam Patriarchas, Archiepiscopos et Episcopos in curia romana existentes, protonotarios quoque nostros qui ex nu-
BULLE DE CANONISATION j6~
notaires dits du nombre des douze, et les auditeurs des causes du sacré Palais apostolique assistèrent par notre ordre; et, eux présents, après leur avoir longuement parlé de Téminente sainteté du serviteur de Dieu et de la célébrité de ses miracles, avoir encore énuméré les instances des princes catholiques et surtout les ardentes prières de toute la congrégation des prêtres séculiers de la Mission, nous les invitâmes tous à exposer leur sentiment par de libres suffrages; et eux, ayant dit les uns après les autres et par ordre leurs avis fortement motivés, répondirent d'une voix, et bénissant Dieu, que le bienheureux Vincent devait être rangé parmi les saints confesseurs. A la vue de leur consentement général, avec les affections les plus intimes de notre cœur, nous nous réjouîmes dans le Seigneur, qui réunissait les volontés de nos frères pour que son nom fût glorifié dans son serviteur, et qui poussait nos cœurs et éclairait nos esprits pour l'honorer autant que le peuvent des hommes mortels. Alors nous fixâmes le jour de la canonisation, et nous les avertîmes de persévérer dans les prières et les jeûnes pour nous obtenir la lumière et le secours d'en haut à l'effet d'accomplir un si grand ouvrage.
mero dicuntur, et sacri Palatii Apostolici causarum auditores intéresse jussimus. Quibus pruesentibus cum plura a nobis de eximia sanctitate Servi Dei ac miraculorum celebritate commemorata fuissent, recensitis etiam instantiis catholicorum principum, et prœsertim enixis precibus universae Congregationis presbyterorum sccularium Missionis, omnes rogavimus ut quid censerent liberis suffragiis exponerent. Illi autem singuli, ex ordine gravibus sententiis dictis, responderunt, uno ore benedicentes Deum, beatum Vincentium inter sanctos confessores reponendum esse. Horum omnium audito consensu, intimo cordis affectu exultavimus in Domino, qui concordes erficeret fratrum nostrorum voluntates, ut nomen ejus glorirïcaretur in servo suo, ad quem honorandum, quantum homines mortales possunt, corda nostra impelleret et mentes nostras illustraret. Itaque canonizationis diem indiximus, eosque monuimus ut, in orationibus ac jejuniis persévérantes, Nobis in tanto opère exequendo supernum lumen atque auxilium impetrarent.
XLIV. — Ayant donc exactement accompli tout ce qui se devait faire d'après les sacrées constitutions et la coutume de l'Église romaine, aujourd'hui, jour du dimanche .de la très Sainte-Trinité, nous nous sommes rendu à la basilique sacro-sainte de Latran, décemment ornée, avec nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, et les patriarches, archevêques et évêques, les prélats de la cour romaine, nos officiers et les personnes de notre famille, le clergé séculier et régulier, et une très grande affluence de peuple; et là, notre très cher fils Nérée, cardinal-diacre de la sainte Église romaine, du nom de Corsini, notre neveu selon la chair, nous ayant réitéré par la bouche du même avocat Thomas Antamori les instances pour le décret de canonisation, après le chant des sacrées prières et litanies et l'humble invocation de la grâce du Saint-Esprit : A l'honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour l'exaltation de la foi catholique et l'augmentation de la religion chrétienne, de l'autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et de la nôtre, après mûre délibération et la fréquente invocation du
B. Vincentius Sanctus solemniter declaratur. Ejus festum 19 julii quotannis
celebrandum.
XLIV. — Omnibus autem rite absolutis quae ex sacris constitutionibus Roma naeque Ecclesiae consuetudine peragenda erant, hodie, quae fuit dies dominica Sanctissimae Trinitatis, in sacrosanctam Lateranensem basilicam decenter ornatam, cum venerabilibus fratribus Nostris sanctas Romanae Ecclesiae Cardinalibus, nccnon Patriarchis, Archiepiscopis et Episcopis, romanaeque curiae prœlatis, officialibus et familiaribus nostris, clero seculari et regulari, ac maxima populi frequentia, convenimus : ubi, repetitis pro canonizationis decreto petitionibus a dilecto filio nostro Nereo, S. R. Ecclesiae Diacono Cardinali Corsino nuncupato, nostro secundum carnem ex fratre nepote, per eumdem Thomam Antamorum advocatum, et decantatis sacris precibus et litaniis, ac Spiritus sancti gratia humiliter implorata : ad honorem sanctas et individuae Trinitatis, ad exaltationem fidei catholicae et christianae religionis augmentum, auctoritate Domini Nostri Jesu Christi, beatorum apostolorum Pétri et Pauli ac Nostra, matura deliberatione piV^sbita, et divina ope
secours divin, de Pavis et consentement de nos vénérables, frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, les patriarches, archevêques se trouvant dans la ville, nous avons décrété, défini que le bienheureux Vincent de Paul est saint, et Pavons inscrit au catalogue des saints, comme, par la teneur des présentes, nous décrétons, définissons et inscrivons semblablement, et nous avons ordonné et ordonnons à tous les fidèles du Christ de Phonorer et le vénérer comme vraiment saint, statuant que, dans toute PEglise, on puisse bâtir et consacrer en son honneur des églises et des autels où des sacrifices seront offerts à Dieu, et que chaque année, le dix-neuvième jour de juillet, sa mémoire puisse être célébrée avec une pieuse dévotion entre les saints confesseurs non pontifes.
XLV. — Et de la même autorité, nous avons remis et remettons miséricordieusement dans le Seigneur, en la forme accoutumée de PEglise, à tous les fidèles du Christ, vraiment pénitents et confessés, qui, chaque année, le même jour de la fête, viendront visiter le sépulcre dans lequel repose son corps, sept années et autant de quarantaines des
sœpius implorata, ac de venerabilium fratrum Nostrorum sanctae Romanas Ecclesiaî Cardinalium, Patriarcharum, Archiepiscoporum in Urbe existentium consilio et consensu, beatum Vincentium a Paulo sanctum esse decrevimus, definivimus, ac Sanctorum catalogo adscripsïmus, prout tenore praesentium similiter decernimus, definimus et adscribimus, illumque universos Christi fidèles tanquam vere Sanctum honorare et venerari mandavimus et mandamus; statuentes, ut in universali Ecclesia in ejus honorem ecclesias et altaria in quibus sacrificia Deo offerantur aedificari et consecrari, et singulis annis die décima nona mensis julii memoria ipsius inter sanctos confessores non pontifices pia devotione recoli possit.
Eodem die, indulgentia 7 annorum et 7 quadragenarum.
XLV. — Eademque auctoritate omnibus Christifidelibus vere pœnitentibus et confessis, qui annis singulis eodem festo die ad sepul-j chrum, in quo corpus ejus requiescit, visitandumaccesserint, septem annos- et totidem ouadragenas de injunctis eis aut alias quomodo-
pénitences à eux imposées, ou dont d'ailleurs, et en quelque façon que ce soit, ils se trouvent redevables.
XLVI. — Ces choses finies, nous avons vénéré de nos hommages et de nos louanges Dieu le Père éternel, et le roi de gloire le Seigneur Christ, Fils du Père éternel, et le Saint-Esprit Paraclet, un seul Dieu et un seul Seigneur; nous avons chanté solennellement l'hymne sacrée Te Deum, et accordé à tous les fidèles du Christ alors présents l'indulgence plénière et la rémission de tous leurs péchés; puis, à cause de nos infirmités corporelles, de notre santé affaiblie et de notre âge avancé, nous nous sommes retiré de la même église de Latran, y laissant nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, les archevêques, évêques, et tout le clergé et le peuple, en présence de qui notre vénérable frère Thomas, cardinal de la sainte Eglise romaine, évêque de Palestrine, du nom de Rufo, a, comme plusancien cardinal en ordre, célébré solennellement la messe, avec mémoire du saint confesseur, sur le grand autel de ladite basilique, par induit et permission de nous.
libet debitis pœnitentiis misericorditer in Domino relaxavimus, et relaxamus in forma Ecclesiae consueta.
Te Deum solemniter decantatur et omnibus prsesentibus conceditur indulgentia plenaria. Missa solemnis de Sancto. XLVI. — His peractis, Deum Patrem seternum regemque glorice Christum Dominum Patris sempiterni Filium, et Sanctum Paraclitum Spiritum, unum Deum unumque Dominum laudibus et confessionibus venerati, sacroque hymno Te Deum solemniter decantato, omnibusque Chnstifidelibus tune praesentibus plenaria omnium peccatorum suorum indulgentia et remissione concessa, propter corporales nostras infirmitates affectamque valetudinem senilemque aetatem, ab eadem Lateranensi ecclesia recessmus, remanentibus in ea venerabilibus fratribus Nostris sanctas Romanae Ecclesiae Cardinalibus. Archiepiscopis, Episcopis, et universo clero et populo, quibus preesentibus a venerabili fratre nostro Thoma, sanctae Romanae Ecclesiae Cardinali Episcopo Praenestino Ruffb nuncupato, tanquam Cardinali in ordine antiquiori, in ara maxima praefatae basilicae, ex indulto et de licentia NostVa solemniter missa cum Sancti ejusdem confessons commemoratione celebrata est.
XLVII. — Or, il convient de rendre grâces et de donner gloire au Dieu vivant dans les siècles des siècles, qui a béni notre coserviteur de toute bénédiction spirituelle, pour qu'il fût saint et immaculé devant lui; et puisqu'il nous Ta donné comme un soleil brillant dans son temple en cette nuit de nos péchés et de nos tribulations, abordons avec confiance le trône de sa divine miséricorde, demandant de bouche et d'action, que saint Vincent serve à tout le peuple chrétien par ses mérites et ses exemples, qu'il l'assiste de ses prières et de son patronage, et qu'au temps de la colère il devienne notre réconciliation.
XLVIII. — Au reste, comme il serait trop difficile de porter ces présentes lettres originales en chacun des lieux où besoin serait, nous voulons qu'à leurs copies, même imprimées, signées de la main d'un notaire public et munies du sceau de quelque personne constituée en dignité ecclésiastique, la même foi soit partout ajoutée qu'à ces présentes mêmes.
XLIX. — Qu'il ne soit donc permis à aucun homme de violer cette page de notre décret, inscription, mandat, sta-
Gratias agit et gloriam dat Deo Summus Fontifex ac S. Vincentii opem implorât.
XLVII. — Decet autem nos gratias agere et gloriam dare Deo vivent! in secula seculorum, qui benedixit conservum nostrum in omni benedictione spirituali, ut esset sanctus et immaculatus coram ipso; et cum illum dederit nobis quasi fulgentem solem in templo suo in hac nocte peccatorum et tribulationum nostrarum, adesmus cum fiducia thronum divinae misericordias, ore et opère supplicantes, ut sanctus Vincentius universo christiano populo prosit meritis et exemplo, precibus adsit et patrocinio, etintempore iracundiae riat reconciliatio.
XLVIII. — Ceterum, quia nimis difficile foret prsesentes nostras originales litteras ad singula loca ubi opus esset deferri, volumus ut earum exemplis etiam impressis, manu publici notarii subscriptis et sigillo alicujus personae in dignitate ecclesiastica constitutae munitis, eadem quae ipsis praesentibus fides ubique adhibeatur.
XLIX. — Nul li ergo omnino hominum liceat hanc paginam Nostrorum decreti, adscriptionis, mandati, statuti, concessionis,
tut, concession, largesse et volonté, ou d'y contredire pat une audace téméraire. Et si quelqu'un avait la présomption de la tenter, qu'il sache qu'il encourra l'indignation du Dieu tout-puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul.
Donné à Rome, à Saint-Jean de Latran, l'an de l'Incarnation du Seigneur, 1737, le seize des calendes de juillet, de notre pontificat la septième année.
f CLÉMENT, Êvêque de l'Église catholique.
Saint Vincent de Paul déclaré Patron des œuvres et
associations de Charité, par Sa Sainteté le pape Léon XII!,
le 12 mai 1885.