‹ La vie de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 193 sur 201 · URBIS ET ORBIS · texte numérisé non relu

URBIS ET ORBIS

Traduction

La grâce demandée dans les suppliques de trois cent quatre-vingt-treize vénérables évêques et prélats de la sainte Eglise et de cinq supérieurs généraux de Congrégations religieuses, savoir : que saint Vincent de Paul soit

elargitionis et voluntatis infringere, vel ei ausu temerario contradicere. Si quis autem hoc attentare praesumpserit, indignationem omnipotentis Dei, ac BB. Pétri et Pauli apostolorum ejus se noverit incursurum.

Datum Romse, apud sanctum Joannem in Laterano, anno Incarnationis Dominicae millesimo septingentesimo trigesimo septimo, sexto decimo calendas julii, Pontificatus nostri anno septimo.

f Ego CLEMENS, Catholicce Ecclesiœ Episcopus.

S. VINCENT DE PAUL DECLARE PATRON 4j3

déclaré Patron universel de toutes les institutions catholiques de charité qui tirent de lui leur origine, a déjà été accordée, à l'occasion de la cinquantième année des Conférences séculières, par le Souverain Pontife régnant Léon XIII, pour tout le territoire de la France, par Bref enregistré sous ces mots : Christianos heroas du 22 juin i883; et, ensuite, par décret de cette Sacrée Congrégation, du 23 décembre 1884, la même faveur fut appliquée à tous les diocèses d'Irlande.

Il s'agit maintenant d'étendre cet honneur et ce patronage à tout l'univers catholique.

Une objection préjudicielle pourrait, au premier abord, se présenter à l'esprit. La voici : Pourquoi vouloir attribuer aujourd'hui un patronage universel, sur les œuvres et les établissements de charité, à un saint qui est de ces derniers temps et qui ne compte pas encore un siècle et demi de canonisation, lorsque l'Eglise catholique a vénéré et vénère sur les autels tant d'autres héros du christianisme non moins illustres, mais plus anciens, on ne peut plus célèbres par l'exercice de la charité chrétienne, et qui rendirent des services multipliés à la société religieuse et à la société civile, par leurs œuvres, pendant la vie, et, même après la mort, par leurs sages et bienfaisantes institutions?

Pour résoudre cette difficulté, le rapporteur croit que, sans établir aucune comparaison entre les saints, si nombreux et si glorieux, qui se sont distingués dans l'exercice des œuvres de miséricorde, il suffit d'exposer brièvement les titres particuliers et caractéristiques de la charité de saint Vincent de Paul, telle qu'il la pratiqua et la propagea : ces titres, qu'on peut réduire à six, donnent à sa vertu, aux yeux de l'Eglise et du monde, un caractère spécial et tout à fait distinctif.

Remarquons : i° Y art admirable transmis par lui comme un héritage à ses disciples et imprimé comme un cachet sur ses institutions, cet art qui savait employer les œuvres

de charité extérieure et corporelle pour gagner les âmes à Dieu, les retirer du mal et moraliser la société tout entière. Servus Dei (ce sont les paroles de Clément XII dans la Bulle de canonisation Superna Hierusalem, du 16 juin 1737) perfecta ardens charitate. . . agebat quantum poterat ut proximus salvus corpore salvusque animo esset, ita tamen ut omnem corporum curam ad salutem animarum, de qua potissima débet esse sollicitudo, referret.

20 La multiplicité vraiment prodigieuse des œuvres charitables auxquelles il s'appliqua et donna la vie; unissant toujours cette double fin : aider le prochain dans toutes sortes de besoins temporels pour le rendre meilleur dans son état religieux et moral. Elles sont célèbres dans les fastes de l'Eglise, les grandes entreprises et leurs fruits abondants de salut, les associations qu'il a fondées ou réformées : les Prêtres de la Mission, pour l'éducation et la réforme du clergé, ainsi que pour l'évangélisation des pauvres, des ignorants et du peuple de la campagne; les Filles de la Charité, pour servir toutes sortes de malades, pour recueillir les enfants abandonnés, les vieillards et les malheureux de toutes les classes de la société; les Darnes de la Charité pour la ville, et les Sœurs de Charité pour les villages, destinées à l'assistance des hôpitaux publics et au secours des malades indigents à domicile, dans chaque paroisse ; les Sœurs de la Croix de la Providence et de Sainte- Geneviève, pour l'éducation et l'instruction des filles pauvres, des filles en danger ou abandonnées.

En outre, elle est vraiment merveilleuse et digne de mémoire la fondation de tant d'hospices et de refuges, qu'il a organisés et établis avec une rapidité inouïe, dans un ordre parfait, pour y accueillir les enfants trouvés, les esclaves, les aliénés, les incorrigibles, les prisonniers, les repenties, les artisans infirmes, les voyageurs et les marins, au point que l'Eglise a pu faire de lui cet éloge : Nullum fuit calamitatis genus cui paterne non occurrerit; et dans la Bulle

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