CHAP. XIV. IL EST AUMONIER DES GALERES
Cette réponse ayant été trouvée bien faite, M. Vincent la répéta et s'en servit pour faire avouer à cet hérétique qu'il n'avait pas eu raison de s'arrêter à cette difficulté, après avoir été instruit et informé de la croyance catholique, aussi bien sur cet article que sur les autres. Mais, ne le jugeant pas encore assez bien disposé pour faire son abjuration, il le remit à un autre jour, auquel il vint derechef se présenter; et ayant abjuré son hérésie à la face de toute la paroisse, il fit profession publique de la foi catholique, à l'édification de tout le pays, et y persévéra constamment depuis.
Ce qui se passa en la conversion de cet hérétique, et particulièrement le motif qui l'excita de renoncer à son hérésie et d'embrasser la foi catholique, savoir, le soin qu'on prenait d'instruire charitablement les pauvres gens de la campagne, donna sujet à M. Vincent, qui en faisait le récit un jour à Messieurs de sa Compagnie, de s'exclamer : « Oh ! quel bonheur à nous, Missionnaires, de vérifier la conduite du Saint-Esprit sur son Eglise, en travaillant, comme nous faisons, à l'instruction et sanctification des pauvres ! »