Héritiers
Io8 LA VIE DE S. VINCENT DE iJAUL
leur propre perfeciion, qui eussent été trop longues à rapporter '. Ce qui en a été extrait ci-dessus suffira pour faire connaître non seulement quelle a été la première fondation des Prêtres de la Congrégation de la Mission, mais aussi combien pure et agréable à Dieu a été l'intention de leurs premiers fondateurs, lesquels y ont uniquement recherché sa plus grande gloire et le salut des âmes qui semblaient les plus délaissées, telles que sont celles des pauvres gens de la campagne. Et ce qui est particulièrement digne de remarque et fait voir leur grand désintéresssement en cette affaire, est qu'ils n'ont point voulu imposer aucune obligation ni de messes ni de prières pour eux, ni d'autres charges ou bonnes œuvres qui leur fussent applicables en particulier, soit pendant leur vie ou après leur mort; afin que les prêtres de cette Congrégation, étant dégagés de ces sortes d'obligations, pussent avec plus de liberté s'appliquer aux fonctions de leur ministère et travailler avec plus d'assiduke aux missions : ces charitables fondateurs s'étant ainsi volontairement privés de tous les soulagements spirituels qu'ils eussent pu prétendre, afin que les pauvres en fussent mieux servis et secourus, et que par ce moyen Dieu en fût plus glorifié.
Peu de temps après que ce contrat eut été passé, M. le général des galères s'en alla en Provence, et Madame demeura à Paris. Tous deux restaient grandement consolés du sacrifice qu'ils venaient d'offrir à Dieu, et fort satisfaits d'avoir assuré leur fondation, l'ayant ainsi mise entre les mains de M. Vincent, en qui ils avaient une entière confiance, et tenant pour certain qu'il se comporterait comme ce vigilant serviteur de l'Evangile, qui fit profiter les talents qu'il avait reçus de son maître. En quoi ils n'ont pas été
i. Yoy. Supplément aux Lettres de saint Vincent, etc., p. 434. — Les clauses du traité de fondation et les bases de la nouvelle association furent approuvées par l'archevêque de Paris, le 24 avril de l'année suivante ( 1626).
CHAP. XVIII. MORT DE Mme DE GOXDI IOQ
trompés; cette première fondation ayant si bien profité entre les mains et sous la sage et fidèle conduite de M. Vincent, qu'elle en a produit un grand nombre d'autres par la bénédiction qu'il a plu à Dieu lui donner, comme il se verra en la suite de ce livre.