‹ La vie de saint DominiqueChapitre 20 sur 31 · XVIII. Xic repas servi par les Bnges (IDcrs · texte numérisé non relu

XVIII. Xic repas servi par les Bnges (IDcrs

i^"*\ ans le cintre formé par la seconde tra- W vée au-dessus de la porte d'entrée est r"^^' représenté un miracle célèbre dans les annales dominicaines et qui semble s'être accompli à plusieurs reprises: c'est le Repas servi par lesAnges. Saint Dominique est assis à table avec tous les frères, et tous sont assis d'un seul côté selon l'usage; deux anges, ravissants d'élégance, parcourent la table et donnent un pain à chaque religieux. On lit au-dessous cette inscription : angeli pane coelitvs

OBLATO FRATRVM INOPIAE SVCCVRRVNT.

Ici encore nous avons simplement un graphite, transporté par une main amie sur cette muraille où le P. Besson n'eut pas même le temps de le dessiner.

Ce dessin est de dimension beaucoup plus considérable que les médaillons.

Voici comment l'antiquité, par la main de la Be Cécile, nous raconte le miracle. « Les Frères habitaient encore Saint-Sixte et ils étaient au nombre de cent. Un jour le B. Dominique commanda à frère Jean de Calabre et à frère Albert de Rome d'aller chercher quelques aumônes en ville. Ils y allèrent; mais après avoir sollicité depuis le matin jusqu'à la troisième heure, ils s'en revenaient au couvent sans avoir rien reçu. Comme ils se trouvaient près de l'église de Sainte- Anastasie, ils rencontrèrent une Dame qui avait une grande dévotion pour l'Ordre et qui les voyant revenir les mains vides, leur donna

un pain en disant: Je ne veux pas que vous rentriez les mains absolument vides.» Ils avaient donc un pain et poursuivaient leur route, lorsque ils virentvenir à eux un homme vêtu de blanc et très majestueux qui se mit à leur demander l'aumône avec instance. Les frères voulurent s'excuser, disant que n'ayant absolument rien pour eux-mêmes, ils ne pouvaient donc rien donner. Cependant le mendiant insista et alors les frères se dirent: «Que ferons-nous d'un seul pain? Donnons-le pour l'amour de Dieu.» Ils donnèrent le pain et à l'instant le solliciteur disparut, sans qu'on pût savoir où il était allé. Quand ils rentrèrent au couvent, le B. Père saint Dominique vint au - devant d'eux, car déjà l'Esprit-Saint lui avait révélé tout ce qui était survenu. Et il leur dit d'un visage tout radieux: «Mes enfants, vous n'apportez rien!» Ils lui répondirent: «Non, Père. » Et ils lui racontèrent tout ce qui était arrivé, en particulier l'histoire du pauvre auquel ils avaient donné le pain. Le R. Dominique leur dit: «C'est un ange du Seigneur: mais le Seigneur saura nourrir ses serviteurs; allons prier.» Il entra dans l'église, en sortit bientôt et dit aux frères de réunir la communauté pour le repas. Les frères lui dirent: «Père saint, comment voulez -vous que nous «fassions venir la communauté, puisque nous «n'avons rien à lui servir'?» Mais lui, sachant ce qui allait arriver, reprit: «Le Seigneur saura «nourrir ses serviteurs. » Et comme les frères tardaient à faire ce qu'il avait commandé, il appela frère Roger le cellerier et lui commanda de réunir les religieux pour le dîner, parce que le Seigneur pourvoirait aux nécessités de ses serviteurs. On couvrit les tables, on plaça les humbles services, et, au signal, tout le monde entra au réfectoire. Le R. Père bénit la table, tout le monde s'assit et frère Henri de Rome commença la lecture. Le R. Dominique joignant les mains sur la table se mit à prier. Or, selon la promesse que Dieu lui avait faite par son saint Esprit, subitement apparurent au milieu du réfectoire deux très beaux jeunes hommes, portant sur l'épaule une grande nappe très blanche, toute remplie de pains. Et commençant par les inférieurs,

l'un du côté droit, l'autre du côté gauche, ils donnèrent à chaque frère un pain entier et de toute beauté. Arrivés au R. Dominique ils lui donnèrent également un pain entier, puis inclinant la tête, ils disparurent aussitôt, et on ne sut jamais jusqu'à ce jour d'où ils venaient ni où ils allaient. Le R. Dominique disait aux frères: «Mangez, mes frères, le pain que le «Seigneur vous a envoyé.» Il commanda ensuite aux religieux qui servaient d'apporter du vin. Les frères servants lui dirent: «Père « saint, nous n'en avons pas. » Mais le R. Dominique, éclairé de lumières prophétiques, leur dit: «Allez à la cave, et servez aux frères «le vin que le Seigneur nous a envoyé. » Ils obéirent et trouvèrent le tonneau ivagetam) plein jusqu'au sommet d'un vin excellent. Ils y puisèrent et en servirent à la communauté. Et le R. Dominique disait encore: « Ruvez, mes frères, le vin que le Seigneur vous a envové. »

Les frères mangèrent et burent à leur gré ce jour-là et les deux jours suivants.

Après les repas, le R. Dominique fit donner aux pauvres tout ce qui restait de pain et de vin, et ne permit pas que l'on gardât rien dans le réfectoire. Durant ces trois jours, il n'envoya pas les frères chercher l'aumône, parce que le Seigneur avait envoyé une provision abondante de pain et de vin. Le R. Père fit ensuite un très beau sermon à la communauté, l'avertissant de ne jamais perdre la confiance dans le Seigneur, même au sein de la pauvreté.» (1)

Durant plusieurs années on conserva de ce pain comme relique.

Le P. Resson nous semble avoir interprété très dignement sœur Cécile dans son éloquente simplicité.

(i) Chron. S. D. Cap. III.

«M.ÂNCHE VU

'XIX' LX SAINTE VIERGE DONNE AU B^RECINKLD LE VETEMENT QUI DOIT ETRE DÉSORMAIS CELUI DELORDRE 1218'

iXX RÉSURRECTION DE L ARCHITECTE DU QOUVENT DE $T glXTE .1918

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