‹ La vie de saint DominiqueChapitre 21 sur 31 · XIX. tics Dominicains sous le manteau · texte numérisé non relu

XIX. tics Dominicains sous le manteau

oe la Dfierge

(Hn. 1218)

Gette scène est peinte sur la muraille où s'appuie l'autel, à droite.

La Vierge est debout et sous les plis de son vaste manteau s'abritent à droite un frère, à gauche une sœur, tous deux agenouillés.

Au-dessous du tableau se lit cette inscription : SVB TVVM PRAESIDIVM CONFVGIMUS SANCTA DEI GENITRIX.

Nous avons simplement ici un projet de peinture: mais le croquis est très-gracieux. Le P. Besson affectionnait ce sujet. Il l'a peint à plusieurs reprises, spécialement sur-la porte de l'église de Chalais. Thierry d'Apolda nous a raconté avec amour le fait que nous a peint le P. Besson: «L'homme de Dieu se mit à prier, et tout- à -coup il fut ravi hors de luimême et vit le Seigneur assis et sa Mère à sa droite, avec un manteau couleur de saphir. Regardant autour de lui, il aperçut un grand nombre de fondateurs religieux, appartenant à toute nation, qui présentaient à Jésus-Christ leurs fils et leurs filles spirituelles: c'était une foule immense et glorieuse. Mais Dominique ne voyant parmi eux aucun de ses enfants, fut saisi de honte et d'une douleur poignante et se mit à pleurer. Effrayé en présence de Dieu, il se tenait à l'écart, et n'osait approcher ni de Dieu ni de sa Mère. Mais voici que Marie lui fait signe de la main de s'approcher; néanmoins il n'ose pas s'avancer, jusqu'à ce que le Maître lui-même lui ait fait signe. Il approche alors, le cœur tout pénétré, l'âme humiliée, et tout en pleurs; il se prosterne, plein de confusion, aux pieds de la Mère et du Fils. Le Seigneur Jésus lui dit : « Lèvetoi!» Et quand il se fut levé, le Seigneur lui dit: «Pourquoi pleures - tu ? » Il répondit: «Parce que je vois dans votre gloire des religieux de tous les Ordres; mais, hélas! je n'en vois aucun de mon Ordre. » Et le Christ reprit: «Veux-tu voir tes enfants?» Domini-

que répondit: «Assurément, je veux voir mes enfants!» Alors le Christ, mettant sa main sur l'épaule de sa Mère, dit à Dominique: «J'ai confié ton Ordre à ma Mère. - Mais Dominique insistait et désirait voir ses enfants; le Seigneur reprit alors: «Tu veux donc les voir?» Comme Dominique répondait que c'était tout son désir, la Mère de Dieu ouvrit devant ses regards baignés de larmes le manteau dont elle était revêtue. Ce manteau était si grand qu'il semblait couvrir le ciel entier. Et Dominique vit sous cet abri si sur et si saint une multitude innombrable de religieux appartenant à son Ordre, spécialement aimé de Marie. Sa peine se changea alors en allégresse, les plaintes en actions de grâces. L'âme toute réjouie, il se prosterne et rend grâces à Jésus-Christ et à sa Mère.

Bientôt il revint à lui, comme on sonnait matines. Après l'office, il réunit tous les frères au chapitre, et leur prêcha longuement l'amour de la Mère de Dieu qui venait de le consoler si merveilleusement. » (1)

Le P. Besson a donc représenté une multitude dans ce Dominicain et cette Dominicaine qui se tiennent sous le manteau de la Vierge. A Chalais, il avait réellement représenté une multitude. Il est probable qu'il l'eut peinte à Saint-Sixte, s'il avait pu réaliser sa pensée entière. C'est à Sainte-Sabine qu'a dû se passer le fait raconté par Thierry d'Apolda et peint par le P. Besson.

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