‹ La vie de sainte Anne, pouvant servir de mois de juillet aux âmes pieuses [microforme]Chapitre 48 sur 52 · II SAINTE ANNE DE BEAUPRÉ (CANADA · texte numérisé non relu

II SAINTE ANNE DE BEAUPRÉ (CANADA

SAINTE ‘Anne est aussi l'objet d’un culte spécial en Espagne, en Belgique, en Italie, aux Antilles, en Amérique, etc,

mais surtout à Sainte-Anne de Beaupré

(Canada).

Originaires pour la plupart de la Normandie et de ia Bretagne, les encètres des Canadiens-Français ont emporté avec eux

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de la France, le culte de sainte Anne et l'ont transmis à leurs descendants comme un héritage sacré. C’est à deux cent cinquante ans et plus qu'il faut remonter dans le passé pour en retracer les commencements.

Déjà en 1662, il s’opérait des guérisons miraculeuses dans le Sanctuaire de Beaupré; déjà les pèlerins de toutes les classes y accouraient en grand rombre; nous en avons des témoignages d’une authenticité incontestable.

Le Vénérable Mgr de laval, premier évêque du Canada, après avoir approuvé le livre de M. Morel, premier Curé de Sainte- Anne, relatant les merveilles de la thaumaturge, disait: ‘* Nous ‘confessons que rien ne nous à aidé plus efficacement à soutenir le poids de la charge pastorale de cette église naissante que la dévotion spéciale portée à sainte Anne par tous les habitants de ce pays, dévotion qui les distingue de tous les autres peuples. ””

Le bruit des miracles éclatants opérés à Beaupré eut de l’écho jusque dans les forêts les plus lointaines de l'Amérique. Les sauvages arrivaient des bords stériles de la baie d'Hudson, de la Gaspésie, des grands lacs et des rivages battus par l'Océan. On les contemplait remontant et descendant à la file le majestueux Saint-

Laurent sur leurs rustiques canots d'écorce.

Leurs voix mâles chantaient de gais refrains qu’accompagnaient le murmure des vagues et le bruit de leurs vigoureux avirons. L'élan était général, Hurons, Iroquois, Abénakis, Peaux Rouges, toutes les tribus arrivaient en foule au point de dépasser par le nombre les fervents Canadiens qu'ils appelaient leurs ‘‘frères au visage pâle.”

Le jour de la fête de sainte Anne, tout un village de cabanes sauvages 8e dressait comme par enchantement. Telle était leur foi, leur piété, qu’un grand nombre de ces enfants des bois se rendaient à genoux des bords de la grève jusqu’au seuil de l’église. Que c'était donc un spectacle émouvant de voir ces braves sauvages baisant avec transport les pavés d’un Sanctuaire dont la renommée avait fait tressaillir les échos de leurs forêts: les arrosant de leurs brû- Jantes larmes: se relevant ensuite pour offrir à la Bonne sainte Anne leur Mère des bras suppliants et chanter des cantiques dont la simplicité rivalisait avec l’harmoniel Heureux les yeux qui ont vu de pareils spectacles! Heureux les cœurs qui s'en souviennent pour se stimuler à vénérer, à aïîner ét à invoquer sainte Anne!

- Aujourd’hui le pèlerinage de sainte Anne de Beaupré est célèbre dans toute l’Amérique. Le mouvement et le progrès du pè-

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lerinage vont toujours grandissants. En 1905, le nombre des pèlerins s'est élevé à 168,000. Tout permet de croire que le temps n’est pas éloigné, où plus de 200,000 pèlerins viendront, chaque année, prier la Bonne sainte Anne dans son béni Sanctuaire de Beaupré.

SES RELIQUES. — C'est donc du Sanctuaire d’Apt que viennent les différentes reliques de sainte Anne exposées à la vénération des fidèles, dans les nombreux sanctuaires élevés à l’auguste Mère de la Vierge Immaculée. La basilique mineure de Sainte-Anne de Beaupré seule en possède cinq. Voici comment elle est entrée en possession de ce pieux’ trésor.

1° Déjà en 1662, comme l’atteste M.

l’abbé Morel, premier curé de Sainte-Anne de Beaupré, il s’opérait des guérisons miraculeuses dans ce sanctuaire. Les pèlerins y affluaient de toutes parts. Cependant, en 1670, on n'avait encore à offrir à la vénération des fidèles aucun souvenir de la Thaumaturge du Canada. Le zèle du Vénérable Mgr de Laval, premier évêque de Québec, y pourvut. Par ses soins, une religue précieuse fut obtenue du chapitre de la cathédrale de Carcassonne, France. C’est un Fragment notable de l'os d’un daigt de sainte Anne, (Cette relique fut exposée la

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première fois le 12 mars 1670, et depuis lors n'a point cessé d'être l’objet d'un culte fervent.

2 Une autre relique de sainte Anne, moins insigne, mais cependant d'une grunde valeur, fut donnée en 1877, au retour d'un pèlerinage de Rome, par M. l'abhé Napoléon Laliberté, ancien curé de Saint-Michel de Bellechasse.

8 En 1889, Mgr Boldue, prélat de Sa

Sainteté Léon XIII, légua par testament à la Basique de Beaupré, une troisième relique de sainte Anne.

__ 4° En 1891, une quatrième rehque, consistant en un ossement de la main de sainte Anne, fut donnée à l’église de Beaupré, par l’évêque de Carcassonne, France, à la demande expresse de Son Eminence Île cardinal Taschereau, premier cardinal du Canada. On peut toujours la voir sur l’autel de la ‘sacristie, où elle est l’objet constant de la vénération des pèlerins et de la légitime curiosité des visiteurs.

5° Enfin en 1892, le même cardinal Taschereau fit don au Sanctuaire de Sainte- Anne et au peuple canadien tout entier de ia Grande Reïique, obtenue sur 88 demande du Souverain Pontife Léon XIII, par l'intermédiaire de Mgr Marquis, Protonotaire apostolique. Cette précieuse reli-

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que consiste en une partie du bras de sainte Anne, et mesure quatre pouces de longueur.

Elle est renfermée dans un reliquaire très précieux fait avec l'or et les pierres précieuses provenant des bijoux offerts à sainte Anne en reconnaissance de faveurs obtenues.

Une relique d’un autre genre a été aussi offerte à l’église de Sainte-Anne en 1880, per le Révérend Père Charmetant des missionnaires d'Afrique. C’est un précieux fragment de rocher extrait de la.grotte qui servait de chambre à sainte Anr pendant sa vie mortelle. Cette grotte ou se sont accomplis les mystères de l’Immaculée Conception et de la Nativité de.la très Sainte Vierge, est aujourd’hui la crypte même de la Basilique de Sainte-Anne de Jérusalem.

Puisque nous ne possédons aucune relique des corps de Jésus, Marie, Joseph, quelles reliques sur la terre, sauf le bois de la croix arrosé et sanctifié par le sang de Jésus-Christ, sont plus précieuses que les reliques de celle qui fut sur la terre la Mère de la Vierge Immaculée et l’Aïeule du Christ Jésus? En possédant ces multiples fragments des restes sacrés de sainte Anne, le Sanctuaire de Beaupré peut donc se glorifier de posséder un véritable trésor ; un trésor infiniment plus estimable que les

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mille objets d'or et d'argent et les pierres précieuses dont la reconnaissance l'a enrichi.

Comme tous les pieux serviteurs de sainte Anne soyons fiers et heureux de visiter ses bénis sanctuaires et de baiser avec respect et confiance les précieux ossements de la mère de l’auguste Vierge Marie.

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