‹ La vie de sainte Anne, pouvant servir de mois de juillet aux âmes pieuses [microforme]Chapitre 49 sur 52 · LA VRAIE ET PRATIQUE DÉVOTION ENVERS SAINTE ÂNNE · texte numérisé non relu

LA VRAIE ET PRATIQUE DÉVOTION ENVERS SAINTE ÂNNE

LA dévotion envers sainte Anne doit être, comme les autres dévotions, à la fois intérieure et extérieure. Une dévotion purement extérieure n'est pas véritable : les pratiques extérieures de piété doivent être ani- . mées de l'esprit intérieur. Mais où trouverons-nous cet esprit intérieur de la dévotion à sainte Anne? Dans la connaissance même de cette illustre sainte. Celui qui sait ce que sainte Anne est en elle-même ou ce que Dieu lui a donné, et aussi ce qu'elle est pour nous par la volonté de Dieu, sentira naître aussitôt dans son cœur la piété filiale envers elle. Voilà pourquoi nous avons jusqu'ici tâché de faire connaître sainte Anne. La dévotion à sainte Anne

250 est donc dans la pratique de la piété filiale, et les caractères essentiels de cette piété filiale sont la vénération, l'amour et la confiance. La vénération pour celle qui est la mère de la Mère de Dieu et l’aïeule de Jésus-Christ; l'amour pour celle qui voit en nous sa postérité spirituelle; la confiance en celle dont le pouvoir d’intercession est si grand et dont la bonté est si manifeste enve's ceux qui l’'invoquent.

Quant à l'imitation des vertus de sainte Anne, elle est plutôt le fruit de la susdite dévotion. Evidemment ce serait un nonsens que de ne vouloir pas obtenir ce fruit.

Aussi quiconque recourt à sainte Anne avec une confiance filiale, c’est-à-dire tendre et respectueuse, dans le but d'être protégé et aidé par elle, sentira infailliblement croître dans son cœur le désir d’une meilleure vie et d’un parfait accomplissement de la volonté de Dieu. De plus, il est bien certain que la vraie piété ne peut être dans le cœut sans s'exprimer au dehors d’une façon quelconque. Elle suppose des pratiques. L’homme e:: tout ensemble corps et âme, et si l’humiiité de l’âme porte le corps à s'a5nouiller, le corps qui s’agenouille fait auss: que l’âme s'incline ou s’abaisse devant Dieu. Prétendre à une piété exclusivement intérieure. c’est vouloir une chose contre ne ure, contraire à l’ordre de Dieu, c'est vor

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loir l'adoration en esprit et ne pas la vouloir en vérité.

Ne croyez donc pas à la piété de ceux qui disent: pour nous, nous ne faisons pas cas de toutes ces pratiques extérieures auxquelles vous tenez tant. Nous servons Dieu en esprit et en vérité! Non, ne croyez pas qu'il servent Lieu, même en esprit.

Quand un arbre a de la sève, il la prouve par ses feuilles, ses fleurs «t ses fruits.

S'il ne porte ni feuilles, ni fleurs, ni fruits, c'est un arbre mort. Il peut y avoir do l'hypocrisie dans les pratiques extérieures, sans doute, mais si les loups prennent quelquefois la peau des brebis, dit saint Augustin, faut-il pour cela que les brebis renoncent à leur toisc? Parce qu'il y a des pratiques extérieures sans piété dans le cœur, faudra. il pour cela de la piété intérieure sans pratiques sensibles? La piété est naturellerxent pratique et agissante. La religion qui prétend être tout intérieure n’est qu'une illusion : c'est le rêve d’un esprit orgueilleux qui s’évanouit dans ses pensées. Adoptons donc de= pratiques extérieures de piété envers la Bonne sainte Anne, mais qu'elles soient animées « prit intérieur. En voici queiques-v

1° Faire un Tr iuo ou une Ne:

l'honneur de sain : Anne. Chaque la neuvaine ou du triduo on peut

exercices suivants: une lecture d'un quart d'heure ou une oraison mentale; trois visites devant quelqu’une des images de sainte Anne; neuf Ave Maria suivis de l’invocation : Bonne sainte Anne, priez pour nous; une légère mortification, par exemple, en s’abstenant à table d’un fruit qu'on aime; en renonçant à une boisson pour laquelle on est trop passionné; une communion chaque jour et spécialement le jour de la clôture; le chemin de la croix pour imiter sainte Anne qui a tant pleuré à la pensée des souffrances du futur Rédempteur.

2 Dire avec confiance le chapelet de sainte Anne. Ce chapelet se compose de trois demi-dizaines d’Ave Maria suivis chacun de l’invocation : ‘‘Bonne sainte Anne, priez pour nous.’ Un Pater sépare les demi-dizaines. Ce chapelet est comme la couronne de sainte Anne. Tout l’honneur des enfants rejaillit sur les parents, dit l’Esprit-Saint. Sainte Anne doit donc trouver délicieux de nous entendre dire l’Ave Maria et louer sa fille par le salut même de l’Ange Il faut remarquer qu'il importe beaucoup de bien réciter ces prières selon ce que la sainte Vierge a dit un jour à la bienheureuse Eulalie, savoir que cinq dizaines récitées posément et dévotement lui sont plus agréables que quinze dites à la hâte et avec moins de dévotion. >

3° Vénérer avec confiance et dévotion les reliques ou les images de sainte Anne. Le Père Segneri dit que le démon n'a pu mieux faire pour se consoler des pertes qu'il a essuyées par l'extinction de l’idolâtrie que de persécuter les saintes imagés jar le moyen des hérétiques. Mais l'Eglise les a défendues jusqu’à l’c““sion du sang des martyrs. Saint Jean Damascène eut la main coupée pour avoir défendu de sa plume les saintes images dont les églises étaient ornées de son temps. La sainte Vierge la lui rendit miraculeusement. Le culte que l'Eglise professe pour les images, elle le montre à plus forte raison à l'égard des saintes reliques.

4 Faire brûler des cierges devant sa sainte statue. Ces cierges indiquent que nous remercions et que nous félicitons sainte Anne d’avoir par Marie donné au monde la Lumière des nations, et le Feu qui purifie les âmes et les embrase d'amour pour Dieu. Par ces cierges nous demandons à sainte Anne d'éclairer nos intelligences dans les affaires spirituelles et temporelies, de purifier nos cœurs de toutes les scories du vice et d’enflammer nos volontés de la plus vive ardeur au service de notre Créateur.

5° Faire une offrande selon ses moyens

en l'honneur de sainte Anne. Le juste Tobie

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