‹ La vie de sainte Anne, pouvant servir de mois de juillet aux âmes pieuses [microforme]Chapitre 9 sur 52 · CHAPITRE III NAISSANCE DE SAINTE ANKE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III NAISSANCE DE SAINTE ANKE

EMERENTIENNE avait écouté cette voix prophétique et contemplé cette céleste clarté; son âme en était dans la stupéfac.£ tion, quand soudain elle se sentit récoufortée par une rassurante apparition qui lui dit: ‘‘Emérentienne, ne craignez pas; mais honorez votre Créateur dans toute l’éten.

due de vos forces. Par sa grâce, contraire.

ment aux lois communes, vous aurez de votre epoux Stollan une fille. Cette enfant bénie a été prévue par Dieu avant la création du monde; elle a été par Lui choisic entre toutes les créatures. Dieu veut opérer en elle pour sa gloire des merveilles incompréhensibles, surpassant l'intelligence des anges et des hommes, et déconcertant toutes les lois auxquelles les créatures sont ordinairement soumises, ”’

Emérentienne repartit: ‘‘Je suis fille d'Adam, avancée en âge; c’est pourquoi, humainement parlant, je ne puis prétendre à l’heureux sort de Lia, l'épouse bénie de notre père Jacob. Toutefois je sais et et confesse que rien n’est impossible à Dieu, et je le prie de ne pas me traiter geon mes faibles mérites, mais selon sa grande À

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miséricorde, car moi et mes aïeux, nous avons souvent péché contre ses ordonnances.” :

Survint une autre apparition qui grossissant sa voix s’écria: ‘‘Fille, restez en paix; je dois aussi révéler à Stollan votre mari la puissance et la volonté de Dieu.””

En ce temps-là, Stollan était absent; il surveillait ses troupeaux qui paissaient dans les champs. Pendant que, comme le patriarche Jacob, il se reposait absorbé dans la prière, il se vit soudain environné d’une lumière éclatante, et il entendit une voix qui lui criait: ‘‘Stollan, que la paix soit avec vous! Levez-vous, et allez trouver votre épouse Emérentienne; d'elle naîtra une fille dont le nom sera publié par tout l'univers.”’” Lorsque Stollan entendit cette voix, il fut saisi d’un vif étonnement, car il savait que depuis de longues années la main de Jéhovah ne s'était plus levée pour le bénir, ni lui ni sa fidèle compagne.

Et voilà qu’une autre voix dissipa de

Asuite ses alarmes: ‘‘O Stollan! cria-t-elle,

ne soyez pas incrédule; car rien n’est impossible à Dieu. Voici à quel signe vous reconnaîtrez la vérité que j'avance: En entrant dans votre chambre, jetez les yeux sur le chevet de votre lit, et là vous verrez écrites quatre lettres d’or, tracées sans la

N main de l’homme.’’ Après ces paroles, la

clarté de la lumière disparut aux yeux du pieux berger.

Rassuré par ce témoignage catégorique, il se leva tout triomphant d’allégresse, et, en louant le Dieu d'Israël, il retourna chez Emérentienne son épouse. Là, ils se racontèrent mutuellement leurs propres visions.

intrés ensemble dans leur appartement, ils virent au chevet de leur lit quatre lettres d'or lesquelles réunies formaient le nom d'Anna. var là ils comprirent qu'avant longtemps Emérentienne goûterait les joies de la niaternité. Alors tous deux éclatèrent en actions de grâces et de louanges, attendant joyeusement l’accomplissement de la promesse que Dieu leur avait faite.

Le Seigneur, par une grâce singulière, avait répandu sa bénédiction sur les deux époux : ils brûülaient du désir de contempler enfin l’heureuse issue de leur pieuse attente. Aux approches de cet événement fortuné, Emérentienne se rendit au Mont Carmel. Elle supplia humblement les saints disciples de vouloir offrir à Dieu leurs prières, afin de détourner d’elle tous les pièges de l’ennemi et tous les obstacles à Ja réalisation de ses souhaits.

Un des disciples, nommé Fronus, voyant Emérentienne, se jeta à ses genoux et s’écria à haute voix: ‘Quelle est cette digne matrone que je rencontre ici ?’’ Eméren-

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du Bienne répondit: ‘‘Vénérable Père, ne me . ‘onnaissez-vous donc point? Je suis la vieille Emérentienne, votre très humble

sf, servante.” — ‘‘O Emérentienne! dit-il, il hez D ct accon:pli en vous un grand mystère, = supérieur aux lois de la nature. En vérité,

1, Mie vous assure, que de même que la lumière res Mbrillante d’un fanal répand sa clarté dans om Ml obscurité, ainsi je vois déjà dans vos bras ant Mmaternels une belle petite fille toute bril-

lante de la clarté des saints Anges. Mes yex ravis de ses charmes ne peuvent se es, Mrassasier de la contempler. Cette merveille ent Msurpasse l'esprit humain.” — ‘‘O très digne e. père! reprit Emérentienne, incompréhensire, Mbles sont les œuvres de Dieu, et ineffable ‘ux Best la miséricorde qu’Il veut montrer à préler Msent aux enfants des hommes. Priez-le de at- tout cœur pour moi, afin que le beau chépt Mrubin dont votre regard de prophète annonnt ce l’arrivée puisse réellement reposer sur nts mon cœur ‘pour l’avantage du monde eniè- Ætier. Oh! puisse la bonté de Dieu, notre iè- Æ Sauveur, attendue de nos aïeux depuis plus la Bde quatre mille ans, se révéler bientôt à toutes les générations !” Li Le saint Père Fronus et les autres discié- D ples, ses confrères, se mirent alors en prière, ne et l’on entendit la voix d’un ange, disant : N- M ''Emérentienne, réjouissez-vous; car votre

prière est exaucéc. Retournez en toute hâte à la maison.”

Emérentienne obéit sur-le-champ, et, se.

lon toutes les promesses, elle put contempler de ses yeux une charmante enfant, belle comme un chérubin descendu de Ja céleste patrie sur notre terre d'exil. C'était un mardi. L'ange grava quatr, lettres sur la poitrine de l'enfant, et dit: “"ANNA est son nom!” Ce nom surpassait en éclat les diamants et les perles.

Le bruit de cet étonnant prodige se 1épandit dans la contrée, grâce au témoignage des dames qui l’avaient constaté. A‘ssitôt la foule accourut pour être aussi témoin de cette merveille. | S

Parmi le grand nombre de cureieux, O1 vit venir entre autres un chevalier de Jérusalem. Il était assis sur un char en compagnie de ses huit domestiques. Ce chevalier se nommait Séraël. Il venait de Jérusalem même et éteit aveugle. Ne pouvant vor des yeux du corps le nom de sainte Anne, il désira du moins le palper de ses mains.

Par égard pour sa dignité, car il était un des magistrats de la ville, Emérentienne n'osa point le lui refuser. De sa main il toucha done le nom miraculeux et il voulut ensuite le baiser. Or, portant cette même main à ses yeux, ceux-ci devinrent immédiatement lumineux. Il voyait bel et bien,

ii, qui ue voyait pas auparavant, car il tait né aveugle. Le chevalier voyant le

, 8e- Migne nom de sainte Anne environné d'une em. Mlarté éblouissante, s’écria plein de joie ct. ant, M'admiration : ‘‘ Béni soit le Dieu d'Israël !”’ 6e la Que le nom de sainte Anne soit aussi était Mans notre cœur et sur nos lèvres! Nous Sur Brouverons dans cette belle pratique un se- . 68 Bret merveilleux de bénédictions.

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