‹ La vie de StendhalChapitre 17 sur 40 · SERRE PET · texte numérisé non relu

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encore M. Beyle ? que M. de Stendhal, ancien officier de cavalerie, c’est M. Beyle, toujours ? Mais M. de Stendhal montrait tant d’insolence et de superbe, il traitait avec tant d’irrespect le gouvernement de Sa Majesté l'Empereur d'Autriche, que la police se mit à rechercher sa piste : sans finesse, mais avec d'autant plus de persévérance, qu'elle avait changé de manière ; et qu’avec le cours des années, l’Autriche ne maintenait plus sa domination en Lombardie que par un régime de force et de terreur. Le temps des grandes luttes était venu ; l'Italie changeait, et fort vite ; elle n’avait pas de rêve plus cher, ni de plus pressant souci, que de chasser enfin les dominations étrangères, pour réaliser sa liberté, son unité. Ce n'étaient plus que complots, que révoltes, et que répressions.

Alors M. de Stendhal cessa de rire. S'il } ignorait que depuis le mois de février 1820, la police lui faisait l'honneur particulier de lire ses lettres, et d’en prendre copie au cabinet noir, il n’en éprouvait pas moins quelque inquiétude, et se retournait | dans la rue, craignant de voir des hommes à grosse moustache le suivre d’un air négligent, s'arrêter ce quand il s’arrêtait, et repartir du même pas. Et | ce soupçon n’était pas vain, puisque le nom de Stendhal, homme pendable, était arrivé jusqu'aux | oreilles de M. de Metternich et de S. M. l'Empereur. | Aussi, lorsqu’en 1821 Piémontais et Napolitains | se révoltèrent, et que les autorités milanaises, crai- | gnant la contagion, redoublèrent de rigueur, fut-il

chassé de l'Italie, non seulement par la pauvreté, mais par la crainte de la prison.

Après son départ, Confalonieri, arrêté, jugé, et condamné au Spielberg, livra aux autorités autrichiennes le nom de quelques-uns de ses prétendus complices, parmi ceux qu'il savait hors d’atteinte ; et il dénonça un certain de Bell, Français, womo sommamente pericoloso. Cet homme extrêmement dangereux, s’il n’avait mis les Alpes entre les juges autrichiens et sa personne, aurait été réveillé un matin par un commissaire de police et quelques soldats croates ; on l'aurait conduit à Sainte-Marguerite ; il n'aurait quitté la prison qu’en voiture fermée ; il serait parti à son tour pour le Spielberg ; et qu'il fût innocent ou coupable, on ne laurait plus revu avant dix ou quinze ans.

L'amour.

Angela Pietragrua était de celles qui prennent

les hommes pour des aveugles, chaque fois qu'ils M ferment les yeux. Puisque son amant l’adorait au w

point d’avoir quitté la France tout exprès pour venir s'installer auprès d’elle, inutile de le ménager. Elle lui disait :

— « Je vais à Padoue : tu vas aller à Venise, en attendant que je te fasse signe de me rejoindre. »

I allait à Venise; et quand il la rejoignait à Padoue, elle avait décidé de regagner Milan. Elle lui disait :

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