‹ La vie de StendhalChapitre 2 sur 40 · INCERTITUDE · texte numérisé non relu

INCERTITUDE

Paris est laid : aucune montagne à l'horizon. Paris, avec tous ces gens riches dont les voitures vous écra:ent, est insultant. Vous chemineriez des heures et des heures sans rencontrer une seule figure de connaissance : on est perdu, dans ce grand Paris.

Quelques Polytechniciens, entrés le plus faci- - lement du montile à l’Ecole (et pourtant, il y avait plus fort qu’euc en mathématiques) viennent voir leur camarade Grenoblois qui a pris logis dans leur quartier, près du quinconce des Invalides : mais entre ces jeunes gens avisés, qui font des économies, qui se disputent avec leur propriétaire quand un coteret manque dans leur fagot, et le conquérant du bonheur, aucun sentiment n’est commun, aucune pensée.

Un déménagement ; une maladie ; et puis une page blanche, une page vide, où ne s’inscrit aucun souvenir. Quand Henri Beyle se retrouve, il est

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couché dans un lit, et dolent ; un poële chauffé au rouge l’incommode; un médecin l’ausculte, fait la grimace et laisse tomber son arrêt :

« Il s’agit », déclare-t-il, « d’une hydropisie de poitrine accompagnée de délire ; le cas est grave ». Le médecin délibère avec le vieux cousin Daru.

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