‹ La vie de Voltaire [Texto impreso]Chapitre 2 sur 38 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

De l’enfance de Voltaire et de fes premières études ( J ).

ANNÉES

Sr

pere de Voltaire s'appelait Arouet et fa mere Marguerite d’Aumart. Quelques biographes ont fait naître ce pere au milieu des champs. Us ont dit que dans (à jeunetlè il garda les troupeaux ; qu'étant venu à Paris , fon premier état fut de fe tenir à la porte d'un notaire pour le fervice des cliens et des clercs de l'étude.

Nous avons lu quelque chofe de ces romans ; ils font tous écrits d'un ftyle déteftable par des hommes méchans et menteurs. Il importait peu à ces infîpides romanciers de dire des chofes vraies , mais il leur importait beaucoup de gagner quelqu'argent en vendant à des libraires hollandais , des menfonges dont on eft toujours fur du débit , lorfqu'ils font un aliment à l’envie et à la malignité.

Pourquoi tant de fables ridicules et impertinentes du vivant de Voltaire ? c'était pour irriter l'amour-propre de 'cet homme célébré qu’on ne connaîtrait pas atîèz , pour favoir que toute naiffance lui était indifférente.

pourvu que , dans quelque rang qu’on fut placé , à la ville ou à la campagne , on fe rendît utile.

Il eft très-vraifemblable que la famille de Voltaire eft originaire du Poitou. On conte que fur la fin du quinzième fiecle , René Arouet , l'un de fes ancêtres fe rendit célébré par fon efprit et par des poéfies agréables. Il s’était acquis dans fa province une telle réputation , qtPaprès fa mort , deux villes , Loudun et Saint-Leu , lui firent le même honneur que dans la Grece on fit autrefois à Homere. Elles fe difputerent la gloire de fa liai (Tance. Les amateurs d’anecdotes ont recueilli des vers faits à l’honneur de ce René Arouet. La vérité eft que le pere de Voltaire fut à Paris un notaire très-confidéré , qu’il eut enfuite la tréforerie de la chambre des comptes , place de confiance encore plus lucrative que le notariat , et dans laquelle il n’amafla qu’une fortune très-médiocre, fi on la compare à celle qu’en mourant vient de laiflèr Pun de fes fuccefteurs à M. le préfident Nicolaï.

Voltaire vint au monde au mois de Février \6ç> 4. En naiftant , il n’apporta qu’un faible fouffle de vie. Quand on l’eut baptifé dans l’intérieur de la maifon , on l’abandonna aux foins d’une nourrice qui , pendant plufieurs mois , defeendait chaque matin chez la mere , pour lui annoncer que l’enfant était à l'agonie. On fut long-tems fans efpérance de le conferver.

Deux perfbnnes prenaient un grand intérêt à cet enfant. L’un était M. de Rochebrûne , d’une ancienne et noble famille de la Haute - Auvergne : l’autre était l’abbé de Chateauneuf , homme très- inftruit , d’un caractère trèsenjoué et d’une tournure d’efprit très - agréable. Sa

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conduite était celle d'un homme libre, maistrès-décent. Il était ami de Chculicu , des princes de Vendôme et de Conti ; il vivait dans l'intimité de Ninon de Lenclos , dont il avait été la derniere paiïion. C’eft pour elle qu’il compofa Ton Traité de la mitjique des anciens , fur cette matière l’un des meilleurs ouvrages du fîecle de Louis XIV, et le feul des bons ouvrages dont on n’ait point parlé dans le catalogue des écrivains qui illuftrerent ce fîecle.

L'abbé de Chateauneuf montait tous les jours dans la chambre de la nourrice , pour conférer avec elle des moyens de conferver la vie de l'enfant. Au bout de neuf mois , la crainte de le perdre diminua ; alors on parla de lui lupp’.éer les cérémonies du baptême. On laiffa ignorer au prêtre de l'églife de Saint-André des- Arts, auquel on préfenta l'enfant , qu’il était né depuis neuf mois fur une autre paroiffe , et qu’il avait été ondoyé. C'eût été un fcandale , et un crime grave , d'avoir gardé un enfant fi lorg-tems (ans en avertir le curé. Le prêtre trompé fur le tems de fa naiflânee , non-feulement lui fuppléa les cérémonies du baptême , mais le baptifa de nouveau. Ce double baptêmede Voltaire, l’endroit où il vintau monde, l'églife où il fut baptifé, font de très-petites fîngularités. Nous ne les rapportons que pour plaire à ceux de nos lecteurs qui aiment ces fortes de détails.

L'abbé de Chateauneuffai le parain de Voltaire : aufïitôc qu'il put s’en faire entendre , il lui fît réciter les premières fables de La Fontaine. C’était alors l’ufage de faire apprendre ces petits apologues faits pc urètre la moralt d’un homme exercé àpenfer , à des enfans qui n'ont encore vu ni fourmis ni cigales, et qui ne favent encore ce que c’eft qu’un corbeau et un renard.

B E VOETAIRB.

L’un des morceaux depoéfîe que Voltaire retint le plus facilement , fut Numa ou la Moïfade qu’on attribuait à Roujfeau , qu'il défâvouait prudemment , et que véritablement il avait compofé , lorfqu’il était fecrétaire de l'Evêque de Viviers.

Ce poëme eft une des premières attaques que la philofophie ait hafardées ouvertement en France contre la religion. Mlle. Ninon demandant un jour à l'abbé de Chateaur.euf des nouvelles de fon filleul. Ma chere amie , répond celui-ci, il a un double baptême , et il ri y a rien qui n’y paraijje , car il ri a que trois ans et il fait toute la Moïfade par cœur.

Il eft rare que dans le cours de la vie , l'homme ne foit pas ce qu’on l'a fait dans une première éducation. Peu de perfonnesconnaiflènt cette Moïfade, nous l'avons tranfcrite à la fin de cet ouvrage (4). Notre devoir d’hiftorien eft de faire connoître l'aliment dont au fortir du berceau on nourrit Pefprit de Voltaire , et dont l'abbé de Chateauneuf fe vantait d’avoir enrichi la mémoire de fon éleve.

Peut-être ne hafardons - nous rien en avouant que les vers de ce petit poëme plein de hardiefte et de philofophie, furent les femences de cette incrédulité qui fe développa de bonne heure en Voltaire , et de la perfuafion où il a été jufqu'à fa mort : qu’en tous pays les dogmes et les folemnités religieufes dérivaient du charlatanifme de quelque Numa.

C'eft , comme l’on voit , à l’abbé de Chateauneuf qu'on dut Voltaire philofophe : on lui dut auflî Voltaire poète. En jouant avec lui il lui apprit l’art des vers: art agréable, mais dangereux , qui fait rarement la gloire de celui qui le poflède , et qui en fait prefque toujours le tourment.

Voltaire avait un frere aîné dont le caractère était entièrement oppofé au lien : pefant , fombre , dévot, qui dans la fuite fe distingua parmi les janféniftesconvulfionnaires, et qui pour expier ce qu'il appelait l'incrédulité de fon frere, offrit à Dieu un ex-voto qu’on voit encore dans l’églife de Saint - André - des - Arts au - dcfTus de la chaire du prédicateur.

Cet aîné faifait aufïî des vers : les deux freres jouaient enfemble. Dans la famille on fe plaifait à les mettre aux prifes. Les épigrammes furent un des amufèmens de leur enCnce. Celles du plus jeune ctincellaient d’efprit. Le pere , qui avait du jugement , s’allarma bientôt d'un goût et d’un talent dont fon amour propre serait d’abord amufé; mais il n’était plus tems. La nature , qui n’cft qu’une première habitude, avait déjà pris fon pli ; et cette première habitude pouffa Voltaire le refte de fa vie à faire des vers , et à penfer librement.

A lage de dix ans, on le mit au college de Louis-le- Grand. Ce college était une des meilleures écoles de Paris. L’émulation y était très-grande. Les Jéfuites tenaient ce collège. C’était le tems de leur gloire et de ce crédit immenfe , qui par l’étrange abus qu’ils en ont fait , lésa rendus exécrables à toute la terre. Nous n’avançons rien de trop , en difant que s’ils s’étaient bornés à l’enfeignement de la jeuneflè, et à envoyer leurs enthoufiaftes à la Chine et au Tunquin faire des miracles pour la converfion de ces royaumes , ils exifteraient encore ; mais ils eurent des ambitieux , des courtifans , des théologiens et des perfécuteurs : voilà ce qui les a perdus. Brumoi , Sanadon , Tournemine , Bujfier , la Rue , Ducerceau , Tarteron ,

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Potée étaient des Jéfuites paisibles. Ils fe nourrida ent d’ambroilie , lorfque les Annat , les Lachaife , les Duucin , les le Tellier s’abreuvaient de fiel et bouicverfaient la France avec leur théologie. Les premiers étaient des religieux très-inftruits , qui faifaient la gloire d’une fociété utile , et qu’on regretterait , fi les excès auxquels fe portèrent leurs confrères , ne nous confolaient de fa deftruction.

Voltaire arriva dans leur college avec une raifon fortement prévenue contre les maladies de lame. L’étude qui, dans la maifon paternelle , n’était pour lui qu’un goût et une fimple curiofité , dégénéra bientôt en une paffion qui contribua beaucoup à prolonger la faible conftitution avec laquelle il était né.

Tandis que fes camarades dans les luttes, dans les courfes , et dans les divers exercices du corps , fortifiaient leur fanté en ne croyant que s'amufer , Voltaire fe dérobait à leurs jeux pour aller fortifier fon ame dans les converfations des peres Tournemine et Forée. C’eft avec ces hommes de lettres qu’il paflait la plupart de fes récréations; et il avait coutume de dire à ceux qui le tourmentaient fur Ion indifférence pour les plaifirs de fon âge , que chacun fautait , et s’amufait à fa maniéré.

Dans l’hiftoire des enfans qu’on appelle célébrés, on en trouve plufieurs dont l’efprit fut encore plus prématuré que celui de Voltaire. Tel celui du Tajfe et de quelques autres dont on a écrit la vie , et peut-être un peu embelli l’enfance; mais il n’en fut pas dont la raifon fut auffi exercée , le goût auffi épuré , dont la maniéré de penfer fut auffi hardie , et qui fut autant que lui dévoré de la foi/

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' de la célébrité. Ces exprefîions font du pere Fallu , fon confelTeur.

Parmi fcs profefieurs qui lui furent tous très-attaçhés , le pere le Jay , homme médiocre } vain , jaloux , peu eftimc de fes confrères , fut le feul dont Voltaire ne put fe concilier la bienveillance. Il étoit profeffeur d’éloquence, et ainfi que la plupart de ceux qui fe targuent de cette qualification , il était très-peu éloquent. On le regardait comme le Cotin des orateurs. Voltaire eut avec lui quelques difcuflîons de littérature: le- maître fe crut humilié par fon éleve ; et voilà la fource de cette antipathie que le pere le Jay eut pour Voltaire , fentiment qu’il ne fut ni vaincre ni même déguifer.

Un jour le difciple poufie à bout par le profelfeur , lui fit une de ces reparties qu’on a tort d’avoir provoquées , mais dont il eût été prudent de ne pas s’appercevoir. Le pere le Jay , dans fa colere , defcend de chaire , court à lui, le prend au colet , et en le fecouant rudement , lui crie à plufieursreprifes : Malheureux ! tu feras un jour Vétendard. du déifme en France. Cette apofirophe était tout au moins indifcrete. C’était flatter l’amour - propre d’un jeune homme qui mettait déjà fa gloire à ne pas croire ce que le peuple et bien d’honnêtes gens fe font gloire et devoir de croire.

Prefque tous fes compagnons d’étude recherchèrent (on amitié. Il les avait tous fubjugués par beaucoup d’honnêteté, par cet afcendant que fon efprit lui donnait fur le leur , et fur-tout par le plaifir qu’ils prenaient à l'entendre jeter des doutes et des ridicules fur tout ce qui eft l’objet de l’admiration et du culte des enfans.

Tous ceux qui au college furent liés d’amitié avec lui , lui refterent dévoues jufqu’au tombeau , Ce faifant tous gloire et honneur de l'avoir connu. Ils devinrent prefque tous déiftes dans un âge où l'on ignore communément ce que c'eft que le déilme ; et d'après les recherches que nous avons faites , nous croyons pouvoir a Hfurer que la plupart d’entr’eux (ont morts comme lui , dans la créance en un feul Dieu et dans le mépris de toute inftitution appellée divine. Il eft dur pour nous d’en faire l’aveu, mais cela eft très-vrai : nous dirions même , fi c’était ici la place , que nous avons parmi nos papieis la profeffion de foi d'un de fes plus anciens amis qui , avant de mourir, la dépofa en nos mains. Cette profeffion de foi eft un pur théifme.

Le jéfuite Torée , homme aimable , plein de candeur et de mérite , et qui nous a laifle quelques vers d’un bon goût , tenait à l’égard de fon difciple une conduite toute oppofée à celle du pere le Tay : il lui montra un grand attachement dont l'éleve ne perdit jamais le fouvenir , réparant par beaucoup de douceur le mal que pouvait faire dans fon efprit la perfécution que le pere le Jay lui fâifait effuyer , et corrigeant , autant qu’il était polfible , par les confeils de l'amitié, fon penchant à l’irréligion, nourriffant en lui l’amour de l’étude , et fur- tout cette inclination que, dès fon plus bas âge , Voltaire manifefta à faire le bien , et à s’attendrir fur les malheureux.

Deux fortes d’études , et communément étrangères à celles des colleges , occupaient fortement Voltaire. L’une était l’hiftoire des grands hommes contemporains , l’autre du gouvernement actuel : ce font là des objets fur lefquels

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les maîtres , gens ordinairement pédans , tiennent la jeuneffe dans une profonde ignorance : on croit communément qu’il fuffit d’apprendre à un jeune Français qu’il eft dans un état monarchique , que le premier de fes rois fut Pharamond ; de lui apprendre , en lui enfeignant allez mal le latin , que Démofthenes et Périclès étaient de grands orateurs , que Cicéron plaida pour le poëte Archias , qu’ Horace était le fils d’un affranchi , que Brutus et autres aflâfïinerent Céfar de vingt-trois coups de poignard , et que Tarquin infulta à la pudicité de Lucrèce.

Il eft rare que dans nos trilles pédagogies , que nous nommons colleges, on aille beaucoup au-delà de. ces connaiflances ; il eft encore plus rare qu’on faflè connaître aux jeunes gens , et les miniftres qui gouvernent et les grands hommes qui font honneur à la nation : fi quelquefois on leur parle de ces derniers , c’eft pour les déchirer : et les calomnier.

On n’avance rien ici qui ne foit exactement vrai pour le fiecle palfé. Defcartes et Racine faifaient la gloire de la France : leur nom était en vénération chez les étrangers , et les pédans des écoles de Puniverfité , et les pédans des écoles des Jéfuites , s'acharnaient à les outrager. Les curieux confervent des thefes dans lefquelles on foutenait que Defcartes était athée.

Les Jéfuites, de leur côté, en 167 $, fournirent à un examen le génie et la religion de Racine. Il fut queftion de favoir s’il était poëte et chrétien : le public fut invité à cette difeuffion, et des enfàns drefles parlejéfuite Soucié la terminèrent, en décidant que l’auteur immortel de Phedre et d ’Atalie n’était ni poëte ni chrétien : Nec poeta nec chrijlianus .

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Quant au fecle préfent , il eft encore très-vrai que prefque tous les grands hommes français (ont continuellement outragés dans ce qu’à Paris nous appelions le pays latin. Les noms des Bujfon , des Freret , des Boulanger, des Raynal, à’ Helvétius, en impofent à toute l’Europe favante , tandis que la canaille fcholaftique et la canaille théologique de nos colleges fe ruent fur eux , à-peu-près commelejourdela Saint- Barthelemi des écoliers fejeterant lür Ramus pour le malfacrer. Si l’on en doute , qu’on prenne la peine de parcourir quelques-uns de cette multitude de programmes qui fe diftribuent chaque année dans l’univerfité , et qui ne font connus que dans ce pays , et l'on verra avec quelle indécence un jeune homme qui veut pader maître ès arts, ou bachelier, ou licencié, ou même docteur , parle de ces grands hommes , dont à peine il connaît les noms.

Qu’on entre dans ce college royal, dans ce même college où l’ignorant Charpentier brada la mort du philofophe Ramus , et l’on y entendra un abbé Aubert aboyer contre Voltaire, Contre d’ Alembert , contre tous nos phibfophes vivans et fe venger du mépris qu’ils font de fes aboïemens, par les injures qu’il leur dégorge deux fois par femaine. Nous failonsune hiftoire utile, et voilà pourquoi nous nous Ibmmes permis de parler de l’indécence de ceux qui calomnient leurs contemporains. Revenons à Voltaire encore enfant.

Le gouvernement était pour lui un fujet habituel d’étude et de méditation : il fe montrait attentif aux diverfes révolutions du miniftere , aimant à favoir ce qui fe palïàit dans l'état , et à raifonner fur l’événement du jour. C’était là la

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maticre la plus ordinaire de Tes entretiens , foit avec Tes profiteurs , foit avec Tes condifciples. Il aimait à pcfer , difait le pere Porée , dans fes petites balances , les grands intérêts de l’Europe,

Il n'était encore qu’au college , et déjà on s’entretenait de lui. Les Jéfuites en parlaient comme d’un prodige. Cela fallait honneur à leur enfeignement. Dans le monde littéraire , on l’obfervait comme un phénomène qui commençait à paraître. Quelques vers en l’honneur du dauphin, qu’il fil pour un vieil officier , et qui valurent à cet officier une gratification honnête , lui donnèrent à Paris et à Verfailles une grande célébrité. Peu de poëtes en France euffent alors pu mieux faire.

Mlle, de Lenc'os , autrefois jugement célébré par fa beauté , par fes grâces , par un penchant extrême au plaifîr, et qui , dans fa vieillefTe , le fut par les agrémens de fon efpric et par des vertus fociales , vivait encore. Sa maifon, lituée rue des Tournelles , était uneécolede favoir-vivre , et le rendez-vous des philo fophes et des beaux- efprits ; elle fut les intérefler et leur plaire jufques dans fa décrépitude : elle préféra conftamment leur fociété et le repos à la fortune et à l'éclat.

On fait le refus qu'elle fit à madame de Maintenant fon ancienne amie , et devenue femme de Louis XIV, qui lui promettait les faveurs de la cour fi elle voulait fe faire dévote et venir à Verfailles. “ Je la refufe, dit-elle •* ,, à Fontenei'e , parce que je n’ai jamais aimé à prendre de „ mafque. Dans ma jeunefie , je n’ai point vendu mon ,, corps; avant de mourir, je ne vendrai pas mon ame. ,,

Cette demoilelle de Lenclus , que nous ne connaifTons

plus

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