‹ La vie de Voltaire [Texto impreso]Chapitre 33 sur 38 · HOTE · texte numérisé non relu

HOTE

bien petite utilité : elle coûte pourtant prodigieufenient. En la renverfant , le Roi gagnerait un capital à-peu-près de fix millions, ou un revenu de cent raille écus, que demande la garde d’une dixaine de pcrfonnes qui , ma foi , ne valent pas la peine d’une pareille dépenfe.

ChaP. V. pag. )g. (6) De RouJJcau.

C’eft fous la didtée de Thiriot , que l’aureur a écrit le détail de cette entrevue. C’eft ainlî que Voltaire, à fon retour de Bruxelles , le lui avait raconté.

ChaP. id. pag; 40. (7) De la petite vérole ,

Elle était, dans ce tems-là, une maladie dont le nom fefait frémir. Ce qui en avait infpiré l'épouvante , c’étaient les ravages affreux qu’elle fit à Paris dans les années 1710, 1711 , 171$ , 1711s & 1720.

Chap. VI. p, 44. (g) Du Chevalier de Rohan.

Nous avons parlé de cet homme d’après l’idée publique. Après fon aventure avec Voltaire, il fe maria & pritile titre de comte de Rohan. Voici un couplet qu’on fit fur fon mariage,

& que nos vieillards fe plaifent encore à chanter :

Sans offenfer votre fageffe,

Vous le pouvez , belle comtefle ,

Faire cocu ce vieux fripon.

Votre propre honneur l’ordonne.

Il ne vous ferait qu’un poltron.

Couchez avec un honnête homme.

Une chanfon n’eft pas la preuve d’un fait ; mais elle eft toujours la preuve de l’opinion du teins.

Au refte , nous avions fept ou huit verfions fur les circonftances du démêlé de Voltaire avec le chevaliei de Rohan, Nous avons préféré le récit de Thiriot.

Chajp. ib. p. si. (9) Des détracteurs de la Henriade , de M. Roucher.

La Henriade jouiffait de toute fa gloire , Iorfqu’il a plu à M. Roucher d’en faire une fatyre fanglante.

M. le marquis de Fillette a repoufle l’outrage en mettant en oppofition la critique de M. Roucher avec le fuffrage du célébré M. de Buffon fur la Henriade. Ce con'trafte piquant d’un grand homme avec l’auteur du poëme des douze mois , a excité des éclats de rire aux dépens de ce dernier.

Ces rires font d’autant mieux mérités que M. Roucher , dans fa fatyre de la Henriade , elt refté fort au-deffous de Fréron & de la Beaumelle , de leur vivant les deux plus infignes détracteurs de ce chef-d’œuvre. Du moins ceux-ci, par des raifons quelconques, juftifierent-ils leurs critiques.

]\L Roucher a dédaigné d’en faire autant. Mais montant fur le parnaffe & s’érigeant en juge , ( c’était probablement en carnaval, dans le tems des mafearades) lui dont on ne peut lire quatre bons vers de fuite, a prononcé que la Henriade n’avait ni plan , ni but, ni intérêt , ni poéfe. Rifum teneatis arnici.

On fait que Fréron & la Beaumelle , ayant fait imprimer , fur la Henriade un commentaire aflezplat, eurent la vanité de fe faire graver aux deux côtés de Voltaire. L’abbé Beloney , en voyant cette carricature, mit au bas ce quatrain:

Entre la Beaumelle & Fréron Le Jay vient de placer Voltaire.

Ce ferait bien un vrai calvaire ,

S’il s’y trouvait un bon larron.

Pour nous, finous trouvons jamais le portrait de M. Roucher, nous y mettrons cette petite profe un peu moins plaifante que les vers de M. l’abbé Beloney.

Oiiand on a fait le poème des douze mois , on doit fe taire fur la Henriade pendant les douze mois de Lamée.

NOTES. 24

Chap. VIL pag. t6. ( 10 ) De T H if vire de Charles XII, & de Madame la comtelfe de Genlis.

Les oppofltions ont toujours quelque chofe qui plaît à l’efprit. Celle de M. de Buffon avec M. Boucher eft piquante. En voici une qui l’eft encore davantage. C’eft celle d’une femme auteur avec un Roi , de Madame de Genlis avec le grand -pere d e Louis XVI, avec le bon, le vertueux, le véridique Stanislas.

Nous allons tranferire ce que ce Roi certifiait de l’hifloire de Charles XII, & ce dont il voulut que Voltaire fut inftruit par fon chambellan, M. le Comte de TreJJan.

M. de Voltaire ré a oublié ni déplacé aucun fait , aucune circonjlancc intérejfantc. Tout ejl vrai. Tout ejl en fen ordre. Il a parlé de la Pologne , & fur tous les événement qui y font arrivés, comme s’il en avait été le témoin oculaire. Voyez le certificat de ce Roi à la tête de tHifloirc de Charles XII.

Madame de Genlis n’eft point du fentiment du Roi StanislaSf & dans un Conte, intitulé les deux réputations, elle dit pag. i& , que Y Hifoire de Charles XII ejl un roman.

Lecteurs , choififlez pourtant entre le fuffrage d'un roi qui certifie ce qu’il a vu , qui , dans cette funefte tragédie de la Pologne , avait été Un principal aéteuf , & l’arrêt de Madame de Genlis, qui n‘a rien vu & qui, foixante ans après ces événemens , donne un démenti formel à fa Majefté le Roi de Pologne.

Quand on hazarde de pareilles afiertions , on devrait tout au moins les appuyer de quelques raifons , bonnes ou mauvaifes: cela ne leur ôterait peut-être pas le ridicule ? mais cela le diminuerait.

En parlant de Madame de Genlis , nous n’envifageons que l’auteur , confervant d’ailleurs pour elle , tout le refpedt qu’on doit à fon fexe, à fon état, & au nom qu’elle porte.

Cuit P. VIÎÎ. pag. 70. ( 11 ) Du Jéfuite Girard & de la belle, Cadiere , à propos de la Pucclle d? Orléans.

C’efl en effet au fujet de cette Pucclle que nous avons parlé de ce Jéfuite. Douze confciilers du Parlement d’Aix opinèrent pour le faire brûler ; douze autres le mirent hors de cour. L’arrêt pafla in mitioreni en 1731, & il ne fut point brûlé.

Etait-il coupable ? il y a une bibliothèque entière d’écrits pour & contre lui. La vérité eft dans le fond du puits à fon •lijet; & probablement n’en fortira jamais.

Le vrai de cette aventure , c’eft qu'elle fit un très-grand tort à la religion , foit que réellement ce Jéfuite Girard eût abufé de fon miniftere de confefleur pour féduire la Cadiere , foit que les Janféniftes eulfent drefle cette Cadiere , pour faire tomber ce Jéfuite dans Je piege & le faire brûler.

Au relie , dans mon enfance , j’ai vu cette provençale qui , pour fe dérober à la perfécution des Jéfuites , mena long-tems une vie errante & cachée. D’après l’idée qui m’en eft reliée » je ne crois pas avoir vu en ma vie de plus belle femme.

Le pere Viou , jacobin , fon oncle , l’avait mife en dépôt chez un prêtre nommé Flouvat ; archi ville de M. MaJJïllon, évêque de Clermont ; & c’eft de cet honnête eccléfiaftique que nous tenons l’anecdote.

Ciiap. XI. pag. 94. (12) De Piron.

A chaque tragédie que Voltaire fefait repréfenter , Piron le régalait d’une épigramme : il attaqua toujours des chefd’œuvres par de petits mauvais vers. Après le fuccès d ’Oedipc, Féplgramme qu’il lui décocha , était très mauvarlè ; mais celle qui fuivit le luccès de Métope , le fut encore davantage. La voici:

Chez l’hillrion , Métope ufée ,

Vers le Pont-Neuf a pris l’eflor; î: - Et là , par un fot , la rufée • S’eft fait donner cent louis d’or.

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