‹ La vie des eauxChapitre 26 sur 58 · I.Millll.Y · texte numérisé non relu

I.Millll.Y

Quoique nul ue soit, dit M. Isidore Bourdon à propos d'Engbien, prophète en son pays, et que ce charmant séjour d'eaux ne suit plus, grâce au chemin de fer, qu'un faubourg pittoresque et ombreux de Paris, la Fortune de l'établissemenl thermal est maintenant très-assurée. M. Bourdon ue croit pasà la très-grande efficacité des eaux minérales d'Enghjen, qu'il répute fort inférieures à celles de Bonne et de Baréges; M. Réveillé-Parise. qui a écril sur Enghien un spirituel et intéressant petit livre, est d'un avis contraire : de tout quoi nous concluons que le mieux est d'y aller voir.

Bien que propriété privée, l'établissement d'Enghien est placé sous le contrôle du gouvernement. Deux praticiens de talent, MM. Bouland et de l'uisave, y remplissent, l'un les fonctions d'inspecteur, l'autre celles d'inspecteur adjoint.

IMERREFONDS

La petite ville historique de Pierrefonds, située à cent pas de la belle forêt de Compiègne, doit la découverte de ses eaux thermales à un homme d'esprit et du monde, aimant les arts et peintre distingué lui-même, qui se choisit, il y a quelque vingt ans environ, cette agréable retraite. A cette époque, le pays, riche de beautés et de ressources naturelles, mais ignorées, était pauvre et peu visité. M. de Flubé s'y dévoua corps et âme ; et, si la récompense a tardé, tout annonce qu'elle sera digne de l'effort l'ait, du sacrifice accepté.

En 1846, M. de Flubé trouva dans un coin de son parc certaines eaux dont l'odeur sulfureuse L'avail plus d'une fois frappé, et qui, depuis des siècles, coulaient mystérieusement à Heur de sol, cachées et comme perdues parmi les hautes herbes. Un premier examen lit reconnaître des traces de soufre, de chau\ el d'une matière grasse déposée .sur le;* végétaux recueillis. Quelques

riKP.lt F. FONDS.

fouilles consécutives amenèrent la découverte do la [>r«:cieuse nappe d'eau à un mètre de profondeur. L'application en fui Faite à des affections chroniques nombreuses, quelques-unes désespérées, de l'estomac, de la poitrine. La plupart des malades se trouvèrent soulages; plusieurs guérirent.

Un savant chimiste, H. 0. Henry, délégué par l'Académie de médecine, lit l'analyse de ces eaux, dont, sur son rapport, le gouvernement autorisa l'exploitation.

Deux années de suite, les sources furent laissées à la discrétion du public, afin qu'il pût les apprécier; et, de proche en proche, le succès s'établit de façon à contraindre M. de Flubé à aller planter plus loin sa tente, et, faisant place aux buveurs d'eau, à transformer sa riante et vaste habitation en un hôtel de bains, dont l'ouverture a eu lieu le \h mai 1855.

Pierrefonds , transformé aussi depuis la découverte de l'eau thermale, et animé par les colonies parisiennes qu'y déversent périodiquement en été des trains de plaisir, organises depuis deux ans , présente maintenant, en ressources et en confort, tout ce qu'a droit de trouver, là où elle daigne se transporter, l'aristocratie baigneuse et touriste. Il y a de bons hôtels dans la ville, outre celui que nous avens déjà nommé. Les familles y trouvent aussi des maisons et des appartements meublés, le tout à des prix honnêtes.

L'hôtel des bains est pourvu d'un Beau salon de compagnie Le logemenl \ donne droit à i\i'< promenades el à la pêche sur le lac. Indépendamment de la bibliothèque nombreuse el choisie du propriétaire de cet aimable jour, on y trouve la quotidienne el plus actuelle ressource des journaux français et anglais. Voulez-vouî des

chevaux, des voitures : faites un signe, et les commodités de la promenade vous seront amenées sur l'heure. On parle toutes les langues dans cette fashionable posada. « English spoken hère, — Hier spricht man deutsch, » n'y sont point une fiction.

J'ai visite, l'année dernière, Pierrefonds, en compagnie de douze ou quinze de mes confrères de la presse parisienne, et par l'occasion charmante d'un train spécial de plaisir qu'avait bien voulu mettre à notre disposition la direction du chemin de fer du Nord. •

Partis de Paris à huit heures par le train exprès de Bruxelles, nous étions rendus à Compiègne à neuf et demie, ayant fait cent kilomètres en six quarts d'heure. Là nous attendait un immense char à bancs attelé de quatre chevaux conduits par deux postillons, qui, remontant au grand trot la jolie ville de Compiègne, nous déposaient peu de temps après en pleine foret, sous Tune des plus riantes feuillées, où la table dressée nous invitait à un déjeuner de chasseurs servi par le propriétaire de la Cloche, hôtel fort en réputation dans tout le Valois, et qui, sur ce spécimen, nous parut mériter pleinement son renom.

Nous aurions voulu visiter ensuite, mais nous ne pûmes que traverser le magnifique parc attenant au château impérial de Compiègne, où tout se préparait déjà pour le camp du suivant automne. Ces paies grandioses, ces demeures splendides, si multipliés dans cette belle Ile-de-France, sont un aiguillent monarchique dont je m'étonne que les anciens partis n'aient pas tiré meilleur profit. Leur avantage le plus réel est de prouver aux Français l'utilité d'avoir des princes; car, s'ils n'en avaient pas, qui tuerait ces chevreuils, mangerait ces faisans entretenus à grand> frais pour un délassement auguste 1 Réponse : « Tout le

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