EAUX MINÉRALES
11 y en a de six grandes espèces.
Elles sont : sulfureuses, ferrugineuses, alcalines, gazeuses, muriatiques ou bromo-iodurées.
Quelquefois elles participent de plusieurs de ces caractères, dont le mélange donne lieu à des combinaisons non moins infinies que leur nombre.
Les plus célèbres et les plus efficaces se classent franchement dans l'une de ces six grandes familles.
Telles sont :
Les eaux sulfureuses de BarégeR et d'Enghien)
Les ferrugineuses de Bussang, de Forges et de Spa ;
Les alcalines de Vichy, de Côntrexeville et de Pougues;
Les gazeuses de Seltz et de Chateldon ;
Les muriatiques de Bade, de Sedlitz et de Pullna;
La source bromo-iodurée de Heilbrunn, et plusieurs sources anglaises.
M. le docteur Isidore Bourdon donne à celles qui réunissent dans leur composition plusieurs caractères le nom d'eaiu minéraies complexé s.
DOO VIIRNEMT II COMMEN! SE FORMENT i.r.s BAUX MINERALES.
Cette origine est absolument inconnue, et l'œil de la science n';i pu sonder encore les mystérieuses cryptes où s'élaborent des mains de la nature ces sources de vie et de santé. Rabelais, un peu cyniquement, a dit le lin mot là-dessus!
« Eli! m'esbahis grandement, dit-il. d'ung tas de fols, philosophes et médecins, qui perdent temps à disputer d'où vient la chaleur de ces dites eaùes; si c'est à cause du baurach ou du soulphre, ou de l'alun ou du salpestre qui est dedans la minière; car ils n'y font que ravasser; et mieulx leur vaudroit se aller frotter lec... au panicaut, que de perdre ainsy le temps à disputer ce dont ils ne sçavent l'origine. »
JiES NATURES DE MALADIES CDRABLES PAR L EAD MINERALE, DIVISEES PAR GROUPES DE SOURCES.
Ceux qui vont aux eaux pour leurs souffrances doivent soigneusement choisir la source la mieux appropriée à leurs maladies. 11 est donc prudent de connaître, avant d'entreprendre un pareil voyage, tout ce qu'il est possible de savoir et sur la nature du mal, et sur les propriétés de la source à laquelle on va demander guérison.
Les maladies de la peau ne se guérissent, ou plutôt ne se modèrent (caria guérison en est si rare!) qu'aux eaux sulfureuses, à Cauterets et à Luchon, si elles sont récentes, et, si elles sont plus anciennes, à Baréges. Toutes ces eaux, surtout la dernière, ont de même la vertu de fermer les plaies, de dèterger les ulcères, de tarir les fistules avec ou sans carie, ainsi que certains catarrhes. Elles arrêtent les progrés des scrofules, et calment les douleurs provenant d'anciennes blessures. Il y a longtemps qu'on les emploie à ce dernier usage : le grand-père
île Henri IV, après la bataille de Pavie, envoya ses guerriers aux Eaux-Bonnes, qu'on nommait alors eaux d" Arquebusadc.
Les phthisies commençantes, et principalement les catarrhes chroniques, guérissent aussi très-bien à Rennes, et quelques oppressions et gastrites au Mont-d'Or. Vichy, Bussang, Saint- Nectaire et Contrexeville, encore mieux que Spa, soulagent les douleurs urinaires, et conviennent assez Lien dans la gravelle. Toutes les eaux contenant du bicarbonate de soude sont, au reste, dans le même cas. Plusieurs chimistes ont prouvé qu'une solution de ce sel, l'eau de Vichy comme le soda-water, avait la propriété de dissoudre l'acide urique, principe assez constant des calculs urinaires.
Les personnes affectées de rhumatismes chroniques, d'engorgement des .rticula'ions, d'affaiblissement des muscles, doivent aller à Bourbonne, à Plombières, à Luxeuil ou à Balaruc. Les maladies des nerfs doivent être dirigées vers Saint-Sauveur; les pâles couleurs, à Bagnéres ou à Forges; les paralysies, à Bourbon-l'Àrchambault, et les maladies du foie et des entrailles, a Vichy. Quant aux personnes énervées et trés-affaiblies, il leur faut aller à Dieppe, aux bains de mer, ou, selon les circonstances, à Aix-la-Chapelle ou à Spa; ou bien encore à nos eaux douces des Pyrénées, à Bonnes, par exemple, aux Eaux-Chaudes, à Saint-Sauveur ou à Schinznach.
Il est des femmes qui ne vont aux eaux que dans l'espoir de communiquer à leur teint plus de finesse, plus de fraîcheur et de beauté : en un mot, pour rajeunir. Ces personnes peuvent indifféremment donner la préférence soit à Plombières, soit à Cauterets, soit à Aix en Provence, à Bade ou à Saint-Sauveur; mais elles doivent soigneusement éviter Vichy et le Mont-d'Or, et, par-dessus tout, Balaruc et Bourbonne.
Toutes les eaux, sans exception, sont excitantes; toutes suit nuisibles lorsqu'il y a fièvre, inflammation, pléthore, maigreur ou sensibilité excessive, crachement de sang, apoplexie ou mal caduc. Cette remarque ne souffre aucune restriction.
Il existe aussi, pour beaucoup de sources, quelques parti-
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cularités de convenance on de c mire-indication qu'il ■ ■ ! i
faire connaître Ainsi, les enus de Balaruc el de : !
quelquefois calmé les douleurs de la goutte, tandis que celles de Baréges el de Luchon les exaspèrent constamment. Vichy el Sj a comme imites les eaux mousseuses, adoucissent les maux de le, que les eaux sulfureuses onl coutume d'aggraver. Bourbonne avive les dartres, et Baréges les amortit. Enfin le Monld'Or fait empirer les scrofules, que Cauterets guérit fréquemment.
Tous ces faits prouvent assez que beaucoup d'eaux ont des vertus spéciales; que souvent l'une exrite ce que l'autre adoucirait. Cela suffirait même pour démontrer que es sortes de pèlerinages aux sources minérales, outre la dissipation el Ips plaisirs, ont des effets directs, une efficacité réelle. Et si quelques incrédules persistaient à ne voir dans de pareils effets que le résultat d'influences purement morales, nous les [irions de se rappeler qu'on guérit, à l'une des sources de Cauterets, les chevaux un peu poussifs du haras de Tarbes. Chose pareille s'observe à Luchon. Cette cure singulière, qui se répète chaque année, ne dure presque jamais plus de vingt jours.
J"ai omis de dire que beaucoup de personnes attribuent à de certaines eaux la propriété de remédier à la stérilité, et cette opinion n'est pas aussi erronée qu'on pourrait le croire. En effet , les eaux rétablissent des fonctions indispensables à la maternité; plusieurs guérissent des maladies ou des infirmités nuisibles à la conception (leucorrhées), et beaucoup redonnent des forces, de la vigueur, du bien-è're et une douce quiétude, toutes choses propices aux passions tendres.
Guide aux eaux minérales, par Isidore Bourdon, membre de l'Académie de médecine.