‹ La Vie Des ImagesChapitre 108 sur 155 · INT · texte numérisé non relu

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Fig. 310. — POURQUOI DES ENFANTS AUX RAMEAUX? Au monastère de DAPHNI, la FÊTE DES RAMEAUX fait intervenir les enfants des Hébreux ; ce sont eux qui grimpent dans les arbres pour cueillir des branches feuillues ; ce sont eux aussi qui jettent leurs manteaux à terre sur le passage de Jésus. Cette transformation du thème iconographique, assurément postérieure au texte de saint Mathieu et de saint Jean, s'explique par les plus anciennes images dont les bas-reliefs des catacombes fournissent des exemples, où certains personnages, en raison du rôle qu'ils tiennent et de la position qu'ils occupent, restent de dimensions exiguës. Ainsi, dans le sarcophage placé au commencement de ce chapitre, pour les figures de la Madeleine, de l'aveugle, des Hébreux qui boivent. Ainsi pour les Hébreux des Rameaux qui s’inclinaient sous les pas du cortège ou qui grimpaient aux arbres. Il n'est pas surprenant que leur petitesse ait été interprétée comme un signe de leur jeune âge. Les contresens donnent la meilleure preuve de l ‘action des images sur la croyance.

toute tentative pour y reconnaître à l'origine une biographie illustrée de Jésus. Ces figures juxtaposées ne composent pas un récit historique ; ce ne sont pas les épisodes d'une narration, mais des métaphores réalisées. Or la loi première de la vie des images est, dès qu'elles sont créées, de mener une existence indépendante et d'oublier même les intentions d'où elles sont nées. Les figures réalisées par les sculpteurs et les peintres ne rapportent pas toujours à ceux qui les regardent les confidences qu'elles ont reçues de leur auteur. Chacun reste libre de les interpréter à son gré, et l'interprétation la plus fréquente est toujours la plus facile. Les idées vont s'effaçant, mais les figurines sont toujours là, mimant un petit drame ; c’est ce drame que l'esprit populaire commente ct enrichit et, dans les circonstances merveilleuses qu'elle

apporte, on reconnaît bien souvent les inventions plas-

Fig. 311. — PIEDS PAL- MÉS. Cet affreux dessin représente les PIEDS d'un

SAINT PAUL au portail roman | de la cathédrale du Mans.

Ils datent d'un temps où la sculpture donnait aux statues des pieds ballants de pendus.

Puis le temps, les frottements, l'érosion les a usés, et les braves gens, un jour, ont cru pouvoir interpréter ces restes méconnaissables del'archaisme el de l'usure comme de monstrueuses infirmités. Et l'on ! comprend. alors comment peut naître une légende comme celle de la reine Pédauque qui avait les pieds palmés. Notre saint Paul et bien d'autres figures de l'âge roman ont pu éveiller

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