‹ La Vie Des ImagesChapitre 112 sur 155 · LÉAREN ARE END ESS · texte numérisé non relu

LÉAREN ARE END ESS

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Rameaux : « Et Jésus ayant trouvé un ânon s’assit dessus, selon ce qui est écrit : Ne crains point, fille de Sion ; voict ton roi qui vient, monté sur le poulain d'une ânesse. Les disciples n’entendirent pas cela d’abord; mais, quand Jésus fut glorifié, alors ils se souvinrent que ces choses avaient été écrites de lui et qu'elles lui étaient arrivées » (Saint Jean, XII, 15).

Cette entrée à Jérusalem était donc d’une grande importance pour la conversion des Juifs ; et il était naturel que l’accomplissement de cette prophétie fût placé sous les yeux des hommes. Aussi vit-on, sur les parois des sarcophages, la scène des Rameaux parmi les premières images qui démontrent la divinité du Christ.

Elle s'est maintenue dans l'iconographie, même quand on eut oublié sa valeur démonstrative. La scène de l'entrée à Jérusalem, comme la fête des Rameaux qui la commémore, exprime une sorte d’allégresse printanière; une foule Joyeuse se porte au-devant du Christ et pour parer la voie triomphale, elle jette sous les pas du triomphateur des manteaux et des gerbes de la jeune verdure. Et c’est vraiment la fête de la jeunesse, car voici qu'apparaissent une nuée d'enfants ; tandis que la foule des hommes et des femmes sortent en masse compacte des portes de la ville, ce sont des gamins agiles qui courent autour de l'âne ou qui grimpent aux arbres. On peut s'étonner de leur présence, car les Évangiles n’en parlent pas. Mathieu dit simplement (21, 8) : « Alors les gens en grand nombre étendaient leurs vêtements par le chemin et d’autres coupaient des branches d'arbres et les étendaient par le chemin ». Et le geste de jeter son manteau à terre est bien plutôt d’une grande personne que d’un enfant. Les enfants sont généralement costumés d’une tunique courte serrée à la ceinture. Pourtant les apocryphes et les commentateurs nomment les enfants des Hébreux : tous paidas tôn Ebraiôn. Comment donc cette circonstance at-elle pu s'ajouter aux textes primitifs? C'est dans l'examen des images que l’on trouve une explication. Dans les miniatures, comme dans les sculptures de sarcophage, la scène se réduit à quelques éléments : au centre, sur son ânon, Jésus ; derrière lui, les apôtres ; devant lui, la foule qui sort de Jérusalem ; au pied de sa monture, les enfants qui jettent leurs manteaux ; au-dessus, dans un arbre, des enfants grimpeurs. Or, rien ne distingue ces enfants des autres acteurs, sinon leur taille; mais quantité d’autres exemples prouvent que cette petitesse ne doit pas nécessalrement être interprétée comme un signe distinctif de l'enfance. Sur ces bas-reliefs ct dans ces peintures, la

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