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PORN SR DEN LAS CROYANCE

aux récits d'Ovide, et son maître Giovanni Bellini, dans un tableau destiné au duc de Ferrare, lui en avait donné un modèle. À quel moment la nymphe de Titien est-elle devenue une Antiope? Vers le même temps que le tableau de Corrège, car les deux œuvres, au commencement du XVII siècle, voisinaient dans les collections royales.

Une eau-forte célèbre de Rembrandt suivit également l'exemple du Corrège. Il est vrai que cette eau-forte est une imitation flagrante du tableau italien qu'il a connu par une gravure. Mais, à son habitude, le Hollandais va directement, brutalement même, au fait. Le satyre de Corrège est bien élevé ; le satyre hollandais est de moins bonne compagnie. Et ceci prouve que, pour Rembrandt, le rôle du chèvre-pied ne pouvait s'interpréter avec un sens favorable ; les mauvaises habitudes de ses semblables sont pour beaucoup dans le contresens qui a changé la pensée de ce tableau. La confusion sur la personnalité de la dormeuse a été précédée par une erreur sur les intentions du satyre.

Puis la nouvelle légende d’Antiope, ainsi revue et modifiée, est venue s’appliquer à des œuvres postérieures. On connaît dans la collection Lacaze le joli tableau de Watteau traitant le même sujet de la nymphe endormie et du satyre éveillé.

Watteau, qui pastichait ici Titien, ne pensait pas encore à Antiope. Une gravure d'après Watteau, sur le même sujet,

représente Diane et une de ses nymphes ; il y a un croissant dans la chevelure de l’une et un arc est posé à terre ; la gravure, suivant la coutume, est accompagnée d'un titre ironique sur le danger du sommeil en plein air. Reconnaissons ici des souvenirs de Rubens, de Titien, de Corrège même peut-être : mais rien n’annonce encore Antiope. Cependant, le mythe d'Antiope émané de la nouvelle interprétation du Corrège a aussi annexé la petite. peinture de Watteau et beaucoup d’autres œuvres obscures qu'il serait fastidieux de rechercher.

Le mythe de l’Antiope endormie que guette un satyre est toujours en pleine activité, car l’image sur laquelle il se fonde est un des tableaux les plus célèbres du monde. Il n'en est pas qui voie défiler un plus grand nombre de visiteurs.

Si, au lieu de représenter un épisode de la fable antique, cette œuvre était quelque relique d’une religion vivante, l'erreur d'interprétation aurait eu des répercussions jusque dans le domaine de la croyance ; elle a enrichi seulement de circonstances nouvelles une légende vieille de vingt-cinq ou trente siècles qui ne conserve un peu de vie que par la curiosité archéologique. On n'y voit que mieux comment une image peut créer un mythe, puisque des Parisiens d’aujourd’hui, regardant un tableau de la Renaissance, continuent une histoire commencée en Grèce il y a deux ou trois mille ans.

CR

Fig. 356. — L'ANGE ET LE DÉMON.

Le SaiNT-MICHEL-TOULOUSAIN du XV® siècle est un jeune chevalier, joli et frisé comme un page. L'antique dragon, aux replis tortueux », s'est transformé en un démon velu et grimaçant qui semble demême race que les satyres païens. C'est dans la représentation de l'ange et du démon que l'on a pleine liberté pour créer un lype de beauté et un type de laideur.

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