‹ La Vie Des ImagesChapitre 27 sur 155 · RES · texte numérisé non relu

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Fig. 75. — LE TAUREAU AILÉ. Le fameux TAUREAU AILÉ des palais assyriens de KHORSABAD n'est qu'une solution, parmi plusieurs autres, du problème posé par la combinaison de l'aigle et du lion, de l'homme et du taureau. Elle est la plus heureuse, celle qui nous a laissé les monuments les plus viables et les plus nombreux. C'est aussi ce taureau ailé, ce Khérub, qui est plusieurs fois cité dans le livre d'Ezéchiel et qui paraît avoir pénétré dans la décoration du temple de Jérusalem. Ce monstre créé par la plastique assyrienne est ainsi passé, par l'intermédiaire de la Bible, dans l'art roman qui en a débité les éléments.

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s’est imprimée fortement dans les esprits avides d'images. Dans cette Bible où l’on sent à chaque page la présence de Jéhovah, les livres d'Ezéchiel sont les seuls qui nous le fassent voir.

Dans la trentième année de la captivité, alors que le peuple juif vivait en servitude, aux bords du Kebar, Ezéchiel vit, un soir, monter sur l'horizon une apparition fantastique où il reconnut l'Éternel: c'était de l'orage, du vent, des nues et du feu (et au milieu de ce feu on voyait une ressemblance de quatre animaux... et leurs faces ressemblaient à une face d'homme et tous les quatre avaient une face de lion à droite et tous les quatre avaient une face de bœuf à la gauche et tous les quatre avaient une face d’aigle »... Et, un peu plus loin, la description fantastique reprend : (Et chaque animal avait quatre faces. La première face était la face d’un chérubin ; la seconde, celle d’un homme: la troisième celle d’un lion: la quatrième celle d’un aigle ; ce sont là les animaux que j'avais vu sous le Dieu d'Israël auprès du fleuve de Kébar et je connus que c'étaient des chérubins.» Ainsi, c’est bien la vision d'Ezéchiel, ce tableau étrange et barbare fixé sur les pages du livre sacré, qui a, durant des siècles, hanté l'imagination juive et quand, dix siècles plus tard, l'Éternel apparut encore une fois au prophète de Pathmos, il était encore accompagné des animaux et de l'ange ; mais, dans l'intervalle, la barbarie de la vision primitive s'était un peu assagie ; la nature et la raison avaient domestiqué la sauvagerie du prophète archaïque ; les bêtes quadricéphales se sont divisées en leurs quatre éléments ; l’homme, le lion, l'aigle et le bœuf se sont dégagés de la monstrueuse combinaison ; on dirait que la pensée grecque a déjà réduit le cauchemar asiatique.

Car ce n’est pas Ezéchiel qui imagina la fantastique

PNPAGES

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