IRAN AI-ES-DIES
apparition ; le prophète captif ne fit que projeter sur l'horizon embrasé d’un crépuscule d'orage des formes qu’il avait pu contempler dans le temple de Salomon, comme dans les palais de Babylone. Dans le temple bâti par le Syrien Hiram, une (mer d'airain » était portée par douze bœufs ! et, sur les soubassements portant des cuviers, il y avait des figures de lions, de bœufs et de chérubins. Et le Syrien Hiram n'avait fait que reprendre des motifs habituels aux civilisations d'Asie. Aux portes des palais de Babylone, Ezéchiel put reconnaître les Khérubims monstrueux, combi-
naison zoologique des quatre bêtes qui règnent sur la terre ; l'homme, la face majestu-
euse amplifiée par la barbe
frisée et la mitre haute comme une tour; l'aile
de l'aigle, les
plumes rigi-
IMAGES
beaucoup tâtonné avant d'aboutir à ce corps si bien équilibré dans sa force disparate. Les pierres sculptées nous rapportent de la région de l'Euphrate des combinaisons zoomorphiques qui semblent des apparitions de cauchemar à notre imagination disciplinée. Au Louvre, une borne limite du roi Kassite Mélichikou (1144-1130 av. J.-C.) nous montre en bas-relief un bouc à queue de poisson, des têtes de bélier, un chacal, d’autres encore et, tout en bas, au registre inférieur, rampent le scorpion et le serpent. Ce terme est chargé d’un fluide capable de foudroyer l'impie qui tenterait de le violer ; toutes les exécrations, tous les anathèmes sont, comme des explosifs, enclos dans ce petit bloc de diorite: cette faune baroque est habitée par des
LE