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JON, dans les fameuses NYMPHES DE LA FONTAINE DES INNOCENTS, renchérit sur la souplesse des longues figures à la Michel-Ange, en ramenant leurs libres attitudes au modelé atténué du bas-relief ; mais il n’a réussi ce paradoxe qu'en imitant les effets de raccourci de la peinture de Primatice.
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éclairent cette histoire confuse : ils nous signalent l’Asie dans ses deux caractéristiques : l'absence de sculpture, la peinture plate. Ni les Byzantins, ni les Occidentaux,
jusqu'à la fin du x11° siècle, n’ont alors connu de statuaire,
Fig. 132. — PROFILS EN PLEIN RELIEF. Cette frise du TRÉSOR DES SIPHNIENS à DELPHES esf d'un temps où règne encore dans la slatuaire la
rigidité « frontale ». On voit quelles attitudes donne dans le bas-relief ce manque de souplesse : les figures n'ont de liberté de mouvement que dans le plan de la frise. Et
cependant elles ont déjà leur relief et leur volume. Il en résulte un style à la fois très vivant et très rythmé, à la fois pittoresque et bien adapté à la géométrie de l'architecture, un heureux équilibre de mouvement et de stabilité.
et la peinture, au contraire fort abondante, est revenue à la simplification des plans. Mais cette peinture byzantine héritait de la peinture grecque qui avait fort bien représenté le relief des figures et même la profondeur de l’espace. Aussi ne lui était-il pas possible de rétrograder jusqu’à la simplification égyptienne, la géométrie plane des figures de profil. C'est un phénomène étrange que cette transfor-
Fig. 133. — ATTITUDES DE BAS-RELIEF: Au PARTHÉNON, la FRISE
révèle une statuaire parvenue au terme de son assouplissement. Le bas-relief
continue à préférer les silhouettes de profil. Mais le sculpteur traite les formes
assez librement pour relenir aussi quelques aspects de face ou des attitudes
intermédiaires. Le choix des attitudes suggère la pleine liberté des gestes et cependant accepte la discipline du bas-relief.
mation de formes grecques au goût asiatique ; on assiste comme à la dessiccation d'un être vivant. Des formes souples deviennent rigides ; des attitudes qui exprimaient un geste en profondeur se raplatissent sur un plan ; des raccourcis de perspective deviennent des difformités ; des ombres se durcissent, des draperies se cassent, et sans doute aussi des couleurs qui étaient un reflet de la réalité et une image de la vie se matérialisent en taches décoratives ; la peinture devient mosaïque et plustard sera vitrail ; elle pourra trouver un éclat éblouissant, elle a complètement oublié son ambition première qui était de nous montrer des corps évoluant dans l’espace. Cette plastique conserve ainsi des fleurs grecques écrasées, desséchées, dans l’herbier byzantin. Et il n’est pas besoin de rappeler encore que l'esprit humain reste le même dans ses préoccupations artistiques et scientifiques et que c’est dans les mêmes temps que les artistes cessent d'ouvrir les yeux sur la nature et que les savants en perdent la curiosité.
C’est alors que l’on assiste au réveil de la même pensée qui avait animé l’art et la science grecque. Vint le moment où la sculpture réussit à refleurir ; alors,toutes les conséquences s’ensuivirent naturellement ; de la sculpture ressuscitée se dégagea une conception de la forme humaine; pour montrer la forme humaine agissant dans l’espace, les peintres constituèrent peu à peu un univers viable, tout un système de formes où les lois de notre monde