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Fig. 165.— LE DESSIN DANS L'ESPACE. L'art asiatique, qui répugne au dessin sculptural, montre dans la peinture et le bas-relief une parfaite ignorance du sens de la profondeur. Pour représenter les choses dans l'espace, il mêle tout simplement le dessin en plan et le dessin en élévation. Ici, une VILLE ASSYRIENNE (bas-relief de KHORSABAD) ; l'enceinte est tracée en plan; les maisons, les figures, les arbres sont en élévation. Ce n'est pas une vision de la réalité que présente cet art, mais une définition obtenue en superposant deux conceptions.
Fig. 166. — NATURALISME ET DÉCORATION. Ce fut toujours dans la destinée de l’art persan de maintenir un peu de naturalisme à l'européenne dans l'ornementation plane chère à l’esprit asiatique. Dans celte CHASSE DU ROI CHosRoËs (moulage au Louvre), toutes les figures d'hommes et d'animaux, et jusqu'aux feuillages, sont d'une vérité très fine, d'une animation spirituelle. Et toute cette faune et flore se répartit également comme en une tapisserie, se juxtaposant ou se superposant sans le moindre souci de perspective.
tout autre être vivant, parce qu'à la simplicité en quelque sorte linéaire du jeu de ses pattes se joint une infinie variété dans les combinaisons de leurs attitudes. Mais le corps humain est toujours le personnage de premier plan de notre art : c’est donc surtout dans la représentation de la figure humaine qu'il convient de noter les moyens par lesquels les artistes arrivent*à nous faire croire qu'une figure sculptée ou peinte bouge sous nos yeux.
Un des procédés de suggestion dont ils se servent beaucoup est la représentation de l'effort musculaire. L'emploi du modelé et du dessin anatomique nous donne le sentiment même de la vie musculaire ; il nous fait croire que les muscles se gonflent et se détendent, et notre expérience personnelle nous rappelle spontanément les mouvements qui en résultent. Tout déplacement rapide résulte d’un effort. Toutefois, ce jeu musculaire ne suffirait point à nous faire croire au déplacement de nos membres. Il n'est pas de sculpteurs qui aient accentué plus durement que les Assyriens les tendons et les muscles, et cependant leurs figures paraissent comme figées et pétrifiées dans l’immobilité. Ici encore, c’est le raisonnement, et non l'expérience visuelle, qui nous dit d'exprimer le mouvement par l'effort.
Mais il est une attitude qui rend avec évidence l'impres-
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sion du mouvement : c’est celle qui manifeste un équilibre instable. Nous avons une telle expérience personnelle des conditions de l'équilibre que l'œil le moins observateur reconnaît qu'une figure n’est pas en état de stabilité, et, si cette attitude a été voulue par l'artiste, notre jugement la justifie en reconnaissant que cette attitude instable est le passage vers une attitude stable. Si bien qu'un bon moyen de faire croire à un mouvement rapide est de montrer le corps humain dans une position qui suggère l'idée d'une chute. Cette image ne peut se présenter à nos yeux
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