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MARAIS T

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Fig. 184. — LIGNES BRISÉES ET GESTICULATION. Hokusat, le « vieillard fou de dessin », est avant tout le dessinateur du mouvement. C'est pour-

quoi il a tant aimé les acrobates, les vagues, tout ce qui se forme et se déforme pour bouger. Ses acrobates suggèrent le mouvement d'abord par la bizarrerie

d'attitudes qui ne peuvent être que momentanées ; par la pensée, nous ramenons ces membres au repos normal. Mais surlout ces figures dansent ou se lordent, parce que nous voyons courir, bondir le trait qui les définit. Anatomies de grenouilles el maigreur d'insectes.

chromes que pour mieux retenir les jeux délicats des rayons et des ombres. Îl existe une affinité profonde entre l’art des valeurs et la peinture naturaliste, comme :l subsiste une prédilection atavique de toute peinture décorative pour la clarté des couleurs.

La fresque italienne n'a jamais pu abandonner tout à fait la palette claire et de couleurs vives ; elle ne trouve pas assez de compensation dans des gammes un peu courtes d'ombres et de clartés ; mais la peinture à l'huile dont les possibilités de clair-obscur sont infinies rejette aisément les ressources de la polychromie. Cette technique permet en effet de rendre des délicatesses inouies dans le dosage de l'ombre ; elle conserve la transparence, c’est-à-dire encore un peu de clarté dans les ombres les plus épaisses ; elle a aidé le peintre à découvrir l'atmosphère et les jeux de la lumière dans l'air.

Mais la plupart des peintres ne veulent sacrifier aucune des deux gammes de la peinture, ni celle des valeurs, ni celle des couleurs ; la complexité de la peinture moderne tient en partie à cette dualité des termes pittoresques, et l'on distingue aisément deux écoles de peintres. Les uns, dans le monde des apparences, discernent surtout les qualités des couleurs; ils les dégagent de tout accident d’éclairage pour mieux les admirer dans leur pureté ; les autres fixent moins leur attention sur le ton local de chaque chose que sur les oppositions et transitions d'ombres et de lumières qui en modèlent les volumes. Les premiers n'usent que discrètement des effets de clarté et d'ombre qui risquent toujours de pâlir ou de salir un beau ton. Les autres mêlent seulement une couleur discrète à leur dessin délicat des formes et de l’espace, de peur d’en fausser la justesse et d'en rompre la continuité par une trop vive polychromie. D'autres enfin, ce sont les coloristes réalistes, les Vénitiens et les Flamands, Titien et Rubens, ajoutent le jeu des couleurs et celui des valeurs, à la ma-

nière du musicien qui ne fait intervenir dans sa symphonie un instrument que pour lui faire donner ses plus belles notes. Chaque ton est ainsi placé dans la composition lumineuse, de manière à donner toute sa qualité colorée, tout en s’adaptant au jeu des valeurs.

Mais, dans l’ensemble, les peintres, malgré la richesse et la souplesse de la peinture à l'huile, penchent toujours plus volontiers vers l’un ou l'autre effet. Les Japonais, grands praticiens de l’aquarelle qui se prête beaucoup moins aux combinaisons de la lumière et de la couleur, usent indifféremment des deux visions, suivant le thème à traiter, suivant qu'ils peignent un paysage ou des figures. Pour le paysage, ils se contentent volontiers d'encre de Chine : une teinte de sépia, plus ou moins diluée, leur suffit à rendre la profondeur de l’espace, l'arbre, la montagne et la brume transparente qui flotte sur la mer. Mais,

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