‹ La Vie Des ImagesChapitre 69 sur 155 · ARE T · texte numérisé non relu

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plaine se dressent le moulin et la ferme ; sur le canal, les lourdes barques : sur la mer, le vent incline la voile des pêcheurs, et la tempête même qui bat l’estacade n'apparaît pas pour nous donner un beau spectacle, l'émotion d'un frisson romantique ; elle est la grande préoccupation du marin ; elle est, pour le terrien, la voisine turbulente qui oblige à veiller aux remparts. L'homme est partout présent, même dans la solitude, et le peintre qui paraît ici plus qu'ailleurs oublier la société dans la nature ne fait que suivre l’homme à la trace dans ce paysage qui est son champ d'action et pour une part l'œuvre de son industrie.

Quand nous opposons le paysage naturel et la nature artificielle, nos comparaisons bien souvent ne valent guère plus que celles des hommes du XvIIIf siècle qui opposaient la simplicité du parc anglais au caractère factice du parc français. C’étaient seulement des artifices de genre différent. En traversant nos vieux pays d'Europe, si l’on se rappelle les immensités de pays neufs comme les Amériques, on comprerd combien ce que nous appelons nature suppose de collaboration humaine. Paysages historiques, disait-on des tableaux de Poussin ou Lorrain avec admiration ou dédain, suivant les époques ou les temps. Mais tous les paysages d'Italie, de France, d'Angleterre, ne sont-ils pas des paysages d'histoire, si par histoire on entend le travail séculaire et les souvenirs d’humanité ? Le chemin, laclôture, les plantations utiles, le champ,

N'ASTIUR'E

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