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DIRES ARR EE RARES

Fig. 254. — PAYSAGE LÉGENDAIRE. Quand lat peinture d'histoire » reprend les vieux thèmes mythologiques pour les mêler à la peinture de paysage, elle retrouve les éléments et circonstances d'où la croyance populaire a fait surgir une légende. Ainsi, POUSSIN, dans ce paysage où l'on assiste à la LUTTE D'HERCULE ET DE Cacus, fait effort pour reconstituer l'aspect des rives du Tibre, les pentes de l’Aventin, longtemps avant la naissance des deux fils de la Louve. Cette évocation mythologique des héros et des nymphes remonte le cours de la légende jusqu'à sa source de nature.

car elles peuvent aussi nous instruire sur le mode de formation des légendes et nous montrer la voie par où les fables ingénieuses coulent des sites mystérieux.

Pourquoi donc le Xoanon d’Athéna est-il tombé du ciel? Mais tout d'abord parce que la vénération qui entou-

Fig. 255. — PROMENADES MYTHOLOGIQUES DE POUSSIN. Poussin n'a pas regardé la nature pour le seul plaisir de contempler les jeux de la lumière sur les choses. Devant les arbres et les roches, il rêve aux légendes et histoires qui en sont nées. Dans la campagne romaine, un jour, il s'est trouvé devant le site légendaire où la‘tradition plaçait les RENCONTRES pu Ro1 NuMA ET DE LA NYMPHE EGÉRIE ; cefte évocation donne sa poésie à un site des plus simples. Pour un classique, ce que nous appelons ( amour de la nature» est toujours plus ou moins réverie historique ou mythologique.

rait cette antique image ne pouvait s'expliquer autrement. Ce devait être une œuvre fort barbare, même pour un Grec du vi siècle. Dans l’histoire de l’art, nous voyons que les images peintes ou sculptées cessent d’être de mode, sans perdre de leur valeur religieuse. Au contraire, à mesure que le contraste se fait plus marqué entre l’étrangeté d’une idole et le culte qui l'entoure, sa laideur même prend un prestige surhumain. Et c’est alors que, pour l’expliquer, il faut bien trouver une cause miraculeuse. Quand il n’y eut plus de sculpteurs à Athènes pour tailler des images dans le style du vénérable Xoanon, il fallut bien en conclure que cette statue de bois n'était pas l'œuvre des hommes. Les icones les plus barbares sont celles qui reçoivent les prières les plus ardentes ; au culte qu’on leur adresse doit se mêler un peu de peur. Et, pour expliquer ces images inhumaines, on cherche l'intervention du miracle. La puissance religieuse des sanctuaires est peu explicable en elle-même, car elle réside avant tout dans la faculté d'adoration des fidèles et leur besoin de vénération. Quand les Athéniens, après l'incendie de leur Acropole par les Perses, voulurent restaurer les sanctuaires vénérables d'Erechtée et d’Athéna Polias, ils ne savaient plus certainement l'origine du culte qu'ils adressaient au vieux tronc d'olivier qui se dressait encore sur le plateau, non loin d'une citerne. Ils ne savaient pas davantage comment Athéna voisinait sur ce point avec Poséidon-Erechtée. Et quand fut née l’idée d’une querelle entre ces divinités, à l'étroit dans ces petites chapelles, tout devint clair : le

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Fig. 256. — ESCHYLE A MYCÈNES. Sur la PORTE AUX LIONS DE My- CÈNES, l'étrange et archaïque écusson de pierre n'a pas étonné seulement l'archéologie moderne; elle inspirait déjà la barbare poésie d'Eschyle. La tragédie d'Agamemnon nous fait entendre les dialogues devant la porte farouche, la terreur des pressentiments de ceux qui entrent, les cris de ceux qu'on égorge dans le palais ; les deux lionnes ne sont pas là seulement comme un décor féroce ; l'image de ces fauves est le point de départ des légendes sanguinaires qui ont fleuri sur ces ruines, et un reflet en passe dans les propos des héros de

la tragédie : « double lion, double Arés ».

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