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EXE SE PAERRES 153
volonté humaine ; et un récit est entré dans le cycle de l'exode.
Puis, ce sont les péripéties de la conquête et, bien souvent, : « Et ils dressèrent sur lui un grand monceau de pierres qui dura jusqu’à ce jour. Et l'Éternel revint de l’ardeur de sa colère. C’est
la pierre-souvenir reparaît
pourquoi on a nommé jusque aujourd'hui ce lieu la vallée de Hacor » (Josué, 7, 26). Cet épisode encore est donc né d’un tas de pierres et d’une explication étymologique. Un peu plus loin, le récit s'appuie sur un monument de même genre, le tombeau d'un roi vaincu : (Et ils élevèrent sur lui un grand amas de pierre qui y est demeuré jusqu'à aujourd hui », et Josué construit un autel sur la montagne d'Hétal et transcrit sur la pierre toute la loi de Moïse. Et le récit court ainsi, de l’un à l’autre sanctuaire, en unissant leurs légendes. On dirait un pèlerinage méthodique pour recommencer les étapes de l'exode et les batailles de la conquête.
La plus illustre de ces victoires est celle que Josué remporta contre cinq rois chananéens. Le champ de bataille porte encore le témoignage de cette journée miraculeuse.
Fig, 262 et 263. — DANS LE MASSIF DU SINAI. Pentes rocheuses et escalier dit de sainte Hélène. Ce sont des images de cette nature qu'il faut avoir
dans la pensée si l'on veut comprendre la poésie particulière de l’Exode ; c'est sur ce chaos de pierres brälées par le soleil que se fait entendre le Dieu de Moise
un Dieu-tonnerre, qui se manifeste par la voix de la foudre. Dans les livres divers dont l'amalgame compose le Pentate'1que, il faut reconnaître une sorte de poème du Sinaï.
Fig. 264. — TOPOGRAPHIE ET ICONOGRAPHIE. Les livres de voyages du moyen âge sont des itinéraires ou des guides de pèlerins. Ceux qui conduisent en Palestine — comme le Livre DES MERVEILLES de la Bibliothèque Nationale auquel appartient cette miniature — passent en revue tous les sanctuaires de la Terre Sainte qui commémorent un épisode des Evangiles. Lci, l'enlumineur a ramassé dans une même image la VISITATION et les jeux d'enfance du petit Jésus au JARDIN DES OLIVIERS. On devine comment l’iconographie est venue compléter la topographie. Une visite au Jardin des oliviers suffit àinspirer descirconstances nouvellesdans l'histoire de l'enfance du Christ.
«Comme les rois s’enfuyaient devant Israël et qu'ils étaient à la descente de Beth Horon, l'Éternel jeta des cieux de grosses pierres jusqu'à Hazeka et ils en moururent. Il y en eut plus de ceux qui moururent de la grêle de pierre que de ceux que les enfants d'Israël tuèrent avec l'épée » (Josué, 11). Il y a ainsi sur la planète bien des sites pierreux qui évoquent la pensée d'une grêle de pierres, comme la Crau, ou d’un écroulement de montagnes, comme les ravins de la vallée de Tempé où les Grecs reconnaissaient la chute des Titans repoussés de l'Olympe. Les Juifs aussi, sur les pentes de la montagne Beth Horon, traduisaient en batailles miraculeuses quelques cataclysmes géologiques et ils contemplaient avec complaisance et vénéraient avec reconnaissance ces projectiles sous lesquels leur Dieu avait écrasé leurs ennemis. Quelque antique tombe rupestre, dans le voisinage de ce champ de bataille, devait naturellement se rattacher au grand drame. On en fit la prison et le sépulcre des rois vaincus. Ils s'étaient réfugiés là après le massacre de leurs armées, ils en furent extraits pour être pendus, puis leurs cadavres y furent jetés et {on mit à l'entrée de grandes pierres qui y sont demeurées jusqu'à ce jour» (Jos. 10,27). Et cette phrase est suffisante pour que nous reconnaissions l’origine de l'épisode ; ce témoignage est celui du custode qui montre ses ruines. Devant ces gigantesques pierres levées que nous a laissées la préhistoire, nous cherchons toujours les raisons d'efforts qui nous semblent sur-
humains. Parfois, leur nom nous aide à imaginer une