La gemmation
2. De quelle façon, nous le verrons plus loin, p. G7 et suiv.
un instant besoin d'avoir égard aux diverses autres significations qu'ils possèdent. C'est que les idées spéciales que je veux exprimer sont, de par les habitudes de la langue que je parle, liées à ces deux mots; d'autres idées peuvent leur être attachées ; mais comme je n'y songe pas, je ne vois dans tête et classe que les acceptions qui me conviennent. L'idée spéciale évoque le mot dans sa fonction spéciale, parce que c'est de l'idée, non du mot, que part l'esprit quand il exprime sa pensée 1 ; et celui-ci ne s'embarrasse pas plus des autres significations du terme qu'il emploie, qu'il ne s'embarrasse des autres termes de la langue.
Voilà pourquoi encore le lexique entier que chacun de nous porte en sa tête demeure presque totalement latent et comme endormi dans notre pensée. Seuls les mots viennent se mettre à notre service qui rendent les seules idées que nous pensons actuellement ; tout le reste disparaît comme disparaissent, au moment où nous concevons telle pensée particulière, les innombrables sensations, images ou idées qu'a déroulées antérieurement l'activité incessante de notre esprit. C'est dire que le mot, sensation sonore que l'esprit emploie comme substitut des pensées, est soumis, comme tous les autres éléments sensationnels, aux lois de l'association des idées *.
1. On ne part guère du mot pour arriver à l'idée que quand il s'agit d'apprendre une langue.