M. Louis Havet ; Whitney, Vie du Langage, p
nent des faits de langue. Alors, de deux choses Tune : ou le changement s'étend dans le milieu même où il est né, dans le hameau, le village, au sein d'un groupe naturel d'hommes que relient entre eux les relations constantes et journalières de la vie ; en ce cas, l'altération phonétique sera acceptée insensiblement par la majorité, puis par l'unanimité du groupe; et les gens, oubliant la forme antérieure, feront triompher le changement phonétique * ; ou bien il ne sera accueilli que dans une partie déterminée, mais s'étendra au dehors, dans une autre direction, et l'on aura alors une séparation dialectale.
Or, ce changement de prononciation atteint, non pas' les mots pris comme mots, mais les sons; de là vient que le son, altéré en lui-même, se trouve également changé dans tous les mots où il se présente sous les mêmes conditions. Il s'ensuit que l'altération phonétique doit se produire avec une régularité analogue à celle que présentent les phénomènes d'ordre physique. N'est-elle pas d'ailleurs elle-même un fait purement physiologique ?
Dans l'évolution qui a transformé l'idiome indoeuropéen primitif en sanscrit, allemand, slave, celtique, grec, latin, ou dans celle qui, à la fin de l'empire, a fait aboutir le latin populaire sur les lèvres des peuples romans aux divers idiomes néo-latins, partout où l'on a pu suivre ces idiomes d'un point de départ donné